Le loup et le chien : de la liberté et du courage

OPINION. Nous voulons être libres. Depuis toujours. De temps en temps, on meurt pour ça. Mais nous voulons aussi vivre dans la sécurité et le confort. Si les deux sont en conflit, que choisirions-nous ? Un très bon exemple de réflexion sur ce sujet est la fable Le loup et le chien, de La Fontaine.

Le loup et le chien : de la liberté et du courage

Nous voulons être libres. Depuis toujours. De temps en temps, on meurt pour ça. Mais nous voulons aussi vivre dans la sécurité et le confort. Si les deux sont en conflit, que choisirions-nous ?

Un très bon exemple de réflexion sur ce sujet est la fable Le loup et le chien, de La Fontaine.

Le loup qui vivait dans la forêt, affaibli et toujours en danger, rencontre un chiot bien nourri, qui rayonne de santé et de bonne humeur. Il l’invite chez lui, où son maître veille à ne lui faire manquer de rien. Le loup est prêt à accepter, car qui ne veut pas d’une vie tranquille et prospère ? Mais ensuite, il voit la marque sur le cou du chien. C’est ainsi qu’il découvre le prix qu’il paie : la privation de liberté. La trace vient du collier. Le loup renonce alors à l’accompagner et préfère retourner dans la forêt. Le chien ne comprend pas : pourquoi pas porter un collier et profiter de l’affection et de la protection du maître ?

Si nous regardons autour de nous, nous voyons de plus en plus de pays où un maître bienveillant protège ses sujets. Il ne leur en faut pas beaucoup en retour, juste pour renoncer à leur liberté.

En contrepartie, ils reçoivent un logement social, des formes de revenus garantis par l’État, la sécurité sociale. Celui-ci ne lui fait pas du tout de mal. S’ils étaient libres, ils n’auraient pas tout cela. Alors pourquoi la liberté est-elle si appréciée ?

Au moment du dialogue, le chien n’est pas ligoté. Il pourrait s’enfuir, gagner sa liberté. Mais il n’est pas du tout tenté de suivre le loup. Celui-ci ne l’invite pas non plus avec lui.

Le désir de liberté doit être une valeur intime profonde. Sinon, vous chercherez un maître aimable pour vous protéger. On appelle cela la servitude volontaire, en philosophie politique.

Et le maître est l’État paternaliste. Ou le despotisme bienveillant. Le citoyen est un enfant qui a besoin de conseils et de protection, et de ne jamais grandir. L’État s’en occupe, dans sa grande bonté. Mais si vous ne l’écoutez pas, vous méritez votre punition. Sinon, tout ce que vous avez à faire est de poursuivre le loup dans les bois.

Mais combien d’entre nous choisiraient cela ? Le loup est admirable, bien sûr. Il assume l’état sauvage et est prêt à en payer le prix. Quand ai-je fait ça pour la dernière fois ?

L’État libéral classique, défini par les philosophes contractualistes, ne s’occupe que de l’administration de la forêt. Pas de la façon dont chacun gère sa propre cour. Quand l’État propose d’égaliser les cours, de redistribuer les ressources, de prendre dans ses bras tous les habitants, il est temps d’être interpellé.

Diderot l’a dit de manière très imagée : avec la promesse qu’il les conduira à paître dans les pâturages les plus gras, l’État transforme ses citoyens en troupeaux de moutons pour lui obéir.

Et beaucoup ne peuvent pas attendre. D’où l’aveuglement par rapport aux abus de l’État. Tant qu’il nous reste quelque chose sur la table, inutile de savoir d’où les maîtres trouvent la nourriture.

D’où l’admiration de certains jeunes occidentaux pour les systèmes totalitaires. Là, l’État s’occupait des citoyens, les gens avaient un logement et des soins médicaux gratuits. Cuba, par exemple. Plus admiré que les USA.

Si vous ne choisissez pas votre liberté comme valeur, vous vous promènerez avec un collier dans la bouche, à la recherche d’un maître. Un mouton en peau de chien. Vous êtes un collectiviste. C’est beaucoup plus pratique de cette façon.

Le loup ne propose rien. C’est un individualiste, il retourne dans la forêt, il protège sa liberté à tout prix.

Que choisissez-vous, le loup ou le chien ?

Auteur :
Ciprian APETREI
Enseignant de philosophie
Publié le 17 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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