Ancien ministre turc: «Il y a une ironie dans ces sanctions que les Américains doivent expliquer»

L’Union européenne et les États-Unis s’en prennent simultanément à la Turquie avec de nouvelles sanctions. Décryptage de l’ancien ministre des Affaires étrangères turc au micro de Désordre mondial avec Rachel Marsden. 

Face à la Turquie, l’Europe semble hésiter entre la carotte et le bâton. Depuis longtemps, la Turquie cherche à intégrer l’Union européenne. Et Bruxelles n’a été que trop heureux de jouer à ce jeu –par exemple, en sollicitant la Turquie pour retenir le tsunami de réfugiés cherchant à entrer en Europe, à la suite de diverses guerres et de tentatives de changement de régime déclenchées par les interventions occidentales au Moyen-Orient. Or, maintenant, l’Union européenne vient de gifler la Turquie avec des sanctions, exactement au moment où les États-Unis ont annoncé des mesures coercitives. Bien sûr, les sanctions européennes répondent à l’attitude d’Ankara envers la Grèce et Chypre, notamment sur l’exploration pétrolière, tandis que les sanctions américaines concernent l’achat par la Turquie du système de défense antiaérien russe S-400. Alors qu’Ankara est censé être un bon client –enfin, un membre– de l’Otan. Alors, quelles cartes la Turquie pourrait-elle jouer maintenant? Et quelles pourraient être les conséquences imprévues de ces sanctions pour les États-Unis et l’Europe?

Yasar Yakis, ancien ministre des Affaires étrangères de la Turquie, réagit aux actions des États-Unis:

«Il y a une ironie dans cette affaire que les Américains doivent expliquer. Il s’agit d’imposer une sanction à un pays au sein de l’OTAN. La Turquie ne peut pas être considérée techniquement comme un adversaire puisqu’elle est une alliée.»

Mais est-ce que l’impact risque d’être grave pour la Turquie? Yakis répond:

«Ces sanctions ne peuvent pas faire beaucoup de mal à la Turquie et c’est bien que cette loi soit approuvée pendant que Trump est à la Maison-Blanche sans attendre Biden.»

Quant aux sanctions européennes, Yakis explique que c’était «intelligent» de la part de la chancelière allemande Angela Merkel de proposer de remettre le débat au printemps lorsqu’une réunion de l’OTAN est prévue:

«À l’OTAN, la Turquie est un pays important. Au sein de cette alliance, la Turquie a la plus grande armée après les États-Unis. C’est au sein de cette organisation que la Turquie peut demander des explications.»

Auteur :
Rachel Marsden
Sputnik News
Publié le 25 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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