Humanité et Politique – Jean Jaurès, partie 5

Révolte des vignerons de 1907

Jean Jaurès en 1911.

Lors des événements de 1907, Jaurès, sensible aux arguments de ses compatriotes du Midi, prend fait et cause pour les viticulteurs. Cela conduira à des affrontements oratoires assez violents avec Clemenceau, alors président du Conseil, et que Jaurès traitera de « chéquard » après l’affaire de Panama. L’aura de Jaurès est telle auprès des « gueux du Midi » que Clemenceau concevra une crainte politique exacerbée, ce qui conduira aux fusillades de Narbonne, Clemenceau ne voulant pas que la situation lui échappe.

L’antagonisme entre les deux hommes sera tel que Jaurès se détournera définitivement de la franc-maçonnerie, accusée selon lui de faire le jeu des fraudeurs et de Clemenceau ; or Jaurès était proche des idées maçonniques, sans toutefois être initié.

Les joutes verbales de 1907, restées célèbres dans le monde politique, sont reprises en 1961 dans le film d’Henri Verneuil Le Président, avec Jean Gabin.

Pacifisme

Discours de Jaurès au Pré-Saint-Gervais (25 mai 1913).

Jaurès lutte contre la venue de la guerre les dix dernières années de sa vie. Il est très préoccupé et inquiet face à la montée du nationalisme et aux rivalités entre les grandes puissances (surtout pendant les guerres balkaniques en 1912-1913). En 1910, il rédige une proposition de loi consacrée à l’armée nouvelle, dans laquelle il préconise une organisation de la Défense nationale fondée sur la préparation militaire de l’ensemble de la nation. Il s’inspire alors du livre de 1905 L’Armée nouvelle, ce qu’elle pense, ce qu’elle veut du capitaine Mordacq, qui deviendra un des principaux collaborateurs de Georges Clemenceau à la fin de la Grande Guerre. Jaurès est un cas singulier : pacifiste, mais passionné par la défense, par la stratégie militaire, et qui inspirera, au titre de la « nation armée », le Vietnamien Ho Chi Minh. Ainsi, dans le livre à l’origine de sa proposition de loi, il préconise la constitution d’une armée défensive, de milices, entraînée dans le monde civil, liée à la nation, le contraire de l’« armée de caserne ». Ses adversaires lui objectent qu’une armée de milices, ne pouvant assurer une discipline et un entraînement comparables à l’armée classique, se débanderait rapidement face à la machine de guerre allemande, la plus puissante du monde à l’époque. Ainsi, l’armée d’active jouera un rôle décisif à la bataille de la Marne, les divisions de réserve nécessitant de longues semaines pour s’aguerrir.

Jaurès mène une vigoureuse campagne contre la loi des Trois ans, défendue ardemment par le député Émile Driant. La loi est votée en 1913, malgré le rassemblement du Pré-Saint-Gervais le 25 mai 1913, où Jaurès fait un discours devant 150 000 personnes.

L’année 1914 semble relancer les espoirs de paix : la guerre dans les Balkans est finie, les élections en France sont un succès pour les socialistes. Mais l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914 et l’ultimatum autrichien à la Serbie du 23 juillet 1914 relancent les tensions entre les grandes puissances.

Jaurès tente d’infléchir, dans un sens favorable à la paix, la politique gouvernementale. Il rappelle le mot d’ordre de grève générale décidé par l’Internationale ouvrière en cas de déclenchement de la guerre.

Voir aussi :
Lois des Trois ans
Crise de Tanger

Auteur :
Nicole Pras
Publié le 27 décembre 2020


Publié par magrenobloise

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