Le Parti communiste français fête ses 100 ans

A l’occasion des 100 ans du Congrès de Tours qui a vu la naissance du Parti Communiste français, le sociologue Julian Mischi signe « Le parti des communistes » (Ed. Hors-d’atteinte). Régis de Castelnau a souhaité revenir sur l’histoire de ce parti qui a profondément marqué l’histoire politique française.

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Verbatim :

Régis de Castelnau : 100 ans du Congrès de Tours, il y a eu une période des centenaires, il y a eu celle de la guerre de 14-18 qui m’a pas mal touché et puis il y a le centenaire du Congrès de Tours et la création du Parti communiste Français auquel j’ai appartenu et j’en dirais un petit mot et donc je crois qu’on va le commémorer et un sociologue qui a beaucoup travaillé sur ces questions, Julian Mischi a publié un livre que j’ai lu qui s’appelle le Parti des Communistes. Et donc c’est l’histoire justement de ces adhérents de ces militants, de ces gens qui ont fait cette confiance au Parti Communiste qui ont partagé, le communisme a été une grande passion du 20ème siècle pour le meilleur et pour le pire, cela est clair et donc il a voulu étudier ce que ça avait été pour ces gens-là ce qu’ils avaient été, comment ils l’avaient vécu et surtout donner des explications sur la vie, d’abord l’existence et ensuite la vie de cette organisation qui a profondément marqué la politique française.

Je pense bien connaître tout cela, toute cette histoire, pas seulement du Parti Communiste mais du Parti Communiste aussi et bien j’ai finalement appris pas mal de choses.

D’abord, on va commémorer la création de ce fameux Congrès de Tours, l’adhésion à la Troisième Internationale, l’Internationale communiste, qui vient d’être créée à Moscou après la victoire des Bolcheviques, la prise du pouvoir en 1917 et je veux dire le maintien au pouvoir : la guerre civile n’est pas finie elle va se terminer en 1921 mais ils sont suffisamment solides pour rester et donc Lénine veut qu’on crée une internationale qui va succéder aux deux précédentes : première et deuxième et l’internationale socialiste à laquelle appartenaient le parti Français de la SFIO et donc il y a toute une série de conditions qui sont mises pour cette adhésion, assez strictes et disons que ceux qui adhèrent adoptent le modèle du Parti Bolchevique donc j’ai pensé que ceux qui avaient voulu cette adhésion c’était pour faire un parti bolchevique à la française et bien pas du tout.

Et cela est assez extraordinaire c’est qu’en fait, si on suit le fil on voit à quel point et cela est spécifique à la France puisque le parti communiste français était la fille aînée de l’Eglise moscoutaire incontestablement, comme la fille de France était la fille aînée de l’Eglise romaine mais en même temps avec des spécificités, avec une identité extrêmement forte et un lien tout à fait particulier avec cette nation-là.

Alors pourquoi est-ce que le 25 décembre 2020, le Congrès de la SFIO vote à plus de 60% des mandats pour l’adhésion à l’Internationale Communiste qui dès le départ, compte-tenu de ce qu’était la SFIO à l’époque, c’était un parti d’élus avec un groupe parlementaire puissant, qui était un parti organisé sur l’ensemble du territoire national, pourquoi est-ce que cette organisation vote massivement l’adhésion ce qui est un acte très important à l’Internationale communiste et décide de prendre cette voie ?

Essentiellement, et cela Mischi l’explique très bien, essentiellement en rupture avec la politique d’union sacrée de la SFIO. C’est-à-dire que, et d’ailleurs, l’assassinat de Jaurès, fin juillet, permet de laisser totalement ouverte une question : qu’aurait fait Jaurès après les déclarations de guerres ? Est-ce qu’il aurait rejoint l’union sacrée ? On ne sait pas.

Toujours est-il qu’au sein de la SFIO? Compte-tenu de la violence qu’a été cette guerre, compte-tenu du traumatisme considérable qui existe encore on l’a vu avec le centenaire fortement, il y avait la volonté de rompre par pacifisme mais pas seulement, de rompre avec ce qu’avait été la SFIO, par ce qui était considéré par une masse d’adhérents comme une trahison. Peut-être pas dans un premier temps mais au fur et à mesure et cela on le sait moins pendant toute la première guerre mondiale il y a eut des mouvements dans les partis socialistes d’Europe, des mouvements pour la paix, etc. C’est d’ailleurs sur cette base que les bolcheviques gagnent, c’est parce qu’ils promettent la paix et le pain. La paix et la terre aussi je crois, réforme agraire.

Donc cette aspiration à la paix fait que la vieille SFIO qui était puissante grâce à ses intellectuelles, grâce à ses élus qui étaient un parti de notables, qui était devenu en quelque sorte un parti de notables, cela a provoqué une coupure avec la masse des adhérents et avec les racines aussi de ces différents aspects du mouvement ouvrier français il y a différentes facettes : il y a un syndicalisme 1905 avec la charte d’Amiens, très indépendantiste du syndicat par rapport au parti, un peu anarcho-syndicaliste.

Il y a d’autres courants : le blanquisme etc.

Et donc tous ces courants-là qui ne sont pas tellement bolchevique et pas tellement communiste au départ veulent rompre avec la SFIO et par conséquent la deuxième internationale et décident d’adhérer à la Troisième et c’est donc la raison de cette adhésion aussi massive qui ne se produira pas en Italie. En Italie le parti socialiste italien refuse l’adhésion. En France c’est la force du mouvement ouvrier son ancienneté et le fait qu’il a globalement mal supporté l’union sacrée. Le traumatisme de la guerre donc on décide de s’en aller.

Alors que se passe-t-il ? Et bien on adhère et à ce moment-là on tâtonne car naturellement la Troisième internationale décide que les partis locaux qui ont adhéré seront des excroissances du parti bolchevique. Il faut être clair, eux ont le pouvoir.

Donc leurs principes, leurs modes de fonctionnements, leur discipline ils veulent l’appliquer et cela ne se passe pas pas si bien que cela.

Ils veulent en particulier, une ouvriérisation du parti, je parle des dirigeants de l’I.C. et cela n’est pas si facile et donc dans les dix premières années, celles qu’on appelle les années de la Bolchevisation, sur la base de la fameuse stratégie classe contre classe on va tâtonner, il y aura un turn-over des dirigeants impressionnants : tout ceux qui sont à l’origine de l’adhésion vont partir. Ils vont partir, les uns vont devenir trotskiste, les autres retourner au PS etc mais si on regarde l’évolution des organes de direction entre 1920 et 1930 cela n’arrête pas de bouger.

Dans le même temps il y a une ouvriérisation, c’est-à-dire qu’on fait monter des cadres communistes, des jeunes qui sont repérés, qu’on envoie à l’école, qu’on éduque, il y a des écoles du parti qui permettent cela et on fait monter une génération de dirigeants ouvriers qui arrivent aux manettes au début des années 30.

Ce qui est assez impressionnant c’est qu’à ce moment-là, le turn-over s’arrête. C’est-à-ire que dès lors que ces gens qui ont été, c’est ce que fait Staline car 1920-1930 c’est aussi la première stalinisation, c’est-à-dire que tous ces gens-là, n’ont rien à refuser à l’internationale communiste. Donc ils sont communistes staliniens eux, et ils vont rester jusque quasiment aux années 70 pour certains. J’ai eu l’occasion d’en rencontrer des gens qui étaient déjà là en 1930 ce qui est quand même assez extraordinaire.

Et donc la structure est stabilisée, elle est bolchevisée c’est-à-dire que le parti est dirigé prioritairement par des ouvriers, le parti est très ouvriériste comme ils disaient. Les intellectuels on s’en méfie etc.

Et c’est pourtant ce parti-là et Julian Mischi le démontre, qui va prendre un rivage de 1934, quand Staline face à la montée d’Hitler et à l’échec de la stratégie classe contre classe en Allemagne et la disparition du parti communiste après l’arrivée des nazis, décide de créer une sorte de front anti-fasciste.

Il demande aux partis communistes affiliés de bien vouloir adopter cette ligne. Et le parti français va le faire à sa façon c’est-à-dire qu’il va devenir le parti du peuple entier c’est-à-dire union du peuple de France et le parti du peuple entier c’est-à-dire qu’il va devenir unitaire prôner les alliances avec les socialistes alors qu’auparavant ils étaient bon à jeter aux chiens jusqu’au moment du Front Populaire : drapeau bleu-blanc-rouge, mains tendues aux chrétiens et qui va poter cette ligne ? Ce sont les dirigeants ouvriers staliniens qui ont été mis en place à la fin des années 20.

Cela est assez étonnant et cette particularité, cette ligne patriotique, très profondément patriotique, cette ligne nationale, le fait de ce rapport particulier avec la révolution de 89, cette dimension culturelle va être portée jusqu’à la fin. La fin je la situe dans les années 80 quand le parti finit de s’effondrer. Et de façon assez paradoxale, le parti communiste français va être à la fois très stalinien, dans ces modes de fonctionnement et dans sa fidélité à Moscou, dans sa fidélité à Rome. Et en même temps il va être gallican c’est-à-dire qu’il va être très spécifiquement français et je dois dire que moi, ma propre expérience, elle reposait aussi sur cette conviction que j’avais dans la pratique que c’était d’abord l’outil de l’intégration de la classe ouvrière à la nation, incontestablement il y avait cette volonté, il y avait un patriotisme fort qui est antérieur à la deuxième guerre mondiale. Il y a la résistance, alors bien évidemment, la Rose et le Réséda d’Aragon mais c’était quelque chose de très très fort. Je voyais par exemple les jeunes ouvriers qui étaient repérés par le Parti et hop qu’on allait chercher et qui devaient permanents on commençait par les envoyer dans les écoles. Alors il y avait les écoles de section, il y avait les écoles départementales et puis il y avait l’école centrale.

J’ai souvent discuté avec des gens qui étaient membres, qui avaient été à l’école centrale,c ‘était 4 mois, c’était 6 mois, je veux dire, la première chose qu’on leur demandait c’était de connaître l’histoire de France, et la littérature française. Il y avait l’obligation de lire les classiques du 19ème. Alors il y avait ceux pour qui c’était une révélation.

Vous prenez un type comme Jacques Duclos par exemple qui était ouvrier pâtissier. Il s’est pris d’une passion totale pour la littérature. Par exemple, c’était une particularité et donc il y avait cette dimension qui n’était pas incompatible ni contradictoire avec l’attachement à l’union soviétique mais c’était d’abord un parti, moi je l’ai senti, profondément français.

Et on le voit d’ailleurs dans les prises de positions vis-à-vis de l’Europe etc

Quand aux premières élections européennes de 1979 je crois, « Non » à l’Europe Allemande, bon il y avait un vieux tropisme germanophobe c’est clair mais « fabriquons français » etc ce n’était pas pour faire plaisir à Moscou.

Quand il y a l’alliance avec F. Mitterrand, les soviétiques ne sont pas très contents, les soviétiques en 74 je peux vous dire qu’ils votent , pas chez nous, mais ils auraient voté Giscard ils n’ont aucune envie d’avoir Mitterrand alors que si Mitterrand avait été Président le rapport de force socialiste-communiste n’aurait pas été celui de 81, je pense que ça aurait été une toute autre histoire.

Donc c’est quelque chose d’assez intéressant. Par exemple, on dit en 36, le PC soutient le gouvernement de Front Populaire, mais refuse de participer et puis en 37, Blum s’en va et les communistes font acte de candidature pour être au gouvernement en 37 et ils recommencent en 38. Ils demandent jusqu’au pacte germano-soviétique qui est une catastrophe sans nom à tout point ce vue : politique, etc et puis aussi juridique puisqu’ils sont interdits.

Il ne faut pas oublier que quand on dit le parti communiste a fait ci et ca avant 41, ce qui est vrai, ils se sont sentis totalement libérés avec l’invasion de l’Union Soviétique mais le parti n’existait plus.

Le 10 mais 1940, il y a le fameux décret Sérol qui est un ministre socialiste qui punit de mort la propagande communiste. L’occupation se passe dans ce contexte-à Les députés communistes sont toujours en prison, les militants toujours en prison, il y aura bientôt les sections spéciales ce qui fait que l’on rejugera les militants communistes pour pouvoir les décapiter.

Toujours est-il qu’arrive la résistance sur-valorisée mais au sortir de la résistance, le PC monte jusqu’à 26%, 28% en 1956. Et gouvernement tri-partite. Les communistes sont au gouvernement et ils sont virés en 1947 par Ramadié c’est le début de la guerre froide et donc les socialistes et MRP décident de virer les communistes. C’est déjà la guerre froide, c’est déjà bloc contre bloc et pourtant, jusqu’en 1949, les communistes continuent à être candidats, ils disent « on veut être au gouvernement, on a des choses à faire » : la reconstruction etc. Ils sont dans une logique entre guillemet de collaboration de classe tout à fait évidente. Alors après je veux dire on va bien les enfermer dans leurs ghettos, dans les années 50, dans ce que l’on appelle la deuxième déstalinisation, ils sont sous cette influence-là mais on va déboucher sur une particularité et là je vous parle de tout ce que montre très bien, Julian Mischi, une particularité qui sera, la destalinisation, c’est qu’en 1956, il y a la fameux rapport Khrouchtchev, que Khrouchtchev présente devant le XXème Congrès du Parti Communiste dans lequel on dénonce Staline et ses crimes surtout les crimes qui ont touché les communistes moins les crimes qui ont touché le reste de la population.

Toujours est-il que les communistes Français sont secoués, ils sont encore dirigés par toute une équipe qui a été mise en place par Staline directement ou indirectement et donc ils auront beaucoup de mal, le fameux rapport Khrouchtchev est dirigé par le journal Le Monde et les communistes français l’appelleront le rapport attribué au camarade Khrouchtchev mais dès lors que ces dirigeants s’en vont. Thorez meurt en 1694 à ce moment-là arrive aux manettes des gens qui ont un autre rapport à l’Union Soviétique qui est beaucoup plus lâche, beaucoup plus souple et qui est encore plus patriotique

Il y avait une forme presque d’arrogance. Les soviétiques il y a plein de chose qui n’ont pas été, des horreurs et tout mais les Français vous allez voir ce que vous allez voir, nous on est fort, on va faire une démocratie avancée, et on va emprunter une voie aux socialistes, tout le monde va nous admirer, je caricature à peine. C’était très lié à ce patriotisme.

Le problème c’est que ce n’est pas l’effondrement du socialisme réel, ce n’est pas la chute de l’union soviétique qui entraîne l’effondrement du parti ce sont plutôt des mutations sociétales, des mutations de société en France, des changements sociologiques extrêmement importants qui font que les conditions évoluent et qu’il n’y a plus de place à ce moment-là pour un parti ouvrier. Il y a désindustrialisation, le fait que les Trente Glorieuses ont permis à la classe ouvrière de se hiérarchiser, c’est-à-dire que vous avez les ouvriers professionnels, les ouvriers spécialisés etc, une aristocratie ouvrière qui ne se sent plus, exploitée au point d’aller dans un parti qui est un parti de rupture qu’on le veuille ou non.

Donc voilà, c’est je pense que c’est inéluctable cet effondrement.

Regardez ce qu’il s’est passé avec les Italiens, ils avaient un parti différent, ils avaient été dans la clandestinité car il y avait le fascisme mais après la Deuxième Guerre mondiale ils sont extrêmement puissants mais ce n’est pas un parti ouvriériste du tout, ce ne sont pas des ouvriers qui le dirigent. Ce sont très souvent des intellectuels, des représentants des couches moyennes etc et donc ils vont essayer de survivre en se social-démocratisant, le PCI va devenir de PDS, le parti de gauche et puis le parti démocratique après et aujourd’hui ce n’est plus rien. Donc c’est un parti européiste, vaguement de centre droit.

Il a autant disparu que la parti communiste français donc je pense que c’était inéluctable. Moi j’ai accompagné à ma place cette trajectoire des années 70 d’abord et avant tout car il y a avait les deux caractéristiques :
Premièrement la dimension nationale, profonde et puis le fait que c’était l’outil d’intégration de la classe ouvrière à la nation et je considérais que c’était quelque chose de positif.

Dans les chambres parlementaires essentiellement l’Assemblée Nationale et la Chambre auparavant, sous la 4ème, les seuls ouvriers qu’on y voyait, c’était les communistes qui les envoyaient. Les seuls femmes qu’on y voyait, c’était les communistes qui les envoyaient, il y avait véritablement une place politique dans la sphère publique, puissante de ces couches populaires. Aujourd’hui on voit bien le fait que cela n’existe plus, le conséquences que cela peut avoir.

Quand vous avez une Assemblée Nationale où il n’y a pas un ouvrier je pense que c’est préoccupant, il en reste des ouvriers quand même. Il y a les salariés d’exécutions des services qui sont aussi dans des statuts matériels, sociologiques, très proches de ceux des ouvriers, nulle part vous les voyez dans les institutions, nulle part. Même les institutions locales, c’est très rare, donc cela est une vraie perte pour ce pays que la disparition de cet outil qui le permettait.

Cela étant je pense que c’est une forme de réhabilitation que fait Julian Mischi surtout ceux qui ont accompagné cela.

On disait beaucoup quand j’y étais c’était que le premier parti de France c’était le parti des anciens communistes. C’est-à-dire que vous aviez « Ah cette année on a fait 200 000 adhésions, 250 000 adhésions », ce n’était pas des chiffres qui étaient faux mais on en avait perdu autant car les gens se désintéressaient. Ce n’était pas tellement sur des désaccords, c’est que l’on passait à autre chose. Donc voilà les quelques petites remarques que je pouvais faire sur ce livre que je recommande vraiment et qui a le mérite de replacer cette trajectoire dans sa réalité. En sortant des polémiques qui continuent toujours concernant cette organisation : les positions qu’elle a prise, son attitude pendant la Deuxième Guerre mondiale, là on voit qui était les gens.

Front Populaire : A qui s’adresse ce livre ?

Régis de Castelnau : Alors je crois que cela ne s’adresse pas à un public très large, j’en suis tout à fait conscient mais je crois qu’on y trouve justement, cela restitue ces couches populaires dans leur réalité politique pendant toutes cette trajectoire. Et cela montre bien le problème aujourd’hui.

Le problème que nous avons c’est que ça n’est pas sain que ces couches ne soient pas représentées, ce n’est pas dans un parti ou parmi des élus, c’est dans une force politique qui s’exprime. Aujourd’hui le RN, Marine Le Pen fait 55% de vote ouvrier au premier tour. Le Parti communiste français ne les a jamais fait ces 55%. Donc les couches populaires votent pour Marine Le Pen, c’est incontestable : ouvrier, salarié d’exécution des services mais pour autant, ne militent pas. Ce n’est pas un parti de masse, ce n’est pas un parti d’éducation, ce n’est pas un parti de formation, donc voilà, et puis bon ce système de ghettos fait qu’ils peuvent faire 11 millions de voix à l’élection présidentielle, ils ont 4-5-6 députés, tant qu’on n’aura pas trouvé une solution à cela, on sera confronté à ce problème.

C’est d’abord retrouver cette histoire et le peuple qui l’a mené. Car il y a encore des traces profondes : les rouges, les blancs etc dans les régions et cela pose la questions de la place de ces couches populaires qui restent très puissantes. C’est d’ailleurs ce que montrait Jérôme Sainte-Marie dans son livre « Bloc contre Bloc » le bloc élitaire qui soutient Macron qui est minoritaire dans le pays, qui fait 30/35% des voix, il a en face de lui un bloc populaire qui n’est pas organisé, qui n’est pas organisé.

Alors cela part dans tous les sens, vous avez Mélenchon qui est indigéniste un jour, qui est marxiste-léniniste le lendemain et puis autre chose encore un troisième. On appelle de gauche des gens qui n’ont pas grand chose à voir avec cela, on a des écologistes qui ont des positions assez curieuses sur l’islam par exemple, fin aujourd’hui, et je pense que ce bloc populaire si il doit se structurer politiquement, cela ne pourra se faire qu’autour de ces couches populaires qui représentent quand même sociologiquement 40% de la population. Le salaire médiant dans notre pays n’est pas haut donc on n’a des couches moyennes. Alors il y a la partie qui soutient Macron et l’autre partie qui est celle qui passe à la trappe du déclassement.

Quand il y avait un parti communiste puissant, qui était l’expression politique de la classe ouvrière, les couches moyennes venaient, elles venaient car il y avait des débouchés, car on pouvait y faire des choses, car ce n’était pas tellement les possibilités de carrière car c’était plus gênant. Pour les ouvriers c’était des moyens de s’élever socialement et sociologiquement, ca c’est clair. Et d’acquérir du capital culturel, symbolique et politique, mais les couches moyennes ce n’était pas du tout déshonorant d’être de ce côté-là, loin de là.

Aujourd’hui non, ce noyau important de 40% de la population n’a pas d’expression politique, il ne pèse rien, politiquement en dehors d’un vote pour le rassemblement national qui est un vote jusqu’à présent un vote perdu.

Auteur :
Régis de CASTELNAU
Avocat
Publié le 26 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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