Adolescente poignardée à Saint-Egrève : elle invente une agression pour dissimuler une tentative de suicide

Cet article date du 4 janvier 2021.

Elle avait été retrouvée dimanche soir, rue des Brieux à Saint-Égrève en Isère, un couteau planté dans l’abdomen. Après avoir affirmé qu’elle avait été agressée par un inconnu surgi de nulle part, elle a fini par avouer aux enquêteurs qu’elle avait acheté le couteau et tenté de mettre fin à ses jours.

Lundi matin, les gendarmes ont poursuivi leurs investigations sur le chemin forestier qui débouche sur la rue des Brieux, d’où la jeune fille avait d’abord affirmé avoir vu surgir son agresseur. Photo Le DL /Vanessa LAIME1
Lundi matin, les gendarmes ont poursuivi leurs investigations sur le chemin forestier qui débouche sur la rue des Brieux, d’où la jeune fille avait d’abord affirmé avoir vu surgir son agresseur. Photo Le DL /Vanessa LAIME

Elle a d’abord expliqué aux enquêteurs, venus l’entendre ce lundi 4 janvier sur son lit d’hôpital, qu’elle avait été attaquée la veille au soir par un inconnu alors qu’elle faisait son jogging dans le quartier de La Monta à Saint-Égrève. Qu’elle avait ainsi été agressée rue des Brieux “par une personne qui aurait surgi d’un chemin adjacent et lui aurait asséné un coup de couteau dans l’abdomen avant de s’enfuir”, a indiqué le procureur de la République de Grenoble, Éric Vaillant, dans un communiqué publié peu après 10 h 30 ce lundi.

De fait, cette jeune fille de 16 ans avait été découverte , dimanche peu après 20 heures et le début du couvre-feu, sur cette petite route alors déserte, un couteau planté dans le ventre. Consciente malgré sa blessure, elle s’était servie de son téléphone portable pour appeler un ami, lequel avait alerté les secours. L’adolescente avait alors été secourue et conduite au CHU Grenoble Alpes où l’arme avait pu être extraite de son abdomen, la plaie suturée et ses jours finalement déclarés hors de danger.

Restaient aux gendarmes de la brigade de Saint-Égrève et de la brigade de recherches de la compagnie de Meylan à établir les circonstances de ce qui ressemblait donc à une tentative de meurtre.

Durant toute la soirée de dimanche puis lundi, dès les premières heures du jour, les enquêteurs ont donc procédé aux constatations sur place et tenté de recueillir des témoignages parmi les habitants de ce quartier résidentiel jouxtant le collège Barnave et la Maison d’enfants à caractère social (MECS) “Le Chemin” qui accueille des mineurs en difficulté. Les gendarmes ont aussi inspecté le chemin forestier qui débouche sur la rue des Brieux – face à l’Association familiale de l’Isère pour personnes handicapées (Afiph) – d’où l’adolescente avait affirmé avoir vu son agresseur surgir.

On ignore les raisons qui ont motivé un geste aussi violent et désespéré

Comme les riverains sidérés que nous avons croisés hier matin sur place, ils se sont sans doute demandé pourquoi une si jeune fille était allée courir seule, un dimanche soir, alors qu’il faisait déjà nuit noire et que les températures étaient glaciales, dans un secteur aussi isolé… qui n’est même pas le quartier où elle réside.

Et puis, vers 11 h 30 ce lundi, un autre communiqué du procureur de la République informait que la jeune fille avait finalement reconnu avoir menti et indiqué aux gendarmes qu’elle s’était elle-même poignardée pour mettre fin à ses jours. Elle a même précisé avoir spécialement acheté le couteau dans ce but. On ignore les raisons qui ont motivé un geste aussi violent et désespéré.

Cet épilogue en rappelle un autre et questionne tout autant sur la détresse et le mal-être qui peuvent pousser certains adolescents à s’infliger des blessures avant de prétendre avoir été agressés par quelqu’un d’autre.

Ce fut déjà le cas, en novembre dernier, avec cette habitante de Claix âgée de 15 ans qui avait été retrouvée prostrée, à moitié dévêtue et couverte d’éraflures dans un square d’Échirolles et avait affirmé qu’elle avait été enlevée dans un fourgon, lacérée de coups de cutter et violée par trois inconnus… avant d’avouer avoir tout inventé.

Comme elle, la jeune fille secourue dimanche soir à Saint-Égrève est une lycéenne comme tant d’autres, qui vit entourée d’une famille apparemment soudée. Une adolescente sans histoires… mais pas sans problème.

Auteur :
Vanessa Laime
Le Dauphiné Libéré
Publié le 5 janvier 2021

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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