La maire de Marseille Michèle Rubirola annonce sa démission

L’édile de la cité phocéenne a annoncé sa décision lors d’une réunion en début d’après-midi. Elle souhaite laisser sa place à son premier adjoint, le socialiste Benoît Payan.

Coup de tonnerre sur le Vieux-Port. La première femme maire de Marseille, Michèle Rubirola, a annoncé mardi avoir présenté sa démission en raison des épreuves de santé auxquelles elle fait face et a souhaité que son premier adjoint socialiste Benoît Payan lui succède.

«J’ai connu dès l’été les premières difficultés liées à ma santé. J’ai dû subir à la fin du mois de septembre une intervention chirurgicale (…) Ces épreuves (de santé) limitent l’énergie que je peux mobiliser (…) Être maire à Marseille, c’est 300% de son temps. J’en donne 150», a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse. «Je souhaite que Benoît (Payan, ndlr) devienne maire. C’est de son énergie et de son expérience dont nous avons besoin aujourd’hui», a-t-elle poursuivi, confirmant avoir démissionné. «Ce choix est le mien, en responsabilité et en conscience des intérêts supérieurs des Marseillais», a-t-elle assuré, démentant le scénario d’un «deal» prévu de longue date avec son adjoint socialiste.

Michèle Rubirola a convoqué en début d’après-midi une réunion du Printemps Marseillais, l’attelage politique qui a remporté les municipales en fédérant notamment communistes, socialistes et écologistes, pour leur annoncer cette inversion des rôles : elle souhaite laisser le fauteuil de maire à son premier adjoint, le socialiste Benoît Payan, et devenir elle-même première adjointe.

La maire avait déjà semé le trouble mi-octobre dans la cité phocéenne. Une petite phrase, rapportée par Le Monde , avait eu l’effet d’une bombe. L’édile aurait en effet confié à l’ancien ministre socialiste, François Lamy, lors de la campagne : «Tu es au courant que je ne reste que trois mois?». Interrogée sur cette fuite médiatique, Michèle Rubirola avait alors balayé : «Carpe diem! Si je me fais écraser demain, je ne serai pas là. Si je ne me fais pas écraser, je serai toujours là». Dans un entretien à Libération, elle avait ensuite assuré qu’elle entendait bien rester à l’hôtel de ville. «Mais oui, je reste, la preuve, je suis là. Aujourd’hui, je suis ici et j’y reste», avait-elle déclaré.

Depuis son élection à l’Hôtel de ville, Michèle Rubirola n’a en réalité jamais cessé de surprendre les élus et responsables politiques locaux. Lorsqu’il a sollicité un entretien avec la nouvelle maire de Marseille, le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, est par exemple tombé de sa chaise en apprenant que l’édile souhaitait venir accompagnée de son premier adjoint, Benoît Payan. Ce à quoi il s’est opposé, expliquant vouloir échanger uniquement avec la première magistrate de la cité phocéenne. «Ne vous mêlez pas de notre gouvernance», se serait-il alors vu répondre, selon le récit qu’il fait de cet épisode, en petit comité. Il a finalement fallu trois mois au chiraco-sarkozyste pour obtenir gain de cause, et décrocher son tête-à-tête. «Trois mois, ça peut sembler peu, mais c’est quand même moins que la moitié du mandat», ironise-t-il aujourd’hui. Avant de rapporter l’aveu que Michèle Rubirola lui avait fait à l’époque : «Moi, tu sais, je voulais être adjointe à la Santé. Pas maire…»

Dans un communiqué publié à la mi-journée, après avoir tenté de joindre en vain Michèle Rubirola et Benoît Payan, Renaud Muselier a tenu à faire part de son «incompréhension». «En l’espace de six mois seulement, elle aura été dévorée par sa majorité.(…) Dans une ville particulièrement en souffrance face aux crises du Covid 19, dont les difficultés sont déjà grandes, cet épisode supplémentaire de la vie politique est désastreux», écrit-il. «En fin de compte, Michèle Rubirola est la première victime du Printemps Marseillais. J’espère de tout cœur que Marseille ne sera pas la seconde !»

Après la démission de la maire*, le conseil municipal devra se réunir d’ici deux semaines pour désigner un successeur. Une élection qui devrait se dérouler sous tension.

Auteur :
Pierre Saint Gilles et Arthur Berdah
Le Figaro
Publié le 15 décembre 2020

*Un discours fort qui mis les larmes aux yeux.

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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