Annecy : les 10 tonnes d’armes ont été saisies chez le fondateur du Musée des Trois guerres

Les investigations de la police judiciaire des deux Savoie ont rapidement permis aux enquêteurs de relier la saisie à l’ancien Musée des Trois guerres, fermé depuis plus de 15 ans et laissé à l’abandon.

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La provenance des dix tonnes d’armes anciennes saisies dans une dépendance d’une propriété privée aux portes d’Annecy avait été éclaircie dans la foulée de l’opération menée vendredi 11 décembre par la police judiciaire des deux Savoie. Le propriétaire de la maison n’étant autre que le créateur du Musée des Trois guerres situé à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau dans la zone de Vovray, le lien était vite établi et confirmé.

L’enquête devra déterminer de quelle manière le trafiquant d’armes âgé de 20 ans, interpellé le vendredi 4 décembre à Annecy en possession d’une dizaine d’armes remises en état, avait eu connaissance de la présence du reliquat du musée, stocké sur la parcelle privée de son fondateur. La maison abandonnée, aujourd’hui vide, avait pu être squattée par le passé. Elle avait également été le théâtre d’un incendie il y a quelques années. Au gré des allées et venues des divers occupants, la présence des armes pouvait être connue de certains, et l’information colportée. Seule certitude, le surplus militaire provenait de la collection du créateur du Musée des Trois guerres.

Un passionné de vestiges de guerre déjà connu de la justice

Ancien armurier et collectionneur passionné, Aldo Sterna est un personnage “connu comme le loup blanc” sur le bassin annécien. Fermé depuis des années, le feu Musée des Trois guerres s’offre encore à la vue de tous dans la zone de Vovray. Il faut dire que l’hélicoptère en friche sur le toit du hangar et les chars militaires rouillés dans la contre-allée ne passent pas inaperçus. La cour encombrée a l’allure d’un cimetière d’engins et d’armes de guerre. Le bazar militaire, figé dans le temps, recèle en réalité un véritable trésor historique. Malheureusement, en raison d’un entretien trop coûteux, la collection subit les affres du temps.

Le passionné de vestiges de guerre avait déjà eu maille à partir avec les services de l’État et la justice par le passé. En 2003, une opération des douanes au sein de son musée lui avait valu d’être poursuivi pour détention illégale d’armes et de munitions. Après moult rebondissements et la saisie d’une partie de sa collection, Aldo Sterna avait été relaxé par la justice, qui ordonnait la fermeture de son musée privé, interdit d’accès au public et dont une grande partie du contenu est placée sous scellés depuis. En janvier 2009, l’homme avait reçu la visite des gendarmes accompagnés du secrétaire général de la préfecture venu faire des recommandations au collectionneur pour que ce dernier puisse continuer son activité de stand de tir dans les sous-sols du bâtiment. Aujourd’hui âgé de plus de 90 ans, le propriétaire de l’ancien Musée des Trois guerres devra répondre de la détention et des conditions de stockage de ses armes, dont certaines ont été remises en état de marche et en circulation par un jeune trafiquant.

Auteur :
Vincent Bouvet-Gerbettaz
Le Dauphiné Libéré
Publié le 17 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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