La politique des logements sociaux

Marine Dubois, chômeuse, fait part de son expérience.

La politique des logements sociaux mise en place par les gouvernements précédents et relancée par le gouvernement actuel est réellement étonnante. En effet, le travail est devenu de plus en plus précaire. Les meilleures entreprises licencient, modifient le travail existant en le rendant presque robotique pour les hommes, ils voient leur travail, leur compétence se modifier, diminuer, afin d’être rentable pour les grands groupes. Ils ne travaillent plus pour des grandes recherches françaises dignes de ce nom, non ils travaillent pour des entreprises chinoises, étrangères sur des petits produits, des petites demandes, des projets qui n’en sont plus. Ils ne connaîtront ainsi jamais les tenants et les aboutissants des projets. Parfois ils sont poussés à bout par la rentabilité et quittent une boite pourtant renommée.

Tout se précarise.

Y compris le travail d’intérim. Pole Emploi fait appel à des sous-traitants pour sous-traiter son activité. Tout est numérisé, votre dossier est classé et le conseiller est parfois moins doté des outils de renseignement que vous ne l’êtes. Il compte surtout sur vous pour que vous trouviez du travail. Ce n’est pas un psy, ce n’est pas un médecin, c’est un agent. Il est comme le conseiller d’orientation du collège ou du lycée. Si vous êtes perdu, n’allez pas le voir car il pourrait vous indiquer un mauvais chemin, à vie. Parfois, malgré l’enthousiasme refusant l’accès à une formation car sur-diplômé. Au moins sur le papier mais que vaut le diplôme dans le réel ?

Le conseil réel, empathique, humain n’existe plus. Tout est mécanisé, robotisé. Il en va de même pour les aides de Pole Emploi ou de l’APEC. Ces agences mettent en place des groupes de travail au sein desquels les personnes se rencontrent à distance, COVID oblige. Le conseil est encore plus précarisé que jamais. Les participants se donnent entre eux des conseils, ils évaluent entre-eux leur CV. Sur 5 personnes, 2 seront évaluées car il n’y a qu’une heure de cette aide soi-disant sociale, bénéfique. Que cherche-t-on avec ces outils ? Recréer du lien ? Ne pas faire désespérer les gens ? Se dire qu’une fois sortie des circuits vous êtes sans-issue ? Désespérés, mis sur le bas côté de la route car vous ne valez plus rien, vous êtes un marginal ? Le réel est tellement désespérant que plus personne n’a envie de faire car l’action sera inutile sur le réel. Il faut quelque chose de plus grand, de plus fort, une âme.

Il reste les annonces des sites. Des annonces de 3 mètres de long, dont les compétences demandées sont ubuesques. Si une seule personne ne coche pas les cases, son profil est radié, éliminé, oublié en 1 clic. Parfois, avec chance, un mail, une personne vous répondra. Dans les cas les plus rares. Sinon, votre demande restera lettre morte.

Alors pour vous en sortir il reste le travail intérimaire. Lui-aussi, précarisé, car l’immense entreprise fait appel à une boîte d’intérim qui fait elle-même appel à une boîte d’intérim pour toujours moins payer de cotisations, de frais, de charges. On connaît la rengaine.

Et puis, vos compétences, votre enthousiasme, votre élan, mis en oeuvre dans ce travail est totalement différent de ce que vous aviez éventuellement envisagé, le concret français, la vie française est totalement différente ce que vous aviez pu imaginer, envisagé, désiré. Totalement différente. Vous partez sur une envie et vous terminez désespéré, désespéré de vous confronter à un réel déchiqueté par les politiques, un réel dépecé, dans lequel aucun rêve n’est possible. Il n’est que cauchemar qui vaille.

Un rêve dans lequel le rêve d’antan : posséder une maison, un bout de jardin, travailler, devenir propriétaire, s’accomplir, n’est plus possible. Il vous reste la précarisation, il faut admettre cette volonté non pas de s’accomplir par la réussite mais s’accomplir par des choses dégradantes. De se dire que le travail, les efforts ne payent pas, tout ce qui sort des clous est voué à l’échec. Contredire est interdit, penser autrement est interdit, s’émanciper est interdit, réussir est interdit.

Si votre CV n’indique pas un travail demandé, les compétences humaines, la volonté ne sont pas prises en compte, elle sont rayées, balayées, vous ne valez plus rien. Vous n’êtes qu’un chiffre de plus ou de moins. Vous ne serez pas cette coéquipière ou coéquipier qui propose d’aller chercher le café, qui apporte des gâteaux pour 10 heures. Vous ne serez pas celle-là, vous retournerez chez vous, sur vos annonces à voir si quelqu’un de pas trop psychorigide, voudra bien détourner l’attention de tout ce foutu bazar numérique et n’être qu’un humain.

A la dernière rencontre humaine Pole Emploi, les profils étaient étonnamment brillants : ingénieur, ingénieur agronome etc. Tous pourtant étaient là, à la fois perdus et présents.

Les politiques brandissent l’humanisme de la France mais cela fait longtemps que ceux qui la gouvernement l’ont tué. Ils ont tué la gauche, ils ont tué la droite, il ne reste au pouvoir que ceux à qui profite le crime, ils jouissent dans la pauvreté, ils soumettent dans la pauvreté, ils précarisent volontairement, consciemment, sans jamais renoncer et ils se lèchent les babines devant cet avenir peu reluisant.

Je crois que c’est Hobbes qui disait que l’homme est un loup pour l’homme. Je crois qu’il a raison.

Auteur :
Marine Dubois
Chômeuse
Publié le 24 décembre 2020

Publié par magrenobloise

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