Frank-Walter Steinmeier

Frank-Walter Steinmeier  est né le 5 janvier 1956 à Detmold, est un homme d’État allemand, membre du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) et président de la République fédérale d’Allemagne depuis 2017. Nicole Pras présente les grandes lignes politiques de sa vie.

Durant les six années de son mandat, il devient un proche confident politique du chancelier Schröder. Gestionnaire et pragmatique, il participe à l’élaboration et à la mise en œuvre de la réforme des retraites et du système de santé au mois de décembre 2002 ; il contribue, surtout, à la préparation d’un grand programme de réformes d’inspiration social-libérales, connu sous le nom d’Agenda 2010 et destiné à réduire les déficits publics et accroître la compétitivité économique du pays. Dans cette optique, il siège au comité de pilotage pour la mise en œuvre de la réforme Hartz IV, qui assouplit les indemnités chômage.

En prenant ses fonctions, il doit se charger des prérogatives de la présidence du Conseil de l’Union européenne, que l’Allemagne doit assumer à partir du premier semestre de l’an 2007. À ce titre, il est considéré comme l’un des architectes du traité de Lisbonne.

S’agissant de la politique étrangère, il considère que les principaux alliés de l’Allemagne sont la France et les États-Unis ; en outre, il insiste beaucoup sur le rôle de l’OTAN. Néanmoins, Steinmeier fait également valoir ses sympathies pour la Russie, considérant qu’une ouverture à l’égard de ce pays vaudrait mieux qu’un isolement ; en cela, il explique être favorable à ce qu’il nomme une « Ostpolitik », une politique étrangère tournée vers l’est inspirée au début des années 1970 par le chancelier fédéral social-démocrate Willy Brandt. Cette prise de position lui a été reprochée, y compris au sein de son propre camp. Au mois de mai 2008, il est le premier dignitaire étranger reçu par le nouveau président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, successeur de Vladimir Poutine, devenu pour sa part président du gouvernement.

Lors de la campagne, placé sous le slogan « Notre pays peut faire plus », il promet, grâce à un programme baptisé « plan pour l’Allemagne », d’atteindre le plein emploi en 2020 en créant quatre millions d’emplois, dont deux millions dans l’industrie, un million dans la santé, cinq cent mille dans l’innovation et cinq cent mille dans d’autres secteurs tels les services. Il veut en outre encourager le développement des énergies renouvelables ou de la voiture électrique et promouvoir un plan pour les petites et moyennes entreprises en associant le gouvernement fédéral, l’industrie, les syndicats et les PME.

Il affiche également comme objectif que la moitié des jeunes obtiennent leur Abitur, et annonce son intention de faire adopter une loi sur l’égalité des sexes, afin que les femmes soient mieux représentées dans les conseils d’administration et aussi bien rémunérées que les hommes.

Russophile, considérant les relations avec la Russie comme stratégiques pour l’Allemagne, il est particulièrement investi dans les négociations internationales visant à apaiser la crise ukrainienne de 2013-2014.

Douzième Président Fédéral d’Allemagne
Premier chef d’État allemand à venir à Yad Vashem, il s’exprime lors du 5e Forum mondial de l’Holocauste le 23 janvier 2020 à Jérusalem. Il commence et termine son discours en hébreu par la bénédiction Schehechejanu : « Louez le Seigneur […] de m’avoir laissé vivre jusqu’ici aujourd’hui« . Il reconnaît la culpabilité allemande pour l’Holocauste et assure « Nous combattons l’antisémitisme ! Nous bravons le poison du nationalisme ! Nous protégeons la vie juive! Nous sommes du côté d’Israël! Je renouvelle cette promesse ici à Yad Vashem aux yeux du monde. »

Au mois d’août 2016, il a publiquement qualifié Donald Trump, alors candidat républicain à la présidence des États-Unis, de « prédicateur de haine », s’insurgeant contre l’outrance et les insultes proférées par le candidat durant sa campagne présidentielle.

Guerre en Irak
En 2003, malgré le refus du gouvernement Schröder de participer à la guerre d’Irak, le Service fédéral de renseignement (Bundesnachrichtendienst – BND) aurait apporté son soutien aux forces armées américaines. Le chef des services de renseignements à ce moment était Steinmeier. Une commission d’enquête parlementaire est alors saisie pour clarifier cette affaire. Dans le cadre de ses investigations, Steinmeier est plusieurs fois entendu par la commission en tant que témoin. En décembre 2008, plusieurs généraux américains déclarent publiquement que l’aide du Service fédéral de renseignement allemand a été décisive dans le déroulement des opérations en Irak. Les membres de partis politiques d’opposition mais aussi des politiciens de l’union CSU/CDU virent ces déclarations comme une confirmation des soupçons. À l’inverse, Steinmeier déclara que les déclarations des généraux étaient de fausses informations.

Divulgation d’informations à la NSA
En août 2013, au début du scandale des écoutes de la NSA, Steinmeier, alors coordinateur des services secrets allemand, se voit reprocher d’avoir approuvé un travail de coopération avec les services secrets américains pour la surveillance de certaines télécommunications. Steinmeier se défend alors en déclarant que cette affaire n’a rien à voir avec la surveillance ciblée de données en Allemagne, surveillance qui avait débuté en 2005. Cependant, Steinmeier était en novembre 2005 coordinateur des services secrets allemand jusqu’à l’élection du gouvernement de Angela Merkel. La transmission de données effectuée par les services secrets allemands qui avaient mis sous écoute un nœud de données à Francfort puis transféraient aux services américains les données ainsi récoltées, avait commencé en 2004 pour se poursuivre jusqu’en 2007. Il était alors techniquement impossible pour les services allemands de filtrer les données de citoyens allemands non ciblés. Ce qui revient à dire que Steinmeier avait bel et bien approuvé la surveillance de citoyens allemands par les services secrets américains.

Refus de reconnaissance du génocide arménien
Lors des débats en Allemagne pour la reconnaissance du génocide arménien dans le cadre du centenaire des massacres, Steinmeier s’est illustré comme l’opposant le plus actif à cette reconnaissance. La raison invoquée étant la possible relativisation de l’Holocauste si le génocide était également reconnu. Cette prise de position lui a attiré de nombreuses critiques notamment en raison du soutien alors exprimé à Steinmeier par le président israélien Reuven Rivlin.

Refus de rencontrer le Dalaï-Lama
Il a ouvertement attaqué Angela Merkel au cours de sa réunion de 2007 avec le Dalaï-lama, l’accusant de « jouer avec l’opinion publique » sans tenir compte de l’efficacité de la réunion pour améliorer les droits politiques ou religieux sur le terrain en Chine. En 2008, il a également refusé de rencontrer le Dalaï-lama lors de sa visite de cinq jours en Europe, arguant qu’une telle réunion pourrait miner les efforts internationaux visant à promouvoir des contacts soutenus entre la Chine et le Tibet. Steinmeier a notamment publié la déclaration suivante « il faut beaucoup de courage pour ne pas rencontrer le Dalaï-lama aujourd’hui ». The New York Times a décrit cette prise de position comme « extraordinairement cynique » et a accusé Steinmeier de donner la priorité aux intérêts des entreprises sur les droits de l’homme.

Auteur :
Nicole Pras
Publié le 19 décembre 2020

Publié par magrenobloise

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