L’épidémie, les mutants, les visons et le traitement

L’IHU publie le 15 décembre une vidéo abordant « l’épidémie, les mutants, les visons et le traitement ».

Ce que nous voyons en France c’est en juin : cette épidémie qui a duré un mois est une épidémie qui est venue d’Afrique du Nord, le virus avait muté en Afrique occidentale, Côte d’Ivoire, il est passé dans le Magrehb et il est arrivé en France et on a la preuve de cela car les gens qui ont transmis cela sont venus par bâteau du Magrehb : il y a eu des marins, qui ont été contaminés.

Virus non méchant, très peu de cas sévères, qui ne s’est pas implanté, il a disparu et à notre connaissance il n’est pas sorti de la zone autour de Marseille, il ne s’est pas répandu partout ailleurs donc c’est une forme avortive d’un variant qui a été transporté quand on a ouvert les frontières. Ce qui est normal.

Et puis énorme vague, beaucoup plus importante, beaucoup de cas, cas aussi sévères que ceux vus pendant la première épidémie et que l’on a appelé le variant 4.

Ce variant 4, d’où il vient et qu’est-ce qu’il s’est passé en Europe ?
Ce variant 4, les premiers, ce n’est pas par hasard ce sont les génomes qui ont été faits en France. Et donc nous dans cette deuxième épidémie on a été les premiers à faire des génomes donc on été les premiers à avoir des variants, on a fait plus de génomes que les autres. Et donc les premiers variants du variant 4 sont apparus en Occitanie (région Sud) et à peu près en même temps au Danemark.

Donc dans les 6 premiers cas, il y en a cinq qui viennent du sud de la France et un qui vient du Danemark. Et le Danemark ca pose une question, cela pose une question extrêmement complexe qui est celle-là :
Le Danemark est le pays dans lequel il y a le plus d’élevage de visons. Le vison c’est comme le furet. Le furet je vous rappelle c’est le modèle expérimental de cette maladie et donc chez le vison il y a eu des épidémies épouvantables de virus variants.

-> Génotypes différents : visons. Les gens qui s’occupaient des visons ont été malades. Le virus est passé de l’homme au vison, et il est passé du vison à l’homme. Cas au Danemark = cas sporadiques.

Redoute que notre variant 4 qui a commencé par la France et le Danemark et qui a envahit ensuite toute l’Europe : passé en Irlande, en Grande-Bretagne et ensuite en europe, on redoute qu’il soit venu aussi des élevages de visons. On verra bien au moment si il y a des séquences qui ressemblent à cela mais les racines profondes de ce que nous avons sur le variant 4 laisse penser que c’est probablement les visons. Donc il y a probablement quelque chose à faire : en France il y a eu un élevage de visons qui a été atteint dont les animaux ont été abattus. Il faut avoir une veille très très précise sur ces élevages de visons parce que les visons comme ce sont de mammifères qui sont élevés dans des conditions de densité de population extrême, qui favorise toutes les épidémies. Toutes les épidémies sont favorisées par la densité d’une espèce animale unique dans un endroit restreint donc on connaît, chez les animaux sauvages essentiellement les chauves-souris parmi toutes les espèces, les chauves-souris qui vivent à 10 000 ensemble, 100 000 ensemble donc c’est des colonies absolues énormes. Les visons c’est la même chose. Au Danemark ils ont abattu 13 millions donc ce sont des populations énormes qu’il y a. Et c’est quand vous avez une épidémie là-dedans, la vitesse de changement des virus est considérable. C’est ce que l’on voit : une longue branche = un mutant nouveau qui est apparu et qui est distant du mutant original. Cela est lié à la vitesse de circulation du virus. Plus le virus circule rapidement dans une population limitée et très dense plus il évolue rapidement.

Les mutations font parties de la vie des virus ARN. Tous les virus ARN mutent. Tous tous : virus du sida. On appelle cela des quasi-espèces. Si vous prélevez quelqu’un qui a le sida a une semaine d’intervalle vous allez voir si il a encore du virus circulant que ces virus circulants ne sont pas exactement les mêmes que ceux qu’il y avait une semaine avant. Cela ne veut pas dire que ces mutations vont être associées à plus de gravité. Ils sont associés à moins de gravité mais cela entraîne des mutations permanentes. Le seul problème vraiment qu’on connaisse c’est que ca risque de poser des problèmes d’antigénicité c’est-à-dire d’efficacité de la protection acquise par la maladie ou par un vaccin.

Donc cela est une véritable question. Surveillance de ces clones doit amener à avoir une réflexion sur la composition vaccinale qui doit intégrer plusieurs variants pour être surs qu’on est bien capables de protéger les gens car nous on a eu maintenant 16 ou 18 personnes, on est en train de confirmer cela, qui ont fait une maladie pendant la première période épidémique en mars-avril et qui ont fait une deuxième infection avec ce mutant 4 qui est celui : le bleu, qui est en train de sévir actuellement.

Donc l’infection naturelle par le premier ne protège pas contre le mutant 4 ce qui laisse et qui doit amener à réfléchir pour la réalisation d’un vaccin.

Concernant le traitement où en est-on ?

Il y a trois choses : en Italie le Conseil d’Etat a tranché en disant qu’on ne pouvait pas poursuivre quelqu’un parce qu’il donnait de l’hydroxychloroquine pour le traitement du COVID-19 ce qui fait qu’il sera difficile de continuer à dire qu’on est des charlatans si on utilise l’hydroxychloroquine alors que l’Italie reconnaît qu’il n’y a pas de soucis, que cela ne représente pas une faute susceptible d’être poursuivi. Donc cela éclaire un peu les choses.

Il est d’ailleurs assez intéressant de voir que c’est une situation qui pour moi était unique si vous voulez c’est que se développe maintenant des scientifiques d’autorité. C’est-à-dire qu’il y a des gens qui ne sont pas des scientifiques, j’ai présidé mon premier conseil scientifique en 1989, ce n’est pas très récent, c’était à Marseille puis ensuite j’ai présidé le conseil scientifique pour la médecine et la chirurgie au niveau du pays : le Ministère de la Recherche en 1993. J’ai une vraie idée de ce qu’est la publication scientifique.

Et donc des gens n’ont aucune production scientifique et qui vous disent écoutez ce que vous dites n’est pas scientifique, c’est du charlatanisme. C’est ridicule donc vous voyez il y a des gens qui ont une autorité : que ce soit le Conseil de l’Ordre, les comités de protection des personnes. Là on a envoyé, on a une situation qui est un peu invraisemblable, l’Etat ne veut pas que l’on traite les sujets âgés pour lesquels il y a deux études spectaculaires qui montrent qu’on divise par deux la mortalité dans les EPADH avec l’hydroxychloroquine et l’azithromycine. On nous dit : on n’accepte pas vos études, elles ne sont pas randomisées, moi j’ai appelé le Ministère je dis écoutez qu’est-ce que je fais ? Ils disent bah écoutez déposez encore une étude alors on dépose une étude, on reçoit une réponse du CCPP c’est carrément une lettre d’insultes dans laquelle il dit que les trois investigateurs pour … n’ont pas fait de recherche clinique mais si vous regarder le CCPP ont fait trois publications a eux tous ensemble et ils parlent de gens qui ont 250 publications de recherche médicale. Donc si vous voulez il y a maintenant un espèce d’argument d’autorité que moi j’avais vu que dans les situations de fascistes, on croirait que c’est Ouscecou. Vous vous rendez-compte le type qui vous dit « Mais vous n’êtes pas capable de faire cela » mais qui n’ont rien fait de scientifique de leur vie mais ils sont capables de vous dire cela.

C’est spectaculaire.

Donc il faudra bien, remettre en phase, comme je l’ai dit à l’Assemblée Nationale, les comités d’éthique pour voir ce qui est éthique, c’est-à-dire ce qui est moral et ce qui ne l’est pas. Et deuxièmement de faire mesurer la capacité à analyser la science par nos pairs c’est-à-dire les gens qui sont de notre niveau, qui comprennent au moins ce que l’on dit parce que l’on a l’impression qu’ils ne comprennent pas ce que l’on dit. On ne peut pas demander à des gens qui n’ont jamais fait de recherches d’évaluer la qualité ou la pertinence de la recherche des gens qui passent leur vie à faire de la recherche. On est là dans une décision d’autorité qui n’a pas lieu en science et cela c’est un problème gravissime.

Si ces gens ont le droit de nous empêcher de faire de la recherche médicale et que l’on confie à des gens qui n’ont jamais fait de recherches médicales le droit de nous empêcher de faire de la recherche médicale alors on est vraiment très très mal parti.

Et cela s’applique en particulier et c’est quelque chose qui est très inquiétant pour les pays occidentaux : sur toutes les molécules qui ne sont plus rentables. Et donc ici on a un collègue qui a présenté un CPP pour tester un médicament qui est la doxycycline qui est un médicament banal qu’on donne dans l’acné qui s’est fait rejeter par son CPP.

Il a proposé de faire dans un autre contexte de la chloroquine, il a été rejeté par son CPP c’est-à-dire que toutes les propositions sur des molécules anciennes sont rejetées dans ce pays par des gens dont la formation scientifique n’est pas comparable à celles des demandeurs.

Et donc cela, et ça c’est une réflexion, de fond, qui est cette dérive de pouvoir des gens qui ont une expérience scientifique très modeste, pour empêcher les gens de faire de la science c’est quelque chose qui est quand même extraordinairement intéressant.

Quand c’est pareil pour l’ANSM, quand Dominique Maraninchi donnait son avis, c’est un grand scientifique qui a une très grande expérience de l’évaluation scientifique. Quand c’était Dominique Martin, il n’a aucune expérience scientifique ce n’est pas vrai. Ce sont des gens qui sont passé à travers les rites administratifs. Donc il faut faire attention de ne pas confondre les décisions d’autorité et les évaluations scientifiques parce que c’est pas de même nature.

Et pour en revenir aux évaluations scientifiques donc sur l’autorité, très bien, au moins les autorités italiennes, on verra ce que diront les autorités françaises sont revenus à des raisonnements de base et cela, ce n’est pas nous qui faisons cela, c’est un site que vous pouvez consulter, c’est quelqu’un qui a analysé 169 publications, qui sont actuellement disponibles online donc tout le monde peut vérifier pour voir ce que sont les résultats de l’hydroxychloroquine, ils notent très nettement que l’Amérique est très franchement hostile et que presque tout ceux qui ne marchent pas se passent en Amérique pour des raisons qui sont probablement des raisons de confusions avec une stratégie thérapeutique mais si vous regarder le nombre de traitement qui ont été évalués : le traitement précoce, la prophylaxie avant l’exposition. Vous avez des différences qui sont absolument significatives en faveur de l’hydroxychloroquine.

Donc il y réellement là une réflexion à avoir sur la puissance et l’influence absolument considérable de gens, qui veulent, ce qui est leur métier, vendre de nouvelles molécules et notre incapacité à résister en mettant combattant de la résistant contre les essais thérapeutiques avec des molécules qui sont connues depuis des décennies et qui ne posent pas de problème, des gens qui ne sont pas au niveau scientifique, des gens qui jugent. Donc c’est un problème de fond, c’est un problème qu’il faudra bien gérer un jour, politiquement.

Mais comment est-ce qu’on peut évaluer la recherche ? La science ?
Il y a de multiple sources et elles sont toutes convergentes. Il y en a une que tout le monde peut regarder parce que c’est disponible, elle s’appelle pupmed, vous pouvez marquer le nom des gens. Si vous voulez savoir qui fait quoi, dans le COVID-19, vous mettez pubmed and France and COVID-19 et vous regarderez et vous verrez que c’est nous qui publions le plus de très très loin dans ce pays. Les équipes qui ont publié le plus, c’est nous, ce sont les ORL mais les ORL sont extrêmement dynamiques et les réanimateurs. Ce sont les trois groupes, et nous très loin devant. (Ce sont les plus cités).

Si vous regardez sur easyweb.

Tout cela c’est congruent. Au bout d’un moment on peut pas casser 5 thermomètres à la fois.

On sait très bien qui fait de la science et qui en parle sans la faire. Il y a des gens qui parlent de la science pour en faire un pouvoir qui est démesuré par rapport à leur capacité scientifique. Et il faut arrêter.

Auteur :
Nicole Pras
Publié le 20 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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