Crous Grenoble Alpes : 26 millions pour réhabiliter les résidences universitaires

Retenu dans le cadre d’un appel à projets, le Crous Grenoble Alpes bénéficie du plan de relance déployé par l’État. Cette manne, bienvenue en pleine crise sanitaire, va permettre de soutenir plusieurs projets de réhabilitation et accélérer la transition écologique sur le parc de logements.

La résidence universitaire olympique de Grenoble (à gauche) comme le site d’Arsonval, en plein cœur de Grenoble, qui accueille les services centraux du Crous, une résidence de 52 logements mais aussi un resto U et une cafétéria, vont être réhabilités. Photos Le DL /Anais MARIOTTI

En France, 26 centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) existent et celui de Grenoble Alpes est l’un des plus importants avec ses quelque 95 000 étudiants recensés sur toute l’académie de Grenoble. Depuis quelques jours, il sait qu’il pourra compter sur une manne non négligeable – 26 millions d’euros – issue du plan de relance déployé par l’État qui devrait lui permettre de rénover l’intégralité de son parc de résidences étudiantes d’ici la rentrée 2024. Décryptage.

1/ Un appel à projets

En septembre, le Crous Grenoble Alpes, dont les ressources s’amenuisent en raison de la crise sanitaire (lire par ailleurs), a répondu à un appel à projets, mis en place dans le cadre du plan de relance déployé par l’État. Objectif : soutenir la rénovation thermique des bâtiments publics de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Au final, sur les neuf dossiers déposés par l’établissement public, sept ont été retenus pour une attribution totale de 26 millions d’euros. Une somme conséquente – la troisième après celle obtenue par les Crous de Bordeaux-Aquitaine et de Lorraine – qui va servir à la réhabilitation des résidences universitaires du territoire mais aussi à la restauration qui fait l’objet, depuis des années, d’une modernisation « significative », selon Bénédicte Corvaisier, directrice générale du Crous Grenoble Alpes.

2/ Le site d’Arsonval

Situé au cœur de Grenoble, à proximité des IUT 1 et 2 et de Grenoble INP, le site d’Arsonval – qui comprend 52 logements, un resto U et une cafétéria – va bénéficier d’un programme d’envergure : d’ici fin 2023, les services centraux qu’il abrite déménageront du côté de la future maison des services aux étudiants sur le campus et les trois étages de bureaux seront transformés en logements pour agrandir la capacité d’accueil de 57 nouvelles chambres. Le site sera entièrement réhabilité (menuiseries, étanchéité, isolation, toiture végétalisée) et le restaurant comme la cafétéria seront aussi rénovés avec des travaux de mise aux normes en termes d’accessibilité. Coût de l’opération : 14 millions.

3/ La résidence olympique

Héritages des Jeux olympiques d’hiver de 1968 à Grenoble, les bâtiments – labellisés “architecture contemporaine remarquable” – de la résidence de 285 logements étudiants ont fait l’objet de programmes de réhabilitation ces dernières années. Cette fois, c’est sur le bâtiment Allemand, situé avenue Edmond-Esmonin, comportant 58 logements, que les efforts seront faits. Avec mise en sécurité incendie, amélioration de la performance énergétique, rénovation des chambres, installation de sanitaires, isolation phonique, garage à vélo… La livraison est prévue pour septembre 2021. Coût de l’opération : 2 millions.

4/ Les résidences Ouest et Berlioz

À elles deux, elles totalisent 2000 logements. Les résidences Ouest et Berlioz, situées sur le campus de Saint-Martin-d’Hères, « particulièrement consommatrices et sources d’inconfort pour les étudiants », vont bénéficier de travaux de rénovation énergétique. Cela se traduira par la réfection des toitures, la reprise de l’isolation thermique par l’extérieur, la réfection de l’éclairage des parties communes et des logements par du LED… Une réduction des consommations d’énergie, estimée à 55 %, est attendue. Coût de l’opération : 10 millions.

Des actions dites “à gains rapides” sur les émetteurs de chauffage électrique sont également prévues sur des résidences, dont Hermite et Beethoven à Grenoble, pour un coût de 100 000 € au total.

Des chiffres

➤ Le Crous Grenoble Alpes, ce sont 95 000 étudiants répartis dans toute l’académie de Grenoble (y compris les sites de Valence, Annecy, Bourget-du-Lac, Chambéry, Jacob-Bellecombette) et quelque 55 000 étudiants et 6 000 personnels sur les seuls sites de Saint-Martin-d’Hères et Grenoble. ➤ Le Crous Grenoble Alpes, c’est aussi : 27 282 boursiers sur critères sociaux ; 38 résidences universitaires ; 7 827 logements étudiants ; 44 structures de restauration ; 2,5 millions de repas servis par an ; 55 projets étudiants financés et 556 agents au service de la vie étudiante.

L’Intermezzo, l’un des restaurants du campus. Photo Le DL /Marina BLANC

➤ « Nous avons perdu plus de 9 millions d’euros de recettes d’exploitation »

Bénédicte Corvaisier, directrice générale du Crous Grenoble Alpes, voit forcément d’un bon œil l’attribution de cette manne de 26 millions d’euros issue du plan de relance. « La situation de crise sanitaire a détérioré nos conditions économiques car nous dépendons à plus de 70 % de nos ressources propres », dit-elle.

Des ressources qui, depuis le premier confinement, avec la mise à l’arrêt des restaurants universitaires comme des départs précoces d’étudiants des résidences, ont donné un sérieux coup de frein aux programmes d’amélioration du parc de logements relevant du Crous. « Nous étions plutôt dans une bonne situation financière avant la crise sanitaire. Mais là, sur toute l’année 2020, nous accusons une perte de neuf millions de recettes d’exploitation sur l’académie et nous allons présenter un budget 2021 déficitaire de 700 000 €», confirme-t-elle encore.

Au plus fort de la crise, seules 40 % des résidences universitaires étaient occupées : « Nous avons eu beaucoup de départs temporaires et peu de départs définitifs. Ces dernières semaines, du fait du maintien des travaux pratiques (TP) en présentiel, les étudiants occupent davantage les résidences. Nous sentons qu’ils s’inscrivent dans une perspective de revenir en cours ». Une perspective qui, sur les campus comme ailleurs, reste soumise à l’évolution de l’épidémie.

Auteur :
Ganaële Melis
Le Dauphiné Libéré
Publié le 24 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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