Repositionnement : évaluation in-vitro de l’efficacité antivirale de médicaments anciens

Colonel Bruno Pradines, pharmacien chef au service de santé des armées va parler de son travail sur le SARS-COV-2.

Il dirige l’unité parasitologie, entomologie de l’Institut de recherche biomédicales des armées, unité qui est physiquement à l’IHU donc j’appartiens. Je dirige l’UMR (Unité mixte de recherche) Vitrome t co-directeur du Centre national de référence du paludisme.

Collaborations
Voici les travaux et les collaborations des personnes de mon équipe/unité.

Au sein de Vitrome d’une autre équipe, numéro 2
Au sein de l’IHU, une collaboration MEPHI
Et puis une collaboration avec une équipe indienne avec laquelle on fait du (?) moléculaire.

Les antipaludiques/Afrique & Covid-19

Pourquoi s’intéresser aux anti-paludiques ? D’une part parce qu’il y avait déjà des papiers qui montraient que l’hydroxychloroquine marchait in vitro, qui avait eu des essais cliniques qui avaient été faits ici mais aussi, regardez un petit peu la situation qui se passait en Afrique.

En Afrique, on attendait un grand boom où ça allait exploser et finalement rien ne se passait et donc on s’est intéressé : qu’est-ce qui pouvait expliquer ce retard en Afrique ?

La dernière mise à jour de ce papier date du 4 juin, et finalement à cette date on avait très peu de cas en Afrique, beaucoup en Amérique du Sud, ne parlons pas de l’Europe et les Etats-Unis aussi.

Finalement quand on regarde, en gros 6 mois plus tard, on en est toujours pareil.

Les chiffres d’hier, on était à peu près à 70 millions de cas mondiaux, Afrique, 2.2 millions, avec une grosse partie finalement qui provient de l’Afrique du Sud, il y a à peu près 800 000 cas. En Afrique, 54 000 décès, finalement c’est un peu, lorsque l’on regarde l’Europe, ce que l’on retrouve en France :
Afrique : 2.2 millions de cas confirmés, 54 503 décès
France : 2.3 millions de cas confirmés, 56 648 décès.

Donc en fait tout le continent Africain représente ce que l’on a en France. Donc après des données pour comparer : 15 millions de cas confirmés aux Etats-Unis, 9 millions en Inde, 6 millions rien qu’au Brésil, très peu en Chine avec 86 673 cas confirmés.

Donc finalement ce retard on l’a toujours ce n’est pas un petit retard qu’on a eu au départ.

Quand on regarde un petit peu aussi ce qu’il s’est passé sur la première vague, on voit effectivement les courbes aux Etats-Unis qui montent très rapidement, pareil au Brésil pour ce qui est de la France et de l’Italie qui montent un peu moins vite mais qui montent assez rapidement.

A droite nous sommes passés en log pour voir exactement la forme des courbes. On voit effectivement, Europe, Brésil, Etats-Unis cela monte très rapidement. Et puis finalement on a pas du tout le même pente pour les pays Africains. A part j’allais dire, l’Afrique du Sud qui est un peu différente, qui monte assez rapidement mais pour les autres c’est très peu incliné finalement.

L’émergence finalement en Europe, et bien nos premiers cas pour la plupart viennent de la Chine, de la région de Wuhan où soit des touristes chinois qui sont venus en Europe en France soit j’allais dire des Européens qui étaient à ce moment-là en Chine mais finalement la transmission s’est faite de la Chine vers l’Europe avec à peu près tout en même temps au mois de janvier.

Quand on regarde ce qu’il se passe en Afrique, et bien à part quasiment un seul cas qui provient de la Chine qui a été une personne qui est venue de Chine en Egypte, tous les autres proviennent en gros de l’Europe. La France, Cameroun, Sénégal, l’Italie, Algérie, au NIgéria, Afrique du Sud, nous voyons que c’est nous qui avons emmené, Européens, le COVID en Afrique.

On a analysé, on a essayé de savoir pourquoi finalement il y avait ce retard etc. La première chose fut de dire qu’il y avait une sous-détection. En Afrique ils n’avaient pas forcément les infrastructures donc si on ne cherche pas le SARS-COV-2, on ne le trouvera pas. Et donc ça a été la première impression.

Finalement on s’est rendu compte, quand on regarde entre février et mars, il n’y avait que deux pays, le Sénégal et l’Afrique du Sud qui diagnostiquaient mais rapidement 34 pays ont eu des labo à capacité de diagnostiquer le COVID.

Puis entre le 1er mars et le 15 avril, 44 pays, quasiment tous les pays Africains.
Donc ce n’est pas un problème de diagnostic puisque maintenant, ils diagnostiquent plus que nous et n’ont toujours pas de cas.

Alors effectivement il y avait des hétérogénéités de dépistage suivant les pays : Afrique du Sud au 1er avril il y avait déjà 47 000 tests qui avaient été faits alors qu’en Namibie il y en avait 306. Mais c’est pas ce qui pouvait expliquer.

Quand on regarde au 13 août 2020. Finalement l’Afrique du Sud avait fait plus de 3 millions de tests, plus qu’on en avait fait au même moment en France. Donc ce n’est pas une sous-détection qui peut expliquer cela.

Distanciation, confinement
On s’est intéressé à la distanciation, au confinement. Finalement, dès le 3 février, avant même qu’il y ait un cas importé en Afrique, ils avaient déjà mis une certaine stratégie et créée l’African Taskforce for Coronavirus Preparedness and Response. Déjà, les différents états étaient liés entre eux au niveau politique pour créer quelque chose.

Les mesures de confinement ont été très rapidement mises en place : ils ont fermé les écoles dès les premiers cas, les lieux de culte, les marchés, les aéroports étaient fermés. Alors il y a une difficulté à mettre en oeuvre ce confinement car en Afrique c’est du travail à la journée où on est payé en cash, c’est beaucoup de gens qui travaillent en présentiel, ce n’est pas de la bureautique, des fonctionnaires etc, c’est beaucoup de choses de main-d’oeuvre, des problèmes d’électricité dans certains pays, pour l’internet tu ne peux pas dire : « On va faire du télétravail ». Donc effectivement, il y a quand même un problème pour mettre en oeuvre ce confinement. Et puis il y a un problème d’accès le lavage de mains tout ce qui peut être hygiène avec le manque d’eau, de savon, gel hydroalcoolique (Dans trois pays :Nigéria, Ethiopie et RDC, plus de 50 millions de personnes qui n’ont pas d’accès au lavage des mains). Ensuite il y a le problème des camps de réfugiés, des bidonvilles etc.

Un point positif c’est qu’un certain nombre de ces pays, ou même en RDC, ils ont déjà des structures qui avaient été mises en place, une politique, une stratégie, car ce sont des pays qui ont déjà vécu Ebola. Donc ils ont calqué ce qui a été fait sur Ebola pour leur stratégie anti-covid.

De ce côté-là ils été en avance même sur la France et sur l’Europe.

Délais dans la dynamique

On a vu qu’il y avait un délais est-ce qu’on peut l’expliquer par tout ce qui est phénomène de transport ? En disant, il y a moins d’échanges finalement entre la Chine et l’Afrique, qu’entre la Chine, l’Europe ou les USA. Effectivement, quand on regarde un peu quelques chiffres, en 2017, il y a eu 121 millions de Chinois qui sont venus en Afrique avec une augmentation par rapport à 2005 où ils n’étaient que 31 millions.

Quand on regarde en 2018, à peu près à la même époque, il n’y avait que 6 millions de touristes chinois qui venaient en Europe.

Après les touristes chinois qui vont en Afrique et ceux qui viennent en Europe ont des statuts complètements différents.
En Europe, ce sont surtout des étudiants, des touristes qui viennent visiter Paris entre autres et différentes capitales européennes et puis les hommes d’affaires. Ce sont souvent des séjours courts, à part les étudiants.

En Afrique ce sont des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs, qui viennent travailler souvent qui travaillent dans le bâtiment, qui vont rester pendant 1 an, 2 ans voire plus, qui vont rentrer une fois par an, en Chine et souvent qui rentrent en fait pour le nouvel an chinois. Et là, et bien en fait, la plupart ne sont pas rentrés en plus en Chine puisque la Chine était bloquée à ce moment-là, ils sont restés en Afrique par contre effectivement avant le Nouvel An Chinois, il y a les touristes qui viennent en France, en Europe et ceux-là ont pu venir et finalement transmettre le COVID. Quand on regarde aussi, finalement ce qu’il s’est passé c’est que oui le délais d’émergence peut s’expliquer par ce qu’il s’est passé. janvier en gros c’est l’Europe qui contaminée puis nous transmettons au niveau de l’Afrique, un mois plus tard à peu près. Donc cela peut expliquer le délais, mais une fois que le premier cas est dans le pays, cela n’explique pas pourquoi cela n’a pas fait comme dans les pays européens : cela a explosé. Donc effectivement on peut expliquer le délais par un phénomène de transport etc mais pas du tout finalement après la diffusion.

Données démographiques
On s’est intéressé aux données démographiques. C’est en Afrique, on regarde les données de 2015, 40% de la population a moins de 14 ans. En gros 20% de plus – de 24 ans donc c’est jeune. Les plus de 65 ans représentent de 3.5% de la population ce qui est différent des autres pays : 7% en Asie, Amérique centrale, 9% en Amérique du Sud, et 21% en Europe (+65 ans).

Quand on regarde un peu les données épidémiologiques et cliniques, évidemment, ce sont les personnes âgées qui sont les plus touchées. On regarde finalement chez ces enfants, chez ces 40% ils représentent très peu en Chine, finalement 0.9% des personnes qui font un COVID. Et puis très peu de formes sévères.

Pareil quand on regarde, finalement ce n’est que 7% et cela est sûr, cela a été fait sur 72 000 patients. Donc effectivement, ils ont une tranche d’âge certainement qui leur a permis aussi de résister.

Rôle du climat
On s’est intéressé aussi au rôle du climat, alors quand on regarde la bibliographie on retrouve de tout. On retrouve certains papiers qui vont dire oui effectivement, des fortes températures, vont augmenter l’émergence et la diffusion du COVID par contre on en trouve d’autres qui disent l’inverse : non, la température importante au-dessus de 25 degrés on a moins de chances d’avoir de COVID.

Là pareil sur le deuxième papier en bas à gauche, ils ont regardé sur l’Australie pendant la première vague, il n’y avait pas de différence en nombre de COVID.

Ils ont fait la même chose au niveau du Brésil, en fait là on regarde en fonction de la température, on peut avoir une différence finalement du nombre de COVID voire même de la mortalité car on voit un différence d’un facteur 5 entre celles qui ont des fortes températures et celles qui ont des températures beaucoup plus basses.

Donc là c’est par très clair.

Polymorphisme génétique (ACE2, ACE1, TMPRSS2)
On a aussi analysé, regardé un peu ce qu’il s’est passé au niveau du polymorphisme génétique, en fait avec par exemple la protéine, le récepteur AC qui permet finalement l’entrée du virus dans les cellule. Et puis il y a d’autres récepteurs ACE2 ou TMPRSS2. Donc, pareil en Afrique, il a été montré qu’il y avait des variants qui étaient différents, des variants africains qui étaient différents de ceux que l’on pouvait trouver en Asie, ou en Amérique du Sud ou en Europe. Et que finalement l’expression de ces variants en Afrique pouvaient interagir, bloquer la fixation sur la protéine virale spike. (papier de gauche).

(Papier de droite) Pareil sur l’autre récepteur ACE1, finalement, on peut avoir des insertion ou délétion dans le gène, et qui vont nous permettre d’avoir trois génotypes avec soit insertion/insertion et délétion/délétion. En fait il a été montré que quand on a le génotype insertion/insertion, plus on a de pourcentage de proportion de ce génotype-là et moins on a de cas de décès et de cas de COVID. En fait, chez les européens, on a très peu de ce génotype-là. On a plutôt du DD et de L’I-D. Donc cela pourrait aussi expliquer, alors il y a très peu de données sur ce récepteur en Afrique mais qui pourrait expliquer pourquoi on a une différence en Afrique et le reste du monde.

Immunité croisée
Et puis il y a aussi l’immunité croisée. Certaines maladies qui peuvent préserver. On regarde : covid-2, qu’est-ce qu’il se passe dans le COVID 2 ? On a une augmentation de la production de cytokines pro-inflammatoires avec cette espèce de rush avec de l’IL2, de l’IL6, et il y ale 7, il y a le 8, le TNF, et puis interférant gamma essentiellement. Et certaines pathologies que l’on retrouve en Afrique.

A l’inverse une diminution, de ces cytokines. En fait si on a une coinfection, elmenkias (orthographe incertaine) COVID-19 et bien on va être protégé puisque l’on ne va plus avoir cet en-tête finalement pro-inflamatoire. On peut aussi avoir des réponses croisées entre le SARS-COV-2 et les autres coronavirus humains et puis il a été montré aussi que le vaccin du BCG pouvait aussi protéger, alors là aussi ce n’est pas très clair il y a eu deux trois papiers mais pouvait aussi protéger du COVID.

Et puis dernière hypothèses c’est que ces des pays, l’Afrique est un pays, où il y a du paludisme. Et donc on s’est intéressé aussi à ce que les anti-paludiques ne pouvaient pas finalement protéger contre le COVID.

Méthodologie criblage de composés anti-infectieux
Juste un petit peu de méthodologie car je vous parlais de choses que vous ne connaissez pas forcément et donc quand on regarde, on cherche, on crible, on évalue, des composants anti-infectieux, surtout en parasites aussi en virologie, et bien on va estimer finalement et bien les résultats ca va être soit on va regarder quel est le pourcentage de croissance, donc de nos cellules infectées ou de nos parasites etc. Et dans ce cas et bien c’est la réplication pour un virus.

A l’inverse on peut regarder le pourcentage d’inhibition. Est-ce que notre médicament va inhiber ou non cette croissance donc on parler d’inhibition. Et puis on a certaines caractéristiques que l’on peut estimer comme la concentration efficace médiane IC50 ou concentration inhibitrice 50% c’est la même chose. On peut évaluer aussi la concentration efficace : 90% voire 99%. C’est-à-dire 50% on va regarder au moment c’est ce que l’on a sur cette courbe, quand on va être à 50% de parasites qui sont tués. C’est ce qu’on fait IC50. Le IC90 c’est 90% de parasites qui sont tués. Et puis 99 on a quasiment tous les parasites qui sont tués.

On va faire la même chose quand on regarde si nos cellule vont être cytotoxiques. Donc on va définir la concentration cytotoxique 50%. CC50 et CC90. Ce sont des méthodes qui sont reproductibles qui vont permettre de comparer les résultats d’une étude à l’autre ou d’une équipe à l’autre mais il faut savoir que ces résultats dépendent des conditions d’expérimentation : si vous changez un MOI, vous n’aurez pas forcément le même résultat, si vous faites un test sur 24H, 48H, 2H, vous n’aurez pas les mêmes résultats, la condition des gaz que vous avez dans vos cellules, si vous avez 5% de CO2 ou un peu plus, un peu moins, tout cela peut changer les résultats. Donc quand vous comparer, il faut essayer de comparer des choses qui sont comparables.

Donc certains pourront vous dire : « On tue tout mais ».

Et en quoi les antipaludiques ?
Donc les choses avaient déjà été montrées pour la chloroquine, hydroxychloroquine, il y avait eu les essais in vitro qui avaient été faits par les chinois. On s’y est intéressé quand même car cela nous permettait d’avoir un contrôle. De voir un peu par rapport aux autres où on se situait. Donc n savait que finalement, in vivo chez l’homme cela marchait car cela avait été testé ici, associé à l’azythromicine et donc on a testé la plupart des antipaludiques qui sont utilisés en Afrique.

On voit qu’on en a un certain nombre finalement ferroquine, etc qui ont des EC50 en gros inférieurs à 2 micromolaires qui sont à peu près de l’ordre de ce que l’on trouve avec la chloroquine et l’hydroxychloroquine.

Et puis d’autres finalement qui sont nettement, qui marchent nettement moins bien avec des EC50 au-dessus de 20. Pareil quand on regarde au-dessus de EC90, très rapidement, on arrive à tuer à des concentrations pas trop fortes à tuer 90% des parasites.

On a regardé aussi pour savoir si finalement ce n’était pas aussi cytotoxique (Une molécule cytotoxique est une substance ou partie d’une cellule spécialisée capable de détruire des cellules, par un processus entraînant des lésions cellulaires ou la mort cellulaire.Il y a alors cytotoxicité d’une molécule ou cellule toxique. Le terme cytotoxique désigne le plus souvent l’effet d’un médicament de chimiothérapie sur les cellules) pour nos cellules (?) car si cela les tue il n’y aura pas d’infections à l’intérieur. Certains ne le font pas mais il faut le faire avant pour savoir.

Et puis pour la plupart on calcule un index en mettant la CC50 sur l’EC50 et pour un certain nombre des facteurs supérieurs à 50. C’est intéressant même pour la mefloquine on est à 8, cz peut être encore intéressant.

Quand on regarde ce que l’on a trouvé pour la chloroquine et l’hydroxychloroquine, on est dans la fourchette de ce qui est trouvé par les autres même si il y a des MOI différentes, des conditions d’expérimentations un peu différentes mais on tombe dans la même fourchette, 1 microlaire, 10 micromolaire pour la chloroquine, et entre 1 et 18 micromolaires donc 1.5 pour l’hydroxychloroquine. Ce qui permet aussi de valider finalement ce que l’on trouve sur les autres anti-paludiques.

Antipaludiques
Donc c’est bien de montrer que finalement cela marche avec CI50 mais est-ce que ces CI50 quand on passe à l’homme, est-ce qu’on peut atteindre ces concentrations chez l’homme ? Donc on a regardé, ce qu’il se passait. On a évalué chez des patients qui prendraient quotidiennement un anti-paludique, la Cmax que l’on retrouve donc la pharmaco en faisant la biblio, on regarde les CMAX que l’on a pour tous ces anti-paludiques. Et on a ramené cela, le CMAX, on a fait un ratio entre le CMAX et puis, notre EC50 et notre EC90 et finalement, plus la barre est importante, plus on a de chance d’être à des concentrations efficaces, atteignables au niveau plasmatique.

Et puis on a regardé pour ceux où on avait des données pulmonaires finalement car l’intérêt c’est que c’est une atteinte pulmonaire donc c’est savoir est-ce que ces molécules atteignent le poumon ? Oui pour un certain nombre elles se concentrent quand on regarde la chloroquine, par rapport à ce que l’on trouve au niveau du plasma, on a une concentration qui est à 200 à 700 fois ; hydroxychloroquine 30 fois ; mefloquine dix fois plus ; pironaridee 160 fois plus ; quinine 250.

Donc même, finalement on en a moyennement dans le plasma on sait on a au moins multiplié par dix dans les poumons donc oui, les au moins in vitro il y a un intérêt a pouvoir utiliser les anti-paludiques.

Car ils vont aller se concentrer à des doses atteignables donc avec des doses normales d’antipaludiques.

Donc voilà l’Afrique, l’Afrique on traite finalement le paludisme par ce que l’on appelle l’ACT, Artemisinin-based combination therapy.

Donc on met un dérivé d’artemisinin plus une deuxième molécule. Là on s’est intéressé à dire voilà est-ce finalement c’est bien de montrer qu’in vitro cela marche etc. Mais on va se mettre, finalement, comme si on n’était chez un patient, donc on a regardé, déjà, voilà ce qui est utilisé en Afrique, il y a en gros 5 ACT qui sont utilisés, à ces posologies. On a regardé ce qu’il se passait, ce que l’on aurait dans le sang pour quelqu’un qui prend son comprimé, ou ces deux comprimés tous les jours donc il faut savoir que finalement dès que vous absorber comme l’artésunate au bout de dix minutes, dix minutes une demi-heure il est transformé en hydroarthémisinin.

-> Valeur du troisième tableau.

Pour quelqu’un qui prend mefloquine et dihydroartemisinine on a 72% d’inhibition de la croissance virale. Pour les autres un peu moins on est à 32%, autour de 30% d’inhibition en prenant un comprimé. Donc quelqu’un qui vit finalement serait traité par un antipaludique, si c’est mefloquine, il aurait 70/72% d’inhibition.

Colonne de droite tableau rouge. Là ca regarde que ce qu’il se passe dans le plasma. La CMAX peut varier si on est deux fois au-dessus on est quasiment pour certains à 100% de protection et là aussi c’est ce qu’il se passe au niveau plasmatique il faut tenir compte de ce qu’il se passe au niveau pulmonaire, la mefloquine, on va multiplié par dix la concentration dans le poumon. Pour la pyronarinite, si elle ne marche pas forcément à 30% on va se retrouver bien au-dessus de ces valeurs-là.

Donc oui, in vitro les antipaludiques pouvaient protéger du COVID.

On s’est un peu intéressé à ces anti-paludiques en regardant un peu comment ils fonctionnaient et on regardait : soi on les met tous le cycle complet du virus. Soit on les met un peu avant, pendant deux heures puis on lave, on arrête tout, on regarde juste ce qu’il se passe au niveau entrée. Ou on laisse le virus entrer dans la cellule et là on traite avec nos molécules pour voir ce qu’il se passe sur le post entrée, vraiment sur la réplication en elle-même.

En fait, pour la plupart, la chloroquine, hydroxychloroquine, la plupart on voit qu’on a une action, à la fois sur l’entrée qui peut être une action, pour la chloroquine ca a été une entrée sur le CE sur l’hydroxychloroquine aussi. Et puis on a quand même une action sur la réplication.

Qui est moindre pour certains mais on a quand même cette action au niveau réplication, ce qu’il se passe après, après l’entrée. Quand on regarde au niveau du docking (domaine de la modélisation moléculaire). Donc là on fait du docking moléculaire sur la CE2, protéine, et tableau de droite ils l’ont fait sur une autre protéine qui agit sur la réplication. Donc la protéase
On voit que l’hydroxychloroquine agit effectivement sur l’entrée. Et elle agit aussi avec moins bien que le remdisivir ou les inhibiteurs N3 qui sont vraiment des antiviraux mais cela agit entre la protéine et la molécule.

Cela explique ce que l’on peut trouver sur le graphiques, pour l’hydroxychloroquine, que cela agit, sur les deux. Par exemple la mefloquine c’est pareil. Cela agit moins bien, la fixation que l’hydroxychloroquine sur la CE2 et par contre cela agit mieux sur la réplication. Et c’est ce que l’on regarde. Si on regarde la mefloquine, le docking moléculaire, on trouve la même chose à ce que l’on peut trouver in vitro.

Finalement hydroxychloroquine, un peu moins sur la réplication, et un peu plus la mefoquine sur la réplication, que sur l’entrée.

Donc on a des données qui sont cohérentes ce qui n’est pas toujours le cas.

Autre molécules la doxycycline, qui est un antibiotique mais qui pour nous est aussi un antipaludique, en prophylaxie du paludisme et notamment dans les armées c’est ce que l’on prend à raison de 100 mg par jour. Et quand on regarde, finalement là aussi on voit que finalement à forte concentration on arrive à inhiber, dans les pourcentages d’inhibition, et que rapidement entre 1 et 5 avec une EC50 micromolaire, on inhibe le croissance du virus.

Si on prend un prise orale de 100 mg 200mg ce qui est utilisé comme antipaludique mais ce qui est utilisé aussi dans le traitement de l’acné. L’acné c’est 100 ou 200 mg chez les adolescents de doxycycline et on arrive à une CMAX qui est entre 3 et 20mg par gramme de poumon et on se rend compte, bon c’est peut-être un peu en deçà mais que quand on regarde notre ratio CMAX sur C50 finalement, on peut arriver à protéger du COVID en prenant de la doxycycline.

Actuellement c’est ce qu’un peu, on avait voulu faire un essai clinique, doxycycline, l’ASM nous l’avait refusé c’est en train d’être redemandé par des dermatos, on est en discussion, qui eux dans leur pratique courante traitent les adolescents etc et même les personnes plus âgées avec la doxycycline et chez ces personnes-là, finalement ils n’ont pas eu de COVID donc on est en train de voir si on ne peut pas relancer quelque chose.

Cette doxycycline agit à la fois sur l’entrée du virus mais aussi un peu sur la réplication en elle-même. Donc même public que tout à l’heure, quand on regarde effectivement, on peut voir que la doxycycline on a bien sur la CE une fixation, sur la CE et puis un peu moins importante mais on a quand même par rapport au remdisivir ou au inhibiteurs 23 on a quand même une action, donc une fixation sur la protéines, la même protéase.

Troisième schéma. C’est les collaborateurs indiens. Ils ont montré que sur une autre protéines qui agit dans la réplication, la RNA-dependent RNA polymerase qui est essentielle pour la réplication, on avait bien une fixation sur cette protéine avec la doxycycline donc elle pourrait inhiber cette polymérase.

Et petit rappel pour dire, comme on a avec l’hydroxychloroquine, c’est que cela a unea ction sur le virus en lui-même et une action sur toute la cascade pro-inflammatoire car la doxycycline va aussi agir en diminuant l’IL6, l’IL8, le TNF alpha, l’interférent gamma, comme on a avec l’hydroxychloroquine donc c’est le double effet qui se coule.

Le bleu de methylene est une ancienne molécule qui a été synthétisée en 1876 et puis première utilisation dans le paludisme en 1891. En fait le bleu était et est utilisé pour colorer les parasites, donc quand vous faites une lame, une coloration, vous utilisez, entre autres il y a du bleu dedans. Du bleu de methylen. En fait, ces deux médecins allemands, ce sont dit on va directement donner le bleu à nos patients, on récupérera comme cela nos frotis ils seront directement colorés et puis finalement,ces deux patients ont été traités. Donc ils se sont intéressés donc à ce bleu et puis c’était un bleu la synthèse avec beaucoup de métaux lourds, d’impuretés etc et il était toxique. Il y aune vingtaine d’années, un laboratoire marseillais, provepharm a trouvé une nouvelle synthèse du bleu, le proveblue, qui n’a plus tous ces métaux lourds, tous ces éléments toxiques. Donc nous on s’est intéressé il y a vingt ans au niveau palu en disant et bien oui ca avait utilisé 100 avant est-ce que ca marche ou est-ce que ce sont tous ces métaux lourds qui tuaient le parasite par simple toxicité et donc on a regardé, on a utilisé du bleu, avec différents bleu avec au départ, le bleu de provepharm, proveblue, du bleu que l’on trouvait encore en pharmacie à l’époque et du bleu industriel et finalement celui où on avait le moins ou même pas du tout d’impureté c’est celui qui marchait le mieux. Quand on regarde dans les molécules in vitro, au niveau du palu, et bien finalement il a une très bonne activité qui est de l’ordre de ce que l’on trouve avec les dérivés de l’artémisisine. D’ailleurs on a fait plusieurs études en Afrique etc, on retrouve toujours des IC50 qui sont entre 1 et 10 nanomolaire. Comme le COVID et en micromolaire, là on est en nanomolaire.

Et puis on a essayé chez un modèle de souris qui meurt, du neuro-paludisme, on avait monté ce modèle il y a quelques années et puis quand on met le bleu on se rend compte que les concentrations à peu près 10 mg kilo 5 jours, 3 jours, même 1 jour et bien on arrive a à peu près 80% de souris qui survivent. Alors qu’elles meurent toutes si elles sont sont pas traitées. Et on avait même essayé avec l’artesunate qui est actuellement recommandée par l’OMS, dans notre modèle elles mourraient un peu plus tard mais elles mourraient à peu près, elles mourraient toutes. Elles mourraient d’un émi. La parasitémie continuait de monter, n’était pas réguler (La parasitémie est la quantité d’un parasite présent dans le sang humain ou animal – plasmodium falciparum ou autre plasmodium paludique, dans le cas du paludisme par exemple – Elle est utilisée pour le diagnostic d’une maladie parasitaire, ou l’efficacité du traitement contre cette maladie). Nos souris arrivaient à 90% de parasitémie et mourraient mais finalement avec le bleu on arrivait à les protéger. Intérêt pour la paludisme là-aussi. Donc on s’est dit « Finalement est-ce que cela peut avoir un intérêt au niveau du COVID ».

Alors le bleu a déjà montré son activité mais quand il est sensibilisé : photosensibilisé. C’est ce que l’on utilise finalement pour désactiver les poches de plasma pour enlever un certain nombre de virus de bactéries. Les poches de palsma on y met du bleu, on les photosensibilise à la lumière donc à quelque chose de très spécifique mais on arrive à se débarrasser comme cela des parasites, des virus, de certaines bactéries mais finalement est-ce que cela marche un peu comme dans le paludisme ? Sans photosensibilisation ? en le donnant directement ?

Oui, le bleu on se retrouve entre 0 et 05 micromolaire on a dépassé plus de 60%, 70% à peu près d’inhibition virale avec quand on regarde l’IC50 : 0.30 donc nettement en-dessous de ce que l’on avait tout à l’heure pour nos antipaludiques.

Hydroxychloroquine à 1.5, azythromicine autour de 20 micromolaires. Donc qui est très safe avec plus de facteurs entre le cytotoxicité et l’activité anti-virale plus de 300.

Est-ce que c’est atteignable à ces doses-là, en donnant les doses qui sont préconisées dans la méthémoglobinémie et en fait en utilisant les doses prescrites oui, on arrive à avoir des doses, des concentrations qui sont atteignables.

Comment marche-t-il ? Est-ce que l’on retrouve une action au niveau de l’entrée c’est certaine ACE2 puis une action sur la post-entrée sur la réplication en elle-même.

In vitro et moléculaire différente. Action sur les deux.

on s’est intéressé au remdisivir. Le remdisivir rapidement in vitro on atteignait la CI50 avec un CI50 autour de 1 micromolaire et on retombait sur ce qui avait été fit par une autre équipe et qui montrait qu’à 0.77 micromolaires on est sur les mêmes valeurs.

Remdisivir c’est un antiviral et effectivement quand on regarde (39.77) rien sur l’ACE2, rien sur l’entrée, ca n’est qu’une activité antivirale sur la réplication et là franchement c’est clair par rapport à ce que l’on a vu tout à l’heure.

Donc c’est moins clair quand on regarde le docking. Effectivement, cela marche très bien quand on regarde avec la même protéase (enzyme qui coupe les liaisons peptidiques des protéines) donc sur la réplication. Il est plus bas ou il est plus haut cela dépend si on compte en négatif mais quand on regarde au niveau de la protéine d’entrée en étant autour de 7 on serait même dans les meilleurs, même mieux que l’hydroxychloroquine hors ce n’est pas du tout ce que l’on montre donc des fois entre ce que l’on peut faire en docking moléculaire, en numérique etc on peut avoir des différences avec la réalité in vitro et ne parlons pas ensuite quand on passe au niveau clinique car cela ne marche pas.

On s’est intéressé aussi à l’ivermectine, très largement utilisé, en Afrique aussi et on se rend compte que l’ivermectine on est à des EC50, un peu moins de 5 et puis on retombe sur ce qui avait été fait par une autre équipe. C’était pas la même MOI mais qui était autour de 2.8 donc on reste dans la même fourchette. Pareil quand on regarde ce qu’il se passe, on retombe comme avec les antipaludiques, cela marche en bloquant l’entrée et puis cela marche aussi en bloquant la réplication. Donc c’est ce que l’on trouvait finalement C’est pareil c’est une angine, c’est une protéine, c’est la même protéine qui portait plusieurs noms mais effectivement, quand on regarde le docking qui a été fait avec nos collaborateurs. la première molécule qui sort. Ils testent pour voir si cela agit sur l’ACE2 voir si on retrouve quelque chose.

Ce qui est en cours maintenant c’est d’associer ces molécules. Finalement si on les associe, si on gagne en activité quitte à pouvoir diminuer les doses à ce moment-là, donc cela est en cours une autre des perspectives finalement sur toutes ces molécules, ces antipaludiques qui ne marchent pas trop mal : le bleu, le doxycycline etc c’est de regarder finalement car là on a travaillé sur deux souches de la première vague, donc de l’IHU, l’iHU MI3 et MI6 c’est de regarder finalement sur plus de souche s de la première vague, sur des souches du mois de juillet du retour d’Algérie et sur des souches de la deuxième vague : est-ce que sur cette souche molécule intéressante on a la même sensibilité ? La même sensibilité ? Donc regarder à la fois la sensibilité au cours du temps, et comparer le phénotype puisque suivant des génotypes différents et voir si quelque chose pourrait faire la différence, expliquer, la différence entre ces différentes molécules. Ce qui permettrait aussi de savoir comment elles peuvent agir.

Un collègue a testé des centaines d’antibactériens en docking moléculaires et donc nous on a décidé, de tester un peu, voir, ce qu’il avait trouvé, si on trouvait la même chose in-vitro. Donc quand on regarde ce qu’il a crée sur la spike protéine l’ACE2, la liaison, ce qui marche très bien chez lui, (voir la liste sous le tableau).

Quand nous on regarde ce qu’il se passe c’est que finalement, ce sont des molécules qui ne marchent pas très bien in vitro comme quoi le docking moléculaire et in vitro on peut avoir des surprises.

Certains ne marchent pas du tout.

Troisième – toutes les autres ne marchent pas bien non plus. Méthode complémentaire (docking et in vitro) mais l’une de remplacera jamais l’autre.

Monsieur Raoult

Comment on va faire quand on a dix molécules qui sont potentiellement des molécules efficaces ? Quand on sait qu’elles sont anodines ? Quand on sait quand on s’adresse à nos autorités elles ont la plus grandes réticences pour qu’on l’utilise ? Comment on va faire pour sortir de cette étape qui est de dire on a un capital moléculaire considérable qu’on a accumulé depuis 1 siècle et demi. Comment on fait pour le tester alors que les pays occidentaux ont pris l’habitude de faire faire les essais thérapeutiques par l’industrie pharmaceutique ? Si l’état ne le développe pas, dire écoutez il y a ça, ça et ça, vous allez tester cela, vous allez tester cela et ne pas attendre. En plus on a habitué les équipes à avoir les protocoles qui sont tout écrit. on voit cela on se et les mains sur la tête. On inclue des patients qui n’ont même pas des tests diagnostics. Cela est publié dans le News England il n’y a pas de test diagnostic. C’est inouïe. C’est bon pour une méthodologie qui n’est bonne que pour eux. En particulier, car ils veulent déterminer la durée du traitement, car en déterminant la durée du traitement, ils peuvent déterminer le coût et on ne peut plus jouer individuellement sur la durée du traitement.

Système dans lequel on ne sait plus faire l’essai médical. Il faut attendre que l’industrie décide de le faire. Et là toutes cette collection on peut faire la même chose. Vraie question d’organisation et de thérapeutique qui fait qu’on peut se poser la question quand on leur a dit hydroxychloroquine cela marche, ils l’ont utilisé, ils ne se sont pas posés la question car tout le monde sait ce que cela fait. On est dans une vraie question : si on refuse d’utiliser tout notre capital moléculaire ce n’est pas étonnant qu’on est plus de problèmes ici.

Tout ce que l’on a posé à été bloqué par l’INSERM.

-> Programme touts les projets avec la chloroquine bloqués.

Auteur :
Miguel Vasquez
Rédacteur
Publié le 18 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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