Humanité et Politique – Jean Jaurès, parti 1

Jean Jaurès est né le 3 septembre 1859 à Castres (Tarn) et mort assassiné le 31 juillet 1914 à Paris, est un homme politique français.

Issu d’une famille de la bourgeoisie, il étudie à l’École normale supérieure (ENS) et obtient une agrégation de philosophie.

Il commence une carrière politique comme républicain. En 1885, devenu le plus jeune député de France, il prend le parti des ouvriers et propose un projet de retraites ouvrières en guise de premier pas vers le socialisme. Il soutient la grande grève des mineurs de Carmaux, s’oppose aux « lois scélérates » et dénonce la collusion d’intérêts économiques avec la politique et la presse. Il prend la défense du capitaine Dreyfus, puis fonde et dirige le quotidien L’Humanité.

En 1905, il est un des rédacteurs de la loi de séparation des Églises et de l’État. La même année, il participe à la création de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), dont il est l’un des acteurs principaux, unifiant ainsi le mouvement socialiste français. Ses positions réformistes lui valent toutefois l’opposition d’une partie de la gauche révolutionnaire.

Il consacre les dernières années de sa vie à tenter d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale, se liant aux autres partis de l’Internationale ouvrière et faisant planer la menace de grève générale au niveau européen. Ces positions pacifistes lui valent d’être assassiné par le nationaliste Raoul Villain à la veille du conflit. Cet événement contribue paradoxalement à entraîner le ralliement de la gauche à l’Union sacrée.

En 1924, sa dépouille est transférée au Panthéon.

Biographie
1859-1885 : jeunesse et formation

Jean Jaurès, de son nom complet Auguste Marie Joseph Jean Léon Jaurès, naît à Castres le 3 septembre 1859, 5 rue Réclusane, dans la maison de la famille maternelle des Barbaza. Il appartient à une famille paternelle qui a évolué de la paysannerie vers la bourgeoisie provinciale du Tarn : sénateurs, avocats, médecins. Le jeune Jaurès est notamment marqué par la brillante carrière de son cousin Benjamin Jaurès, amiral et ministre de la Marine en 1889.

Son père, Jules Jaurès (1819-1882), est un négociant qui possède une petite exploitation agricole de 6 ha (ferme du domaine de La Fédial près de Castres), dans laquelle son fils passe son enfance et son adolescence jusqu’à l’âge de 17 ans. La famille connaît ponctuellement des difficultés financières. Sa mère, Adélaïde Barbaza (1822-1906), issue d’une famille d’industriels du textile, s’occupe de l’éducation des deux enfants du couple : Jean, l’aîné, et Louis (1860-1937), qui devint amiral et député républicain-socialiste.Jaurès en 1878, à l’École normale supérieure.

Brillant élève au collège de Castres, il y est remarqué par un inspecteur général, Félix Deltour, qui convainc ses parents de lui faire poursuive ses études dans les écoles de l’« élitisme républicain », alors qu’ils le destinaient à l’administration des postes. Il est lauréat du concours général en latin. L’inspecteur lui obtient une bourse qui lui permet de préparer à Paris l’École normale supérieure, au collège Sainte-Barbe puis au lycée Louis-le-Grand. Pur produit de la méritocratie républicaine, il est reçu en 1878 premier à l’École normale supérieure en philosophie, devant Henri Bergson. En 1881, il termine troisième à l’agrégation de philosophie, derrière Paul Lesbazeilles et Henri Bergson et devant Gustave Belot.

Devenu professeur, Jaurès enseigne tout d’abord au lycée Lapérouse d’Albi, puis rejoint Toulouse en 1882 pour exercer comme maître de conférences à la faculté des lettres. Il donne également un cours de psychologie au lycée de jeunes filles de cette même ville.

Il se marie le 29 juin 1886 avec Louise Bois (1867-1931), rencontrée au château de Loirac, fille d’un marchand de fromages en gros d’Albi, avec qui il a deux enfants :

  • Madeleine Jaurès, née le 19 septembre 1889, décédée en 1951, mère de Jean-Jacques Delaporte (1910-1931) ;
  • Louis Paul Jaurès, né le 27 août 1898 à Nontron (Dordogne). Engagé volontaire en 1915 à 17 ans, au 7e régiment de dragons, il passe aspirant au 10e bataillon de chasseurs à pied. Il est tué le 3 juin 1918 à Pernant (Aisne), village où l’armée allemande est arrêtée lors de la seconde bataille de la Marne, et déclaré « mort pour la France ». Une stèle, surmontée du buste de son père, est inaugurée à quelques kilomètres du lieu de sa mort, à Chaudun, le 15 novembre 1936, en présence de Léon Blum, qui prononce un discours. Il figure au Tableau d’honneur de la Grande Guerre, sous le prénom Paul.

Dans le contrat de mariage, la famille Bois offre au jeune couple le domaine de Bessoulet près de Villefranche-d’Albigeois où il s’installe rapidement.

Détail du Monument à Jean Jaurès à Castres.

1885-1898 : la progressive adhésion au socialisme
Entrée en politique comme républicain (1885-1889)

Jean Jaurès entre en politique à 26 ans comme candidat républicain dans le Tarn aux élections législatives du 18 octobre 1885. Il est élu et siège à la Chambre des députés parmi les républicains « opportunistes » et soutient le plus souvent Jules Ferry. La législature est marquée par les succès du général Boulanger, auquel s’oppose Jaurès. En 1889, il n’est pas réélu.

Découverte du socialisme

Privé de son mandat de député, Jaurès reprend son enseignement à la faculté de Toulouse. Il est reçu docteur ès lettres en 1892. Sa thèse principale a pour titre De la réalité du monde sensible, sa thèse secondaire (en latin, selon l’usage de l’époque) De primis socialismi germanici lineamentis apud Lutherum, Kant, Fichte et Hegel.

Il continue également son activité politique. À partir de 1887, il collabore au quotidien de tendance radicale La Dépêche de Toulouse (la future Dépêche du Midi). Jaurès y rédige, le 15 janvier 1888, un article sur l’importance de l’école pour le futur citoyen : « Lettre aux instituteurs et institutrices ». Il devient conseiller municipal sur les listes radicales-socialistes, puis maire adjoint à l’instruction publique de Toulouse (1890-1893). Ses travaux intellectuels, son expérience d’élu local, sa découverte des milieux ouvriers et des militants socialistes l’orientent vers le socialisme. Cette évolution s’achève avec la grève des mineurs de Carmaux.

Auteur :
Nicole Pras
Publié le 27 décembre 2020

Publié par magrenobloise

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