Michel Onfray et Stéphane Simon reviennent sur l’aventure « Front Populaire »

Michel Onfray et Stéphane Simon, co-fondateurs de la revue Front Populaire,  reviennent sur le colossal succès cette aventure… et remercient tous  ceux qui ont donné  vie à ce projet.

Cliquez-ici pour voir la vidéo.

Stéphane Simon : Michel je voulais qu’on profite de cette fin d’année pour faire un bilan peut-être pas car c’est un peu trop de saison mais surtout que l’on remercie tous ceux qui ont permis le succès de Front Populaire. 2020 a été une année très difficile il y a eu confinement 1, déconfinement, confinement 2. Sur le plan international on est allé au Liban après la catastrophe ou juste avant la catastrophe de l’explosion du port de Beyrouth, on est allé en Artsakh, tous les deux pour témoigner de ce qu’il se passait en Arménie. Bref ça a été une année difficile, difficile pour tous les Français évidemment.

Et puis c’est aussi comme dans toutes les périodes troublées, une période pleine d’espoir puisqu’on a eu un succès dépassant toutes les espérances concernant notre revue, Front Populaire qui était souvenez-vous, au mois d’avril dernier, nous lancions cet appel à tous les souverainistes, de droite, de gauche, de nulle part et d’ailleurs, et nous avons rencontré un très large écho et c’est cela dont j’aimerais parler avec toi Michel j’aimerais que tu nous dises ce que ce succès t’as inspiré ?

Michel Onfray : Oui, d’abord on existe que parce que vous nous faites exister, c’est-à-dire que nous on n’est pas soutenu par des banques, on n’est pas soutenu par le capital, on n’est pas soutenu par les puissances de l’argent qui ont intérêt à subventionner à perte les journaux qui permettraient de défendre une idéologie qui rendrait possible les discours dans les médias, les radios etc. Nous avons démarré avec quelques centaines d’euros en nous disant qu’il nous fallait créer une revue dans laquelle on allait pouvoir parler librement et en finir avec finalement, pour appeler, la fachosphère de gauche, cette idée que si l’on ne souscrit pas à l’indigénisme, à la déconstruction, au nouveau racisme, au néoféminisme, qui se construit sur la haine des hommes, on était des antisémites, des fascistes, des nazis etc etc.

On s’est dit qu’après tout on en avait rien à faire, de passer pour des nazis, des antisémites, moi j’en ai l’habitude depuis mon livre sur Freud, et les perfidies de Madame Roudinesco qui organise tout cela avec quelques autres. Et on sait dit on lance cette revue pour qu’à chaque fois on puisse désinfecter un concept.

On a démarré avec le concept de souverainisme, parce qu’un souverainiste c’était évidemment un nationaliste et donc quelqu’un qui voulait la guerre c’est donc un méchant, la plupart du temps un campagnard, un provincial, un BAC moins 10, des crétins qui n’avaient rien compris au sens de l’histoire, des individus qui avaient voté non à Maastricht etc.

Et nous d’un seul coup on a dit, ni rire, ni pleurer, mais comprendre, c’est quoi le souverainisme ? Comment ça marche ? C’est quoi exactement ? Plutôt que d’insulter les gens quand on dit qu’ils sont des souverainistes comme si on avait dit que finalement ils avaient la peste, la lèpre etc. Et on a souhaité avec ce premier numéro, réfléchir à ce concept, en disant « Mais nous on y va », on n’en a rien à faire de se faire traiter de nazis, d’ailleurs ça a été le cas, on savait que ce serait le cas mais cela a même été le cas avant que la revue ne soit terminée. Merci Bernard Henri-Lévy, Jacques Julliard, Axel Kahn, Jean-François Kahn, enfin tous ces gens-là, Askolovitch tous les autres qui ont eu l’honnêteté de parler d’une revue qu’ils n’avaient pas lu. Formidable.

C’est-à-dire que la revue n’était pas finie qu’ils nous disaient déjà qu’elle était fasciste, brune, nazie, etc. Cela renseigne quand même sur la déontologie dont ces gens sont capables et puis, il y a eu simplement des gens qui ont dit « Mais nous on est preneur de cela, on est preneur de cette information, on a envie de penser ». A chaque fois qu’on allume notre télévision, qu’on écoute la radio du service public etc on sait qu’on va avoir affaire à de l’idéologie, à du mensonge, à du travestissement. Nous on n’est pas soutenu par des banquiers, on n’est pas soutenu par des gens qui disent : On a absolument besoin de défendre le capital planétaire etc. Non, nous on a des idées, on y croit, on y va.

On a fait un numéro 2 sur l’état profond. On s’était dit Stéphane et moi, avec le premier on va passer pour des nazis, avec le deuxième on va passer pour des complotistes. (Clap) Formidable. Première TV que l’on fait pour défendre la revue, « Complotistes ! ». Et on n’avait pas encore lu la revue qu’on s’était contenté de l’illustration (S.S. : La une !). On avait effectivement un petit chat qui tenait une planète et on se dit d’un seul coup « Et ouais mais on a bien compris tout cela c’est quand même dans l’idéologie antisémite n’avait pas vu quelqu’un qui tenait lui aussi une planète qui était un juif avec un nez crochu, c’est dans la grande logique de l’antisémitisme des années 30 etc. » Et bien voilà formidable si vous ne voulez pas penser, ce qu’est l’état profond. Je rappelle pour ceux qui estimeraient que l’état profond est un concept d’extrême droite voire un concept de fasciste, parce que Trump, parce que Steve Bannon etc, notre Président de la République qui est Emmanuel Macron, a lui aussi utilisé le concept d’Etat profond.

On s’est juste dit : prenons-le au mot, qu’est-ce que c’est l’état profond ? Comment ça marche ? C’est quoi très exactement ?

Nous étions les complotistes, nous étions etc.

Numéro nouveau : quelles sont les raisons d’aimer la France ? Le génie français.

Alors là, ça devient difficile. Il n’y a plus d’attaque du genre c’est des franchouillards, c’est des individus qui se réclament du passé ou etc. Rien. Silence, plus rien du tout parce qu’on ne sait plus comment attaquer et ils se disent « Bon on les a nazifié, on les a fascisé, on les a transformé en antisémite etc et d’un seul coup on va se taire sur ce sujet-là, laissons-faire ». Cette revue continue-là et d’un seul coup on se dit « Mais aux alentours de Noël, on avait envie d’être positif, en disant l’une des grandes souffrances de la France aujourd’hui c’est de se détester. C’est vraiment une poignée de gens qui nous disent : « La France c’est le fascisme, c’est le nazisme, c’est le pétainisme, c’est le colonialisme. On a été effrayant, du code noir jusqu’à Vichy, Pétain, etc, en passant par aujourd’hui la persécution des minorités, chacun a vu que la télévision française du service public était totalement blanche, qu’elle est totalement masculine, qu’elle est totalement tenue par des quinquagénaires.

Donc contre toute attente on se dit mais est-ce que finalement la France c’est cela ?

C’est aussi cela, il ne faut pas dire il n’y a pas eu de Vichy, il n’y a pas eu de colonialisme etc mais c’est aussi autre chose.

Si il y a eu Pétain il y a eu aussi le Général de Gaulle, si il y a eu le colonialisme il ne faut pas oublier que le colonialisme c’était Jules Ferry, que c’était un Républicain et que c’était la gauche qui a voulu coloniser l’Afrique du nord, pendant que Clemenceau lui ne le souhaitait pas. Donc si on commence à faire un peu d’histoire, si on commence à penser on se dit mais la France est riche de sa diversité. De sa pluralité, de ses intelligences.

Il y a sur le terrain de la conversation, sur le terrain de la philosophie, sur le terrain de la musique, de la peinture, de la gastronomie, sur le terrain du sport, du rugby par exemple, Régis de Castelneau a fait un très joli papier, sur le terrain de la littérature, Barbara Lefebvre a fait un très beau papier sur Flaubert. Il y a des raisons d’aimer le pays, des raisons d’aimer son histoire, des raisons son présent et des raisons également d’aimer son futur.

Ce qui fait qu’effectivement vous nous avez suivi pour ces numéros-là, on est très heureux, parce que pour le coup, ce ne sont pas les banques qui fabriquent la revue, ce sont les idées qui la rendent possible et c’est vous qui en y souscrivant, rendez cette revue possible.

Stéphane Simon : Alors on espère évidemment qu’en 2021, on va bien continuer cette aventure. Il faut que vous sachiez que les auteurs sont de plus en plus nombreux à nous rejoindre ce qui est un très bon signe parce que cela veut dire qu’ils veulent aujourd’hui débattre avec nous, proposer des contributions, et donc on a fait quelque part avancer, faire sortir de l’ornière, les idées souverainistes, c’était la vocation et c’était la promesse qu’on vous avez fait, on en fera bien d’autres et ensemble je continue à penser que nous avons un bout de chemin à faire.

Bonne année, bonne fête.

Miche Onfray : Bonne année.

Auteurs :
Stéphane SIMON
Co-fondateur de Front Populaire
Michel ONFRAY
Co-fondateur de Front Populaire
Publié le 28 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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