Ex-ministre des Affaires étrangères autrichienne: l’Europe fait face à «une agglomération de crises»

Comment l’Union européenne et ses pays membres devraient-ils réagir aux crises sociales, géopolitiques, environnementales et sanitaires qui les frappent? Analyse de Karin Kneissl, ancienne ministre des Affaires étrangères de l’Autriche, au micro de Rachel Marsden.

Rachel Marsden – Pression des sanctions américaines pour que l’UE et la Russie fassent alliance.

Rachel Marsden – Que faut-il faire avec des djihadistes en Europe ? Radicalisation, en prison. Créer un Guantánamo ? Solution ?

Karin Kneissl – La question clé. Attentat de New York et Washington. Ne peut pas conseiller cela. Diplomate dans les anénes 80-90, droit pénitentiaire. Autriche 25/30% de jeunes hommes avec background islamistes aujourd’hui 90%. Cela a profondément changé.

Formes de réhabilition ? Personne n’a la réponse. Grand taux de récidive. Parmi les jeunes djihadistes notamment. En 2014-2015 au moins une cinquantaine de jeune : bosniaque, macédonien, condamné car voulaient partir en Syrie. Arrêt en Turquie, entre Autriche et Slovénie. En train de quitter les prisons actuellement. Attentat du 1er novembre, passe un an et demi en prison. Il se comporter bien.

Quoi faire ? Tutelle psychiatrique ? Terrorisme et maladie psychiatrique/psychologue, perturbation mentale.

Conséquences de ces discours dans le monde musulman ?

Karin Kneissl – Colère est grave, pas seulement colère sur le plan diplomatique en rappelant l’ambassadeur de Turquie en France. Boycott de produits même au Qatar.

Discours à l’égard de son auditoire national et là discours avec l’anticipation des Présidentielles. Madame Marine Le Pen. Entre ces deux personnes. On observe une telle compétition de sujets, de discours

Se passe de façon analogue en Autriche.

Rachel Marsden – Europe trop dépendante des pays qui sont des états nations du sponsors djihadisme Moyen-Orient tel que le Qatar tel que l’Arabie Saoudite ?

Karin Kneissl – Qui fait le sponsoring de quoi ? Il y a là-dessus aussi un grand débat. Mai 2017 : Ultimatum des Emirats et de l’Arabie Saoudite vis-à-vis du Qatar, sous cette appellation et vice versa. Il n’y a pas une politique claire de ce que l’on appelle la politique commune extérieure européenne, pas du tout. Vu cela déjà avec les différentes réactions à l’égard de la guerre au Yémen, du meurtre de Khashoggi : qui arrête de livrer des armes ? Qui continuent ? Qui fait quoi ? Donc je crois que beaucoup de ces pays dans les régions du golfe persique étaient et ont malgré la pandémie pas de la même envergure, ont des partenaires commerciaux. Surtout pour des pays dont l’exportation d’armements comptent beaucoup. Prenons aussi le Royaume-Uni. Dépendance ce n’est plus dans tout ce qui est à l’égard de l’énergie. Entendre parler de ces alliances pétrolières et tout cela, non cela ça s’est arrêté. Mais les pays du Golfe, surtout les pays arabes du Golfe, pas l’Iran, mais arabes, sont des partenaires, des clients, pour beaucoup de produits, pas seulement l’armement.

Rachel Marsden – Et cela complique un peu les choses, si l’on veut arrêter le financement peut-être clandestin de certaines activités qui pourraient porter atteinte à l’Europe, cela devient compliqué si il faut donner des leçons, si il faut serrer les vis par exemple sur des pays qui sont forcément des clients ?

Karin Kneissl – Alors je me souviens bien qu’en octobre 2001, il y avait à Washington quand même, les gens étaient choqués que l’Arabie Saoudite avait un certain rôle avec cela, c’était clair car 15 des 19 attaquants terroristes avaient un passeport saoudien. Et déjà à l’époque on disait l’Arabie Saoudite n’est pas la clé pour le porteur, l’Arabie Saoudite est le problème. Cette perception de l’Arabie Saoudite par Washington en Octobre 2001 à mener à la guerre contre l’Irak entre autre, car on voulait en fait détruire le régime de Saddam Hussein pour se créer un autre partenaire disons plus loyal, plus contrôlé que l’Arabie Saoudite et entre temps on a vue que l’Irak est devenu un pays bien sous contrôle iranien et pas le grand partenaire que l’on voulait créer avec cette « sale guerre ».

Rachel Marsden – Alors cela c’était une tentative de bonne volonté peut-être des Etats-Unis mais complètement ratée. En parlant des tentatives peut-être ratées, est-ce que l’Europe devrait faire face aux sanctions et menaces de sanctions anti-russes des Etats-Unis, qu’est-ce que l’Europe devrait faire vers ces sanctions, comme celles qu’on a vu imposer sur le projet Nordstream II sur notamment les entreprises européennes qui participent ? Quoi faire par rapport à cela ?

Karin Kneissl – Je me rappelle qu’après le vote du Brexit en juin 2016 beaucoup disaient « Maintenant on va faire notre belle politique extérieure commune de l’UE car les britanniques partiront et les britanniques sont tellement en alliance avec les Etats-Unis. Cela n’a pas été le cas car nous avons d’autres pays au sein de l’UE qui présentent encore beaucoup plus une politique washingtonienne que les britanniques. C’est entre autres, la Pologne, c’est entre autres, les Pays-Bas, ca dépend aussi parfois du gouvernement mais vous avez quand même une continuité dans la position de l’Europe nouvelle (référence à la guerre d’Irak) car il se plaignait que la France et l’Allemagne ne voulaient pas se joindre à cette guerre contre l’Irak et donc il a dit on a une vieille Europe, on a une nouvelle Europe et la nouvelle Europe ce sont les pays qui viennent de se joindre à l’OTAn, qui viennent de se joindre à l’UE et ces pays là poursuivent sur beaucoup beaucoup de plans, leurs propres buts. Et ces buts sont surtout en matière de politiques extérieure ressemblent plus aux positions de Washington qu’aux positions qu’on discute à Bruxelles. Et quant à une politique à l’égard de la Russie, nous avons là les grands clivages. Ce n’est pas avec Londres, ce n’est pas une question entre Paris et Berlin. Là-dessus Paris et Berlin convergent beaucoup plus que le reste des pays et là-dessus, c’est déplorable mais jusqu’à maintenant au sein de l’UE on ne s’est pas encore mis d’accord de travailler ensemble avec la Russie sur un tas de dossier que ce soit le terrorisme, que ce soit la migration. Au lieu de collaborer entre guillemets tous, car nous avons des choses à partager. Nous avons une géographie aussi qui nous unie, on méconnaît les véritables défis et moi je disais toujours dès mon premier jour quand j’étais Ministre : le véritable défi c’est la Chine, et on ne devrait pas gaspiller notre temps en antagonisant la Russie.

Rachel Marsden – Et en parlant des défis de l’avenir pour l’Europe, d’après vous, c’est quoi le plus grand défi pour l’Europe d’ici disons les 5/10 prochaines années ?

Karin Kneissl – La question sociale, et cela je le disais déjà avant cette pandémie, avant cette crise et à mon avis on a un retour de la question sociale, on a vu cela avec la révolte Gilet Jaune en France et vous aviez un gilet jaune dans chaque voiture, dans chaque voiture allemande, autrichienne, et nous avons une agglomération des crises. Ce n’est pas seulement maintenant la gastronomie qui perd ses emplois, qui perd ses perspectives et qui est très important aussi par exemple en France et en Autriche, le tourisme. Mais aussi avec la digitalisation, avec une toute nouvelle recomposition de ce qui est la filière automobilière. J’ai publié un livre sur le changement de la mobilité au mois de septembre dans lequel j’avertis les 5 à 8 millions d’emplois, pas des jobs mais des emplois technique que l’on risque de perde là-maintenant avec aussi le Green Deal car à mon avis on ne devrait pas forcer l’agenda tel qu’on le force actuellement déjà pour des raisons de révoltes sociales.

Source :
Sputniknews.com
Rachel Marsden
Publié le 18 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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