Quelques faits sur la Turquie

George Plancher, géographe, énonce quelques faits concernant la Turquie et pouvant expliquer le refus de l’intégration européenne.

– La Turquie est officiellement candidate depuis 1963 à l’entrée dans la Communauté économique européenne (CEE), l’actuelle Union européenne (UE), avec qui elle a conclu un accord d’union douanière en 1995, en vigueur depuis 1996. Les négociations pour l’entrée de la Turquie dans l’UE sont officiellement en cours depuis 2005. Parallèlement, la Turquie a su conserver des liens privilégiés avec les pays à population majoritairement musulmane comme elle, ainsi qu’avec le Moyen-Orient et l’Asie centrale en participant notamment à l’Organisation de la coopération islamique, l’Organisation de coopération économique, et le Conseil turcique.

– En 1952, le journaliste pro-kémaliste Ahmet Emin Yalman a survécu à une tentative d’assassinat par une organisation religieuse clandestine. Le DP, alors au pouvoir, prend des mesures pour lutter contre les mouvements islamistes.

-En 1965, le Adalet Partisi (PJ) gagne les élections législatives avec 52,87 % des voix. Süleyman Demirel est nommé Premier ministre. Il poursuit la politique du « retour à l’islam » du DP. On notera le développement des premiers mouvements islamistes (alors qu’ils étaient absents en 1950) dont le PJ devra tenir compte pour espérer conserver le pouvoir.

-En 1966, Cevdet Sunay devient le cinquième président de la République.

-La même année, le Parti de la Justice voit apparaitre en son sein une fraction de députés et de militants politiques (à laquelle appartient le futur dirigeant islamiste Necmettin Erbakan) réclamant une politique beaucoup plus orienté vers l’islam.

-En 1969, la Turquie adhère à l’Organisation de la coopération islamique. Sous l’impulsion de Mustapha Kemal, la Turquie avait quitté la conférence de La Mecque en 1926, estimant que sa participation à une conférence islamique était contraire à son esprit laïque.

-En 1970, une crise économique a lieu avec un climat de violence et des attentats d’extrême gauche.

Montée des mouvements islamistes et premier gouvernement

– En 1990, une vague d’assassinats politiques attribués aux islamistes touche l’universitaire Muammer Aksoy (le 31 janvier), le rédacteur en chef du journal Hürriyet Çetin Emeç (le 7 mars), l’essayiste Turan Dursun (le 4 septembre) et l’universitaire et députée Bahriye Üçok (le 6 octobre).

Le 24 janvier 1993, Uğur Mumcu, chroniqueur du journal Cumhuriyet, est assassiné. Ses funérailles se transforment en une grande manifestation en faveur de la laïcité. Le 2 juillet 1993, 37 intellectuels alévis meurent dans l’incendie criminel de l’hôtel Madımak à Sivas, attribué aux islamistes.

Le 24 mars 1994, les élections municipales sont massivement remportées par les islamistes du Parti de la Prospérité (Refah Partisi, créé en 1983). Recep Tayyip Erdoğan devient le premier maire islamiste d’Istanbul. Le 12 mars 1995, des émeutes dans la banlieue défavorisée de Gazi à Istanbul, majoritairement alévi, font 17 morts.

Le décembre 1995, des élections législatives ont lieu, le parti islamiste Refah sort vainqueur. En juillet 1996, un gouvernement islamiste du chef de Refah Partisi Necmettin Erbakan est mis en place. Il est poussé à démissionner 11 mois plus tard, en juin 1997, sous la pression de l’armée et de la société civile (médias, milieux d’affaires et universités). Mesut Yılmaz redevient Premier ministre.

Le 1er janvier 1996, l’union douanière entre l’Union européenne et la Turquie entre en vigueur. La Turquie abolit les taxes d’importation sur les produits venant de l’Union européenne.

En décembre 1999 : l’Union européenne accepte officiellement la candidature de la Turquie lors du sommet d’Helsinki et souligne la « vocation européenne » du pays, mais elle fixe à son entrée dans l’UE des conditions que la Turquie accepte.

En octobre 2010, la Turquie modifie radicalement sa constitution pour remplir les critères politiques fixés par l’Union européenne14. Paradoxalement, ces modifications qui s’inscrivent dans la logique occidentale minent la volonté de laïcisation introduite par Atatürk : la disparition du rôle politique de l’armée « favorise les partis de centre droit favorables à la réislamisation de la société turque »15.

En décembre 2013, un accord sur l’immigration est signé entre la Turquie et l’Union européenne : la première récupérera désormais les migrants illégaux arrivés en Europe par son territoire ; en échange, l’Union européenne accède à sa demande de mettre fin aux visas exigés des ressortissants turcs pour pouvoir entrer dans l’espace Schengen, selon un calendrier de négociations dont la durée initialement prévue est de trois ans et demi. La mise en place effective de cet accord est cependant remise en doute en 2016 à la suite des tensions diplomatiques apparaissant lors des purges suivant la tentative de coup d’État de juillet.

AKP et Erdogan

L’arrivée au pouvoir le 3 novembre 2002 du parti AKP et de Recep Tayyip Erdoğan qui devient Premier ministre (mars 2003) consacre le succès de la stratégie liant libéralisme constitutionnel et économique et valeurs traditionnelles de l’islam sunnite.

Cette arrivée au pouvoir des conservateurs détermine un infléchissement de la politique étrangère en direction du monde sunnite tout en restant un allié important des États-Unis dans la région. Le 1er mars 2003, le Parlement turc refuse de permettre le stationnement des troupes américaines sur le sol turc lors du déclenchement de la guerre en Irak. Ce repositionnement diplomatique est également marqué par l’attaque du Mavi Marmara en 2010 qui entraîne une sérieuse dégradation des relations entre Israël et la Turquie, puis depuis 2011 face à la guerre civile syrienne, par l’engagement actif d’Ankara s’efforçant de provoquer la chute du régime alaouite de Bachar el-Assad et au contraire, en 2014, son refus de s’engager dans la lutte contre l’État islamique.

Les 15 et 20 novembre 2003 deux attentats à la voiture piégée d’Al-Qaïda à Istanbul, sont mis en place, contre des intérêts juifs et britanniques faisant 60 morts.

En 2004, la diffusion audiovisuelle des langues minoritaires est autorisée. Les premières émissions en langue kurde à la télévision publique, sur la TRT, voient le jour. En 2005, une nouvelle livre turque (YTL) est introduite. 1 YTL = 1 000 000 TL.

Le 1er juin 2005, un nouveau code pénal est adopté accordant plus de libertés individuelles et plus conforme aux exigences européennes. Le 3 octobre 2005, les négociations d’adhésion avec l’Union européenne débutent.

Le 19 janvier 2007, Hrant Dink, rédacteur en chef du journal Agos (publié à Istanbul en turc et en arménien), est assassiné. 200 000 personnes assistent à ses funérailles le 23 janvier.La Grande Assemblée nationale de Turquie à Ankara

En avril et mai 2007, une crise politique a lieu autour de l’élection du nouveau président par l’Assemblée nationale, ce qui déclenche des élections anticipées. Malgré la fin de son mandat le 16 mai, le président Sezer garde son poste en attendant son successeur.

Le 22 juillet 2007, aux élections législatives anticipées, l’AKP obtient 46,7 % des voix. Recep Tayyip Erdoğan conserve le poste de Premier ministre.

Le 28 août 2007, Abdullah Gül est élu onzième président de la République grâce à la majorité parlementaire de l’AKP. Le 21 octobre 2007, par un amendement constitutionnel par référendum (70 % pour), le président de la République sera désormais élu au suffrage universel.

Le 9 février 2008, un amendement constitutionnel est mis en place pour supprimer l’interdiction du foulard islamique à l’université. Cet amendement est annulé par la Cour constitutionnelle, le 5 juin 2008 sur la base de l’article 2 de la Constitution, qui garantit la laïcité. Le 30 juillet 2008, la Cour constitutionnelle rejette une demande d’interdiction du Parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir, accusé d’activités anti-laïques. La Cour avait été saisie le 14 mars 2008 par le procureur en chef de la Cour de cassation.1 lire turque à l’effigie de Atatürk (groupe d’émissions E-9, qui est entré circulation le 1erjanvier2009).

Le 29 mars 2009 des élections municipales ont lieu. L’AKP, au pouvoir, perd des voix mais reste la première formation politique du pays.

Le 19 octobre 2009, à la suite de l’appel de l’ancien chef du PKK Abdullah Öcalan (emprisonné sur l’île d’Imrali en Turquie), le PKK envoie en Turquie un groupe, qu’il appelle groupe de paix composé de 34 personnes (8 membres du PKK et 26 citoyens turcs d’origine kurde du camp de Mahmour en Irak) pour une résolution de la question kurde.

En novembre 2009 commence le procès Ergenekon. Plus de 300 personnes (militaires, hommes politiques, universitaires et journalistes) pro-kémalistes sont arrêtées pour complot contre l’État. À partir de cette date, Recep Tayyip Erdoğan entame une politique beaucoup plus favorable à l’islam (autorisation du voile dans l’administration, restriction de la consommation d’alcool, fin de la mixité à l’école, etc.).

Le 12 septembre 2010, la Turquie approuve par référendum une réforme de la Constitution à 57,9 % et avec une participation de 77,6 %.

Le 12 juin 2011, le Parti de la justice et du développement (AKP) remportent les élections législatives.

Le 29 mai 2013, les manifestations du parc Taksim Gezi s’opposent à un projet immobilier à Istanbul, soutenu fortement par le pouvoir. Le mouvement se transforme rapidement en un mouvement de contestation massif du pouvoir de Recep Tayyip Erdoğan. Les rassemblements de contestation à Istanbul et dans 24 villes du pays durent plus de deux mois et sont durement réprimés (4 morts).

Le 10 août 2014, Recep Tayyip Erdoğan est élu douzième président de la République, pour la première fois au suffrage universel.

Lors des élections législatives de juin 2015, l’AKP perd la majorité absolue. Les tractations politiques ne permettent pas la formation d’un gouvernement. Les principaux points d’achoppement sont la mise en place d’une justice indépendante refusée par l’AKP et le règlement de la question kurde ignorée par le MHP.

Le 10 octobre 2015 l’attentat le plus meurtrier de l’histoire de la république turque fait 102 morts à Ankara et vise des militants de gauche manifestant pour la paix. Les deux bombes humaines étaient affiliées à Daech. Malgré une note interne des services de sécurité, aucune mesure n’est prise par le ministère de l’Intérieur pour assurer le bon déroulement du meeting.

L’AKP retrouve la majorité absolue au parlement lors des élections législatives turques de novembre 2015.

Le 15 juillet 2016, une tentative de coup d’État militaire menace le pouvoir d’Erdoğan. Celui-ci appelle ses partisans à braver le couvre-feu. La tentative de coup d’État est avortée. Elle aura fait au moins 290 morts dont 104 putschistes abattus, et plus de 1 440 blessés. Environ 7 500 membres des forces armées ont été arrêtés. S’ensuivent également des purges visant des dizaines de milliers de personnes et, parallèlement, un durcissement préalable de la loi sur internet permet la poursuite du blocage de milliers de sites (dont Wikipédia, Youtube, Vimeo, Twitter, Dailymotion, Blogger ou encore WordPress).

Religion et spiritualité

Aujourd’hui l’islam est la religion très majoritaire de la Turquie et le courant principal est le sunnisme. Toutefois, l’islam anatolien n’est pas uniforme et présente de nombreuses variantes: le courant principal est le sunnisme hanafite, suivi par l’alévisme-bektachisme, le sunnisme chaféite et le jafarisme.

Selon les références,

  • 70 à 85 % des turcs sont musulmans sunnites (hanafites et chaféites) ;
  • entre 15 et 25 % des turcs sont alévis.

Une enquête publiée en décembre 2004 dans The Wall Street Journal, version européenne, annonce que 96 % des Turcs se définissent comme musulmans et 72 % observent les prescriptions de l’islam. Deux tiers des femmes turques portent le voile islamique.

Le président conservateur Recep Tayyip Erdoğan mène une politique d’islamisation, qui suscite les critiques des milieux laïques. En 15 ans, le budget du Diyanet İşleri Başkanlığı, la direction des Affaires religieuses, chargée de financer la construction de mosquées et de payer les imams, a été multiplié par dix, atteignant 1,75 milliard d’euro en 2016, soit le double de celui du ministère de la Santé et le triple de celui du ministère des Affaires étrangères.


Histoire des religions

Au xvie siècle, de nombreux Juifs se réfugient dans l’empire ottoman en raison des expulsions ordonnées en Espagne par Isabelle la Catholique. Au xixe siècle, la multiplication des pogroms en Europe provoque de nouvelles vagues de réfugiés.

Cette diversité religieuse diminue fortement à partir du début du XXe siècle avec la volonté de l’Empire ottoman d’homogénéiser et de turquifier le pays, en éradiquant tout groupe ethniquement non turc et non musulman. La nouvelle Turquie kémaliste poursuivra cette politique45.

Au début du xxe siècle, des Arméniens chrétiens vivaient en Turquie orientale sur le haut-plateau arménien et des Grecs orthodoxes sur la côte de la mer Égée ainsi que sur les côtes septentrionales et méridionales (Trébizonde, Antalya, Smyrne…). Au cours de la Première Guerre mondiale, la plupart des Arméniens ont été tués, déportés ou ont fui lors du génocide arménien. Les Grecs ont d’abord fui après l’incendie de leurs maisons par les forces turques, pendant la guerre gréco-turque de 1920-1922, ensuite ont été sujets à un échange de populations entre la Grèce et la Turquie entre 1923 et 1927, avec un transfert de populations grecques d’Anatolie vers la Grèce et des populations turques de la Grèce vers la Turquie.

Représentant encore 20 % de la population à la veille de la Première Guerre mondiale, les chrétiens n’en représentent plus qu’entre 0,2 % en 2015 et 2 % de la population.

Le nombre des chrétiens en Turquie ne dépasserait pas à ce jour les 200 000, bien que la plus grande ville du pays, Istanbul, soit le siège de deux patriarcats prestigieux : celui des Grecs et des Arméniens. Les Arméniens constituent la plus grande communauté chrétienne du pays (60 000 dont 45 000 à Istanbul), répartis en trois communautés : apostoliques (57 000), catholiques (3 000) et protestants (500) à Istanbul, Antakya et Kayseri). On peut également citer les Syriaques (15 000 dont 2 000 catholiques, à Istanbul et Mardin), les Chaldéens (10 000, pour la plupart de nationalité irakienne), les Latins (5 000, concentrés à Istanbul et Izmir ; de petites communautés à Bursa, Konya, Mersin, Tarsus, Antakya, Iskenderun, Samsun, Trabzon), les orthodoxes grecs (3 000, à Istanbul, Antakya, Gökçeada et Bozcaada). Il convient aussi d’ajouter les « nouveaux » protestants, soit les musulmans convertis au protestantisme évangélique, qui sont au nombre de 5 000. En 2018, les Témoins de Jéhovah sont 3 506.

Près de 10 000 Turcs de confession juive auraient quitté le pays depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP en 2002, par crainte de la montée de l’islamisme militant. Ils ne sont plus que 15 000 en Turquie en 2016. De nombreux responsables de l’AKP tiennent occasionnellement un discours antisémite, leur attribuant notamment les difficultés économiques ou les mouvements de protestation contre le président Erdogan.

Laïcité

En théorie, la Turquie, à travers le traité de Lausanne de 1923, reconnaît les droits civils, politiques et culturels des minorités non musulmanes.

En pratique, la Turquie ne reconnaît que les minorités religieuses grecques, arméniennes et israélites sans pour autant leur accorder tous les droits cités dans le traité de Lausanne.

Les musulmans alevis bektachis et câferîs, les catholiques latins et les protestants ne font l’objet d’aucune reconnaissance officielle. La Turquie est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour violation des droits des alévis.

Avec plus de 100 000 fonctionnaires, le Diyanet est une sorte d’État dans l’État.

En 2013, le Diyanet ou Ministère des Affaires religieuses, occupe le 16e poste de dépense du gouvernement central.

Le budget alloué au Diyanet est en 2013 de 4,6 milliards de livres turques.

Malgré la mise en place de la politique laïque en Turquie, la proportion de la population chrétienne est passée de 10 % en 1920 à 0,3 % au début du xxie siècle. Les chrétiens subissent également des agressions en raison de leur confession.

Sous Turgut Özal, l’enseignement religieux dans le secondaire est devenu obligatoire.

En février 2008, le Parlement turc a voté une loi autorisant les femmes à porter le voile dans les universités ; cette loi fut annulée par la Cour constitutionnelle en juin 2008.

Toute critique envers l’islam peut valoir à son auteur une condamnation en vertu de l’article 216 du Code pénal turc qui punit d’une peine de six mois à un an de prison toute personne coupable d’avoir dénigré les valeurs religieuses de la population. C’est en vertu de ce principe que l’écrivain Nedim Gürsel est actuellement poursuivi après la publication de son livre Les Filles d’Allah.

Société
Condition des femmes

La Turquie est le pays d’Europe où les femmes ont le moins le statut de salariées :

49,3 % des femmes turques qui occupent un emploi, sont indépendantes ou ont une activité non salariée ;

50,7 % des femmes turques qui occupent un emploi, sont salariées : c’est le plus faible taux d’Europe. Dans l’Union européenne, 87,4 % des femmes qui occupent un emploi bénéficient des avantages du statut de salariée (sécurité sociale, cotisation chômage et retraite). Pour comparaison, cet indicateur est de 95,8 % en Norvège et de 92,4 % en France ;

La Turquie est l’un des pays d’Europe qui envoie le moins ses filles dans l’enseignement supérieur : seulement 49,9 % des Turques en âge de s’inscrire, sont inscrites dans l’enseignement supérieur contre 68,7 % dans l’Union européenne.

En 2016, 26 % des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans.

Mauvaise représentation des femmes en politique mais rien n’y oblige.

Education
Le ministère de l’Éducation nationale est responsable de l’éducation. Celle-ci est obligatoire et dure douze ans : quatre ans pour chaque cycle depuis l’école primaire, le collège, puis le secondaire. Moins de la moitié des Turcs de 25 à 34 ans ont terminé leur scolarité secondaire, comparativement à la moyenne de l’OCDE qui est de plus de 80 %. L’éducation de base en Turquie est considérée comme étant en retard par rapport aux autres pays de l’OCDE, avec des différences significatives entre les élèves de haut et de bas niveau. La Turquie est classée 32e sur 34 dans l’étude PISA de l’OCDE. 

Toutes les universités publiques et privées sont sous le contrôle du Conseil de l’enseignement supérieur (YÖK), dont le chef est nommé par le président de la Turquie. Depuis octobre 2016, le président nomme, en outre, directement tous les recteurs de toutes les universités publiques et privées. La Turquie est membre de l’Espace européen de l’enseignement supérieur et participe activement au processus de Bologne.

Depuis 2019, la théorie de l’évolution est bannie des programmes scolaires du secondaire (collège et lycée) pour n’être abordé que dans l’enseignement supérieur.

Sécurité

Les missions régaliennes de sécurité sont assurées en Turquie par la Gendarmerie turque et la Direction générale de la sécurité. Elles ont été placées sous la direction du ministère de l’intérieur depuis la tentative de coup d’État de 2016. Les forces de sécurité turques comptent plus de 400 000 hommes chargées de maintenir l’ordre sur le territoire national.

Aujourd’hui, la gendarmerie et la police turque sont massivement engagées avec l’armée dans les violents affrontements avec le PKK dans le Kurdistan. En parallèle, elles ont été chargées par le gouvernement de mener une importante épuration politique en Turquie depuis l’échec du coup d’État de juillet 2016.

En 2017, plus de 50 000 personnes ont été arrêtées par les services de sécurité et 200 000 autres démis de leur fonction.

Les violences par arme à feu ont augmenté de 60 % entre 2015 et 2018.

Culture
La Turquie a une culture très diverse qui est un mélange des éléments des cultures et traditions oghouzes, anatoliennes (arméniennes, grecques, kurdes, araméens, lazes…), ottomanes (qui elles-mêmes sont une continuation des cultures gréco-romaines et islamiques) et occidentales, qui a commencé avec l’occidentalisation de l’Empire ottoman et continue encore aujourd’hui. Ce mélange a commencé par la rencontre des Turcs et leur culture avec celles des peuples qui étaient sur le chemin de leur migration d’Asie centrale vers l’ouest. Avec la transformation progressive d’un Empire ottoman fondé sur la religion en un État-nation moderne, avec une séparation forte de l’État et de la religion, les méthodes d’expression artistique se sont développées. Pendant les premières années de la République, le gouvernement investit beaucoup de ressources dans les beaux-arts, les musées, les théâtres, les opéras et l’architecture. Les différents facteurs historiques jouent un rôle important dans la définition de l’identité turque contemporaine et la culture turque est le produit des efforts pour être « moderne » et occidental avec la nécessité éprouvée de maintenir des valeurs traditionnelles, religieuses et historiques.

Politique

La réputation électorale de la Turquie est assez bonne. Les scrutins en eux-mêmes ne donnent pas lieu à des fraudes massives. Cela n’exclut pas la persistance de pratiques clientélistes ou d’intimidation, voire de quelques manipulations électorales dans les provinces de l’Est. Des élections se tiennent régulièrement et des missions d’observation de plusieurs institutions internationales sont souvent présentes. Le parti au pouvoir dispose cependant de la quasi-totalité du temps de parole médiatique et met à contribution des moyens publics pour soutenir ses campagnes. Après la reprise da la guerre opposant l’État au PKK, le Parti démocratique des peuples (HDP, souvent désigné comme pro-kurde) a été ciblé par des attaques terroristes. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a estimé la campagne pour les élections législatives de 2015 « entachée par l’iniquité et, dans une mesure inquiétante, par la peur ».

Pour certains observateurs, la pertinence du clivage gauche/droite en Turquie est discutable, le paysage politique turc légal ayant toujours été dominé par des partis de droite. Un Parti communiste fut fondé en 1920 mais ses dirigeants sont presque aussitot liquidés et ses militants persécutés. L’interdiction du communisme fut inscrite dans le code pénal. En 1960, un coup d’État militaire permet l’adoption d’une Constitution plus libérale. Les premiers partis et syndicats socialistes légaux sont alors fondés. En 1980, un autre coup d’État entraîne une nouvelle éradication de la gauche légale, les exécutions et arrestations se comptent en dizaines de milliers. Des partis de la droite libérale ont ensuite monopolisé le pouvoir, s’alliant parfois aux droites nationaliste ou islamiste, jusqu’à l’irruption de l’AKP.

La notion « d’État profond » est courante dans le vocabulaire politique turc. Elle désigne une structure politique qui déciderait dans l’ombre : un État derrière l’État, voire le cœur de l’État lui-même. L’une des manifestations les plus connues de cet État profond est le scandale de Susurluk, qui expose les liens étroits entretenus à l’époque entre dirigeants politiques, police et mafia, sur fond de guerre contre le PKK et de contrôle du trafic de drogue. En 2007 se tient le procès du réseau Ergenekon, qui rassemblait des militants ultranationalistes, des officiers de l’armée et de la gendarmerie, des mafieux et des magistrats. Le réseau est accusé de meurtres de journalistes et de l’organisation d’escadrons de la mort anti-kurdes.

En matière de liberté de la presse, Reporters sans frontières classe la Turquie 151e sur 180 (2016).

Après le putsch
Dès lors, le mouvement gülensite est réprimé et une purge sans précédent affecte l’administration qui se vide de plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires.

Toute forme de critique du gouvernement, de défense des droits des minorités kurdes et le simple fait de soutenir la relance du processus de paix est passible de mise en examen pour apologie du terrorisme.

Relation internationale
La Turquie est membre fondateur de l’ONU.
La Turquie est membre de l’OTAN depuis 1952, avec la deuxième armée en effectifs de l’organisation après l’armée américaine.

Après les premières victoires de l’armée arménienne sur l’armée azérie lors de la guerre du Haut-Karabagh, le président turc Süleyman Demirel décrète en 1993 un embargo contre l’Arménie. La Turquie est solidaire avec les Azéris, un peuple turc, et a toujours maintenu des relations houleuses avec les Arméniens (notamment la diaspora arménienne) sur la question du génocide.

Depuis 2016, la Turquie connaît une détérioration de ses relations internationales des suites d’un changement de politique diplomatique mené par Erdogan. Cette dégradation est européenne illustré par les épisodes de la méditerranée en 2020 durant lequel une forte tension est né entre la Turquie et les pays européen du bassin méditerranéen (Grèce, France…). Elle est aussi plus mondiale comme avec ses voisins Africains dont l’Egypte.es

A contrario la Turquie se rapproche de la première puissance mondiale à en devenir, la Chine qui investit dans l’économie Turque au prix du silence sur les ouighours.

-> Adhésion d’Erdogan à la politique chinois e de répression Ouighours car :
« Les problèmes s’accumulent pour Erdogan. L’économie du pays a été frappée de plein fouet par la pandémie de Covid-19, qui a ravagé son secteur touristique, un de ses piliers. Alors qu’Erdogan resserre son contrôle sur la Banque centrale et les tribunaux, les réserves en devises étrangères s’amenuisent, le déficit commercial s’accroît et la livre turque est en chute libre. »

Auteur :
George Plancher
Géographe
Publié le 20 décembre 2020



Publié par magrenobloise

Webmagazine

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