IHU – BILAN 2020


Y. : Professeur Didier Raoult, le dernier bulletin hebdomadaire de l’année 2020, pouvez-vous faire le bilan de la maladie COVID-19 et sa fréquence ?

D.R. : Oui, d’ailleurs, j’en profite pour vous dire que je vais rassembler 100% de tout ce que j’ai dit, de manière à ce que les gens puissent le retrouver sans se laisser intoxiquer par des phrases ou des choses que j’aurais dit prétendument ou comme certains à la télévisions ont l’habitude de faire en coupant les phrases au milieu pour me faire dire l’inverse de ce que je dis. Donc tout le monde pourra trouver textuellement ce que j’ai dit et écrit qui sont nos carnets de guerre de l’année 2020.

Ce que l’on peut voir c’est que, et que l’on voit bien sur cette courbe c’est que, l’évolution de cette épidémie était imprévisible. Qu’elle l’est toujours, que tous les devins se sont trompés, que les faux prophètes ont a l’habitude qu’ils se trompent et vous voyez on ne connaissez pas de formes d’épidémies comme cela et cette forme d’épidémie n’est pas la forme d’épidémie typique de ce virus puisqu’on ne va pas la retrouver dans un endroit, il y a plusieurs formes d’épidémie, la Chine a une forme d’épidémie comme cela, qui s’arrête là. Il y en a d’autres qui sont à deux bosses, il y en a d’autres qui sont en plateau.

Donc ceci traduit plusieurs choses, parmi les choses qu’elle traduit et qui sera surement un des problèmes majeurs de 2021, ce sont les réservoirs à animaux. On a découvert que les réservoirs à visons étaient un réservoir animal absolument considérable et qu’il y a plusieurs souches, plusieurs variants, il faut bien appeler cela des variants, des mutants, comme vous le voulez, mais enfin ce sont des virus différents car les virus ARN mutent très très souvent et quand il y a une accélération de l’épidémie, en particulier quand il y a des animaux qui vivent dans des endroits très denses et bien ce phénomène s’accélère et il sort de nouvelles souches qui ont un nouveau pouvoir ce qui pose des problèmes sur l’émergence de nouvelles souches. Nous on a vu pendant ce deuxième acte apparaître de nouvelles souches. Ce n’est pas les mêmes souches qui avaient-là et qui avaient-là. Ce n’est pas un rebond de cette maladie, ce sont d’autres variants parmi lesquels on est en train d’identifier cela chez nous, mais on sait par ailleurs, en particulier dans le nord de l’Europe que les cas qui se sont développés chez les visons sont transmissibles chez l’homme, donnent des maladies chez l’homme et que les infections contractées pendant cette période-là, ne protègent pas contre celle de cette période-là. Ce qui va rendre les choses un peu compliquées y compris sur le vaccin.

Mais pour l’instant, dans cet épisode-là, la fin de l’année, ici au moins on est sur une diminution qui est cohérente entre le nombre de gens que l’on diagnostic, le nombre de gens que l’on hospitalise et la détection par les pompiers dans les eaux usées. Tout cela pour l’instant est cohérent, ce qui se passera ensuite et bien est une autre histoire, on ne le sait pas encore. Ce que les pompiers ont retrouvé c’est qu’on sait que la maladie se transmet essentiellement par les mains. Et ce qu’ils ont retrouvé de plus contaminé ce n’est pas les restaurants quand ils étaient ouverts, je ne suis pas sûr qu’ils jouent un rôle important, la grande étude faite actuellement et qui est la meilleure de toute, montre que c’est à la maison, qu’on attrape le plus de cas. Ou quand il y a quelqu’un a la maison qui est infecté et bien il y a beaucoup plus de chances et bien entendu c’est le conjoint qui a le plus de chance de tous, pas les enfants. Parce que les enfants sont moins sensibles à cette maladie et que donc si il y a plutôt une réflexion à avoir : est-ce qu’il est bien licite de renvoyer quelqu’un qui est positif, dans sa famille à la maison car là on sait que le taux de contamination est très important.

Dans notre environnement, ce qui a été trouvé le plus souvent positif c’est les barres de caddies dans les supermarchés, ce sont les poignets dans les transports en commun et les boutons d’arrêt dans les transports en commun mais pas du tout les tables de restaurant quand les restaurants ont la chance d’être ouverts parce que les gens nettoient tout simplement, ils passent une éponge ou ils nettoient. Avec de l’alcool cela est facile à décontaminer, tandis que vous avez des centaine de gens qui passent dans le métro, dans le bus, la manière de l’arrêter là devient compliquée sauf à demander aux gens de porter des gants quand ils vont prendre le métro, quand ils vont prendre un bus de manière à éviter de s’infecter, et de se mettre de l’alcool sur les gants avant de les enlever ce que je pense être la meilleure solution.

Donc nous verrons ce n’est pas prévisible. Le deuxième bilan que l’on fait c’est que nous on est un centre probablement unique au monde, on a ici testé plus de 350 000 personnes, on a eu près de 20 000 personnes qui étaient positives, qui ont été prises en charge ici ou à côté à l’IHU. Il y en a 16 000 qui ont été pris en charge ici directement dont un peu plus de 2000 hospitalisés et le reste en hôpital de jour. Sur l’hôpital de jour, les patients qui été vus étaient des patients qui étaient vus de manière très précoce qui nous donnent une idée de ce que devrait être la mortalité si on s’occupe précocement des gens et qu’on les traite.

Dans ces conditions la mortalité se situe entre 0.5 et 1 pour 1000 ce qui est très très bas, ce qui est plus bas que même ce qui avait été rapporté par ceux qui avaient les taux les plus bas c’est-à-dire en Islande. Et sur les personnes qui sont mortes, plus de 80% avaient une espérance de vie inférieure à un an parmi ceux qui se sont présentés donc cette stratégie qui constitue la détection des gens précoces, avec des signes très faibles, avec des gens contacts et leur prise en charge, amène à faire que la mortalité de cette maladie est extraordinairement faible pour les gens qui n’ont pas déjà des facteurs de risques extrêmement importants de mourir dans l’année ou que je continue à penser qu’il n’y a pas lieu de dramatiser sauf à ne pas s’occuper correctement des gens avec ce que l’on a l’habitude de faire ici et ce que je crois qu’il faudra faire. Je suis ravi qu’il y ait une recommandation de l’assemblée nationale de construire d’autres IHU et j’espère que l’exemple de toutes ces choses que nous sommes en train d’écrire, nous sommes en train de décrire pourra servir aux autres pour avoir une prise en charge qui évite d’une part la dramatisation, qui n’est jamais bonne conseillère et d’autres part pour éviter qu’il y ait trop de cas. Nous avons fait de ce point de vue-là notre travail puisque notre équipe a déjà, on peut déjà retrouver sur les banques de données 41 publications, d’ores et déjà de notre équipe. Il y en a encore beaucoup qui sont à paraître et notre équipe, parmi les papiers situés dans les plus cités de l’année 2020 sur ce sujet-là est la première équipe non chinoise au monde. On est devant les américains, on est ex-aequo avec une équipe allemande, et tous les autres sont derrière. Donc c’est assez intéressant, vous voyez que j’ai reçu trois fois des plaintes au Conseil de l’Ordre en me disant que je n’appliquais pas les données actuelles de la science par des gens qui n’avaient pas un seul papier dans ce domaine-là et qui m’explique à moi qui ai le plus de papier, dans ce domaine-là que c’est moi qui ne connaît pas la science ce qui est un tour de force assez élégant.

Y. : Concernant le traitement, quels sont les éléments qu’on a à notre disposition maintenant ?

D.R. : Dans le traitement vous savez les choses s’accumulent, les gens voudraient bien avoir raison contre un truc, alors pendant des mois les gens ont dit écoutez le redemsivir va sauver tout le monde. Le redemsivir ne sauf personne, il n’y a pas une étude qui montre proprement que le redemsivir augmente l’espérance de vie mais cela a entraîné un espèce de déchaînement contre l’hydroxychloroquine qui laisse rêveur et qui nous a amené à réfléchir. Il y a maintenant 179 études qui ont été publiées ou qui sont sur le point d’être publiées, qui testent l’hydroxychloroquine, qui comparent l’hydroxychloroquine et donc Matthieu Million a fait chez moi un extraordinaire travail pour savoir pourquoi il y avait des gens qui étaient pour et pourquoi il y avait des gens qui étaient contre.

On avait fait un papier là-dessus. Mais par exemple, ce ci est beaucoup guidé par les conflits d’intérêts avec Giléad.

Si vous avez une étude qui est payée par Giléad ou qui comportent majoritairement des auteurs qui ont des conflits d’intérêts avec Giléad et bien dans 73% des cas, vous dites que l’hydroxychloroquine ne marche pas (9.47 minutes).

Et dans 100% des cas vous dites que le remdisivir marche. Si vous n’avez pas de conflits d’intérêts avec Giléad dans 83% des cas vous dites que l’hydroxychloroquine marche et dans le seul cas publié randomisé, vous dites que le remdisivir ne marche pas.

Donc vous pouvez prédire avec le fait qu’il y a ou qu’il n’y a pas de conflits d’intérêts, quel est le résultat de l’étude. Ce n’est même pas la peine de la faire.

Et je crois que c’est la première fois que l’on démontre cela sur toutes les publications qui sont faites en regardant les critères ce qui il y a ce qu’il n’y a pas.

Parfois ces conflits d’intérêts sont un peu cachés mais on les retrouve car il y a des banques de données pour cela donc il y aura une vraie réflexion à mener à la suite de cette histoire qui a amené quand même des journaux qui étaient considérés comme les plus fiables du monde comme le New England ou le Lancet a publier des faux grossiers et à les rétracter. Ce n’est pas une question d’opinion, eux-mêmes les ont, vous vous rendez-compte, dans le mois qui a suivi. Ce n’est pas des choses qu’il était difficile de découvrir. Il suffisait de les lire avec un peu d’objectivité pour voir que ces papiers étaient des faux grossiers.

Donc comment on en est arrivé à ce degré de tensions ? A cette influence si massive sur le résultat des travaux c’est quelque chose qui est extrêmement intéressant, qui fera l’objet de travaux à venir considérable. C’est extrêmement important de comprendre ce qu’il s’est passé.

Donc en pratique, nous on est assez content de voir, que l’outil qu’on avait mis en place a pu permettre de faire face ici, à une épidémie considérable. On est content d’avoir une espèce de consistance dans ce que nous avons dit, vous verrez bien si on a passé notre vie à se contredire ou non parce qu’à la fois tout cela sera parfaitement écrit. Et à cette occasion, bien entendu on a laissé les autres s’exprimer comme ils le souhaitaient sur les plateaux de télévision ou dans les journaux, on a continué à travailler. On a travaillé, beaucoup, on a publié, beaucoup, on est les premiers hors Chine a avoir des papiers qui soient lisibles et on continue notre travail tous les jours. Tous les jours il y a de nouvelles publications sur l’hydroxychloroquine, il y a un site pour cela que je vous mets en ligne : tous les jours, tous les jours, tous les jours. Et donc quand vous en êtes à 180 publications et que vous voyez que toutes celles qui ne sont pas associées avec des financements institutionnels incluant des investigateurs qui ont des conflits d’intérêts vous arrivez à un même résultat, au bout d’un moment, vous savez, le doute est difficilement permis.

Y. : Est-ce que les attaques au Conseil de l’Ordre vous concernant vous empêcheront de passer de bonnes fêtes ?

D.R. : (Rire) Pas du tout, essentiellement, si vous voulez, je pense que le Conseil de l’Ordre va devoir faire un peu de bibliographie voyez-vous parce que ce que me reproche le Conseil depuis le début c’est de m’exprimer et d’exprimer un point de vue différent de celui du Ministère de la Santé mais vous savez c’est une question qui a déjà était posée. on vit dans un Etat de droit, ces organisations parallèles à l’Etat ou à la justice ne temps en temps on s’imagine des pouvoirs qu’ils n’ont pas, qui peuvent être attaqués, poursuivis en justice, bien sûr je ne m’en priverai pas, la liberté de parole, a fait l’objet de nombreux débats depuis le Moyen-Age et une décision du Conseil Constitutionnel du 20 janvier 1984, et il est extrêmement clair, que les chercheurs ont non seulement le droit mais le devoir d’exprimer auprès du public, le résultat de leurs connaissances et de leurs recherches. C’est même la raison pour laquelle ils sont payés. Moi je suis un fonctionnaire qui est payé pour faire de la recherche, pour faire de l’enseignement, je fais de la recherche et je fais de l’enseignement et le Conseil de l’Ordre ne pourra pas m’empêcher de divulguer les résultats de ma recherche qui est encore une fois la plus aboutie de tout ce pays.

Et donc quand il y a des confrères qui disent que je suis un charlatan ou que je ne tiens pas compte des données de la recherche c’est quelque chose qui aurai dû être jeté à la poubelle directement. Ce n’est pas acceptable, il suffit de prendre n’importe quelle banque de données pour voir que nous sommes l’équipe les plus publiant d’Europe dans ce domaine-là et que donc nous dire qu’on n’est pas compétent dans ce domaine-là c’est risible. Et donc on verra bien, mais c’est risible.

Auteur :
Nicole Pras
Publié le 25 décembre 2020

Publié par magrenobloise

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