Ségolène Royal : tant qu’on parle d’elle

ARTICLE. L’ancienne candidate à la présidence de la République en 2007 multiplie les polémiques sur les plateaux de radio. Quitte à se faire railler et friser le ridicule à maintes reprises, l’ancienne ambassadrice des pôles garde son cap. Avec en ligne de mire l’échéance électorale de 2022.

Ségolène Royal : tant qu’on parle d’elle

Le chantre de la “bravitude” en 2007 a encore fait parler d’elle. Invitée mardi, par Sud Radio, à s’exprimer sur le “Beauvau de la sécurité” voulu par le président de la République, Ségolène Royal s’est fendue d’un de ces traits d’humour dont elle a le secret : “Je ne sais pas si les Français qui écoutent connaissent ‘Beauvau’ » (…) Dans le fin fond de nos campagnes, vous pensez que les gens » connaissant la place Beauvau ? « Ils savent ce que c’est un veau, un veau qui est beau ». « Je vais expliquer aux gens qui nous écoutent. C’est l’adresse du ministère de l’Intérieur. » A nouveau, la machine à buzz s’est mise en branle et l’ancienne ministre a subi le feu des railleries. Elle en a l’habitude.

Celle qui se qualifie elle-même sur twitter de « finaliste » de la présidentielle 2007 (où elle avait recueilli 46,94 % des voix) multiplie les apparitions médiatiques à la télévision et à la radio depuis 2018. Avec souvent la petite phrase pour susciter la moquerie des auditeurs. Le 10 novembre, sur RMC, la voilà qui critique la fermeture des petits commerces jugés alors comme non essentiels. “ Est-ce que le Général de Gaulle aurait livré la France à Amazon ?” demande-t-elle alors. Avant de conspuer la fermeture des librairies, coupable de renvoyer les gens vers…Netflix. Et quand ce ne sont pas pour ses petites phrases, ce sont pour ses idées que Ségolène Royal est attaquée.

L’ancienne présidente de la Région Poitou Charente est régulièrement pointée du doigt pour son discours sur la Laïcité : interrogée à propos de l’affaire Mila, alors que l’adolescente est harcelée, menacée de mort, pour avoir insulté Allah sur Instagram, Ségolène Royal balaie le sujet d’un revers de la main : “ce n’est pas à partir de comportements comme ceux-là qu’on peut poser sérieusement la question de la laïcité (…)Une adolescente, qui est peut-être encore en crise d’adolescence, si elle avait dit la même chose sur son enseignant, sur ses parents, sur sa voisine, sur sa copine, qu’est-ce qu’on aurait dit? On aurait dit simplement: «un peu de respect»”. Elle réitère la tonalité de ses propos lors de l’assassinat de Samuel Paty dont elle déplore “l’agression”(sic) et refuse d’employer le terme “Islamique”. Enfin, elle attaque Emmanuel Macron, coupable de faire « une erreur, sans doute sous le coup de l’émotion […] parce qu’il a dit je vais continuer avec les caricatures.”

Une communication dans la droite lignée de ces 24 derniers mois. Alors qu’elle occupait toujours son poste d’ambassadrice des deux pôles (elle a été limogée en janvier), Ségolène Royal a multiplié les attaques contre le gouvernement, au grand dam de son devoir de réserve de haut fonctionnaire. A Elisabeth Borne qui s’insurgeait lorsque l’ancienne ambassadrice des pôles critiquait la “dérive autoritaire“ du gouvernement, Ségolène Royal a rétorqué :”C’est pourtant ce que 78 % des Français pensent, sur la base de leur vécu”. Problème, ces 78% n’existent nul part. Ségolène Royal de s’embarrasse pas des faits ou de leur crédibilité, comme le raconte le Figaro : “Bien sûr que ça n’était pas vrai, mais c’est le jeu!”, explique-t-elle. Qu’importe la façon, l’important est désormais de redevenir visible, audible. Et force est de constater qu’avec son omniprésence dans les matinales de radio ces dernières semaines, elle y est parvenue. A coup de polémiques et de petites phrases, Ségolène Royal a réussi la première étape de son pari.

Car l’échéance de l’élection présidentielle de 2022 approche. La Gauche “PS” se cherche un candidat légitime, et ils sont une dizaine à lorgner sur le poste, plus ou moins officiellement. Elle ne s’en cache guère, mettant en avant son parcours de ministre de l’écologie ainsi que de présidente de Région. Elle est d’autant plus motivée, qu’en novembre 2019, un sondage

Odoxa CGI la place comme la première personnalité de gauche avec 49% de bonnes opinions chez cet électorat. “ Si c’est moi la mieux placée, je serai prête”, déclare-t-elle en janvier à BFMTV. Puis de poursuivre, sept mois plus tard :”Je vais faire en sorte que ce soit une forte probabilité.”

Une forte probabilité construite à coup de phrases chocs et de polémiques plus ou moins volontaires. Une stratégie à double tranchant : Ségolène Royal s’est imposée comme figure médiatique du moment. Mais elle en paie le prix : le 29 novembre, un sondage IFOP la voit dépassée par Christiane Taubira (53%) et Anne Hidalgo (52%) en termes d’opinions favorables. A la question : « Pour chaque personnalité, estimez-vous qu’elle ferait un bon ou un mauvais candidat pour représenter la gauche à l’élection présidentielle de 2022 ? » l’ancienne “finaliste” de 2007 est passée à 40%. Faire le pari de la stupidité des Français n’est peut-être pas un si bon calcul.

Publié le 12 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :