Politique – Le cirque de la COVID-19

Hier, lundi 6 janvier 2020, les Français et le monde entier apprenait que Madame Buzyn, l’ancienne ministre de la Santé était nommée à l’OMS à Genève en tant que chargée du suivi des questions multilatérales. Elle s’occupera désormais de ses relations avec les organisations internationales telles que le G7, l’ONU ou encore la Fondation Bill Gates. Un poste qui la contraint à renoncer à son mandat de conseillère du 17e arrondissement de Paris.

Fonctions

Agnès Buzyn, est une hématologue, professeure des universités – praticienne hospitalière et femme politique française.

Spécialiste d’hématologie, d’immunologie des tumeurs et de transplantation, Agnès Buzyn a effectué l’essentiel de sa carrière de médecin et d’enseignant-chercheur à l’université Paris-Descartes (Paris-V) et à l’hôpital Necker.

À partir de 2008, elle accède à des responsabilités au sein d’institutions publiques liées à la santé et au nucléaire : présidente du conseil d’administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (2008-2013), membre du Comité de l’énergie atomique du Commissariat à l’énergie atomique (2009-2015), membre du conseil d’administration (2009), vice-présidente (2010) puis présidente de l’Institut national du cancer (2011-2016), présidente du collège qui dirige la Haute Autorité de santé (2016-2017).

Rétrospective

Elle et son époux se  trouvent potentiellement en situation de conflit d’intérêts car elle est alors Ministre de la Santé et son époux Yves Lévy dirigeant l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). C’est au sommet de l’Etat que revient la nomination de nouveau candidat. The Lancet considère que l’opacité de la procédure de nomination ternit l’image de la France et demande « la publication des noms des candidats et des membres du comité, et du contenu des délibérations ».

Fin juin 2017, elle annonce envisager de porter de trois à onze le nombre de vaccins obligatoires pour les enfants.

Le 17 mars 2019, elle évoque l’idée d’un recul de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

Elle porte également un projet de loi bioéthique, présenté au Sénat en janvier 2020, dont la mesure phare est l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires.

Notons qu’en août 2020, un amendement fut adopté, dans le cadre du projet de loi bioéthique, un amendement ajoutant aux motifs autorisant une interruption médicale de grossesse (IMG) jusqu’au 9ème mois la «détresse psychosociale». Cela devrait « ouvrir la possibilité de recours à un avortement-infanticide jusque dans le neuvième mois, les cas de «danger personnel, violence, difficultés psychologiques majeures ou d’extrême précarité» ». Cette fameuse «détresse psychosociale» devient donc une raison suffisante pour tuer un enfant viable à naître. Et il fallait absolument la consacrer solennellement, le dira ainsi Gilles William Goldanel.

En 2019 elle affronte un mouvement social d’ampleur à partir de juin 2019 dans les services d’urgence des hôpitaux. Le mardi 11 juin, 95 services sont en grève. Certains d’entre eux, comme celui de Pau, compte 100 % de grévistes. Elle est interpellée par Fabien Roussel, député du Nord et secrétaire du PCF le 11 juin, affirmant que face à la crise des services d’urgence elle « ne répond pas comme quelqu’un qui n’irait jamais elle-même dans ces services d’urgence ». Fin septembre, le mouvement concerne 260 services, soit près de la moitié des services de France. En janvier 2020, environ 1 100 médecins occupants des fonctions de chefs de pôle, de chefs de service, ou d’élus en commissions médicales d’établissement, démissionnent de leurs fonctions administratives.

Elle qualifiera la crise sanitaire en 2020 de mascarade. Elle quitte en pleurs le gouvernement, ne sachant comment gérer la crise.

Conflits d’intérêts
Questions des liens d’intérêts avec les industries pharmaceutiques
En janvier 2016, Agnès Buzyn estime devant la commission des affaires sociales du Sénat que l’obligation de déclarer publiquement tout conflit d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique instaurée en 2011 par la loi Bertrand afin de renforcer l’indépendance de l’expertise sanitaire publique serait devenue trop « handicapante » pour certains chercheurs qui « ne le supportent plus et refusent de venir aux expertises de l’INCA ». Selon elle, « vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pharmaceutique pose la question de la compétence des experts ». Irène Frachon, médecin à l’origine de la révélation du scandale du Mediator qui a conduit à la loi Bertrand, rétorque alors que ces « liens d’intérêts » peuvent conduire à ce que « des experts indiscutablement « compétents » [restent] solidaires d’un industriel lourdement criminel » et que la seule solution est de mieux rémunérer les chercheurs afin d’éviter leur « captation par l’industrie ».

Son mari, Yves Lévy, est nommé en 2014 directeur général de l’Inserm. En octobre 2017, alors qu’elle avait promis de se déporter de tout dossier concernant cet institut, Agnès Buzyn décide, avec Frédérique Vidal, de geler un appel à projets visant à créer de nouveaux instituts hospitalo-universitaires (IHU). Cette mesure est conforme à une demande de son mari dans le cadre d’« une lutte d’influence à laquelle l’Inserm est partie prenante » indique Marianne, tandis que Didier Raoult précise que celui-ci souhaite diriger les IHU « depuis Paris ».

La perspective d’un renouvellement du mandat de son mari en 2018 provoque dans les médias des accusations de conflits d’intérêts, compte tenu du poste d’Agnès Buzyn comme ministre de la Santé. Face à l’écho donné par les médias, Yves Lévy annonce le 30 juillet 2018 sa décision de retirer sa candidature à un second mandat. Deux mois plus tard, il est nommé conseiller d’État en service extraordinaire, sur proposition de Nicole Belloubet, ministre de la Justice ; il ne perçoit aucune rémunération puisqu’il reste rémunéré par son administration d’origine et continue d’exercer en parallèle son activité professionnelle de médecin et d’enseignant. À ce poste, Yves Lévy est invité à conseiller juridiquement le gouvernement.

Pandémie COVID-19
Le 24 janvier 2020, trois premiers cas de Covid-19 sont enregistrés en France. Agnès Buzyn, alors ministre des Solidarités et de la Santé, déclare à propos de la Covid-19 que « le risque d’importation [du virus] depuis Wuhan est pratiquement nul » et que « le risque de propagation est très faible » ; ces propos font polémique quelques semaines plus tard, lorsque le virus circule de plus en plus activement dans le pays. Lorsqu’elle démissionne en pleine pandémie de Covid-19, l’opposition et des professionnels de santé dénoncent un « abandon de poste ».

Laboratoire P4 Wuhan
Officiellement, en 2015, l’institut ouvre le premier laboratoire P4 de Chine, pour un coût de 300 millions de yuans (44 millions de dollars). Sa conception, démarrée en 2003, s’est faite en collaboration avec la France. Selon Franceinfotv le ministre de la santé de l’époque : Michel Barnier a signé en 2004 un accord pour lancer le projet. Une partie du personnel s’est notamment formée au laboratoire P4 Jean Mérieux à Lyon. Selon Le Figaro, les relations entre la France et la Chine ont connu des problèmes sur ce projet à partir de 2014. En 2014, lors d’une visite officielle, le président chinois au lieu d’atterrir à Paris pour rencontrer son homologue atterrit à Lyon pour rendre visite à la société BioMerieux. Les entreprises chinoises ont tenu, d’abord, à assurer l’essentiel de la construction du P4 alors qu’elles n’en avaient a priori pas les compétences. En 2015, déçu que la coopération franco-chinoise ne se concrétise pas, Alain Mérieux quitte la présidence de la commission bilatérale. Les 50 chercheurs français qui devaient travailler au P4 de Wuhan pendant 5 ans ne sont jamais partis. La société Technip a refusé de certifier le laboratoire.

BioMérieux s’est implanté à Shanghai en 2004. 14 ans plus tard, BioMérieux Greater China est devenu sa deuxième filiale la plus lucrative, avec un essor dans les deux dernières années et en particulier une croissance de deux chiffres réalisée en 2018. Avoir aidé la Chine à construire un P4 a pu lui ouvrir les portes de ce marché.

En février 2017, le Premier ministre français Bernard Cazeneuve, accompagné de la ministre française des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine, ainsi que d’Yves Lévy, président de l’INSERM, participe à la cérémonie d’accréditation du laboratoire. L’ambassade de France en Chine rappelle alors que ce projet doit permettre « à la Chine, en partenariat pionnier avec la France, de mieux comprendre et prévenir les épidémies et les pandémies y compris les plus dangereuses comme la grippe aviaire, pour protéger la population chinoise et la santé mondiale ».

Une spécialité du laboratoire P4 de l’établissement est la recherche sur les coronavirus transmis par les chauves-souris. En 2017, il est accrédité pour étudier le virus Ebola et l’Henipavirus. Le laboratoire entretient par ailleurs des liens étroits avec le Laboratoire National de Galveston de l’Université du Texas.

Selon l’anthropologue Frédéric Keck, ce laboratoire « permet de repérer précocement de nouvelles pandémies passant des animaux aux humains », et « joue ainsi pour le SRAS le rôle qu’a joué Hong Kong pour la grippe aviaire ». Selon le biologiste moléculaire américain Richard H. Ebright, « l’Institut de virologie de Wuhan est un institut de recherche de classe mondiale qui effectue des recherches de renommée mondiale en virologie et en immunologie ».

Spéculation et investigation sur la COVID

Le vendredi 20 novembre 2015, soit, quatre ans avant le début de la pandémie du Covid-19, paraît un article dans la revue Nature impliquant une équipe internationale de virologues parmi lesquels Shi Zhengli, spécialiste des coronavirus, qui a activement lutté contre l’épidémie du SRAS en 2002-2004. En utilisant le système de génétique inverse SARS-CoV2, l’équipe annonce avoir généré un virus chimérique (virus hybride conçu artificiellement) en utilisant un coronavirus de chauve-souris SHC014 et un SARS-CoV. Ce virus chimérique aurait été expérimenté sur une souris. Les résultats indiquent que ce type de virus peut se répliquer efficacement dans les cellules des voies respiratoires humaines primaires. Des expériences in vivo démontrent la réplication de ce virus dans le poumon de souris avec une pathogenèse notable. C’est dans un laboratoire de l’Université de Caroline du Nord aux États-Unis que cette équipe a opéré, même si Shi Zhengli (considérée comme une héroïne du SRAS-2002) exerce aujourd’hui son activité de virologue dans la capitale du Hubei.

Fin janvier 2020, des théories du complot commencent à circuler sur Facebook et Twitter, selon lesquelles le SARS-CoV-2 se serait échappé accidentellement du laboratoire, voire y aurait été conçu pour nuire. Le journaliste Antoine Izambard souligne qu’« au vu des éléments dont on dispose, les théories qui circulent sur l’émergence du coronavirus dans le laboratoire P4 à Wuhan sont complotistes », en l’absence d’« éléments concrets à ce stade qui iraient en ce sens ». La Direction générale de la Santé française déclare qu’« aucun élément ne permet d’accréditer les allégations liant la crise sanitaire en cours à l’existence à Wuhan d’un laboratoire P4 ».

Une étude en pré-publication de chercheurs de l’Indian Institute of Technology de New Delhi relève, le 31 janvier 2020, sur le site bioRxiv « une similarité étrange », « qui a peu de chances d’être fortuite », entre certaines séquences de l’ARN du SARS Covid-2 et celui du VIH. Cette étude en prépublication, très contestée par les spécialistes notamment parce que nombreux virus partagent cette courte séquence, est par la suite retirée par ses auteurs. Le professeur Luc Montagnier s’appuie toutefois sur elle pour arguer d’une possible manipulation humaine.

Lors d’une conférence de presse, organisée le 21 avril 2020, l’hypothèse est rejetée par Fadéla Chaib, la porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé, qui souligne que toutes les preuves vont vers une « origine animale » et non vers une quelconque manipulation.

Pour le Professeur Luc Montagnier, l’hypothèse selon laquelle SARS-CoV-2 est un virus chimérique artificiel n’exclut en aucun cas la théorie d’une fuite accidentelle de l’Institut de Wuhan.

Mais la Chine a refusé une telle enquête et son ambassadeur en France avait préalablement qualifié les demandeurs de « responsables de la crise actuelle que traverse leur propre pays » avant de laisser entendre que l’épidémie de Covid-19 viendrait des États-Unis.

À ce propos, la Chine « exhorte certains responsables américains à cesser de propager des théories du complot autour de l’origine du COVID-19 ».

Hier, mardi 5 janvier 2021, les Français apprenaient qu’une équipe de l’OMS chargée d’enquêter sur l’origine de la pandémie de COVID-19 en Chine est en route mais n’a pas reçu toutes les autorisations nécessaires, a annoncé mardi le chef de l’agence de l’ONU, se disant « très déçu » a déclaré monsieur Tedros Adhamom Ghebreyesus qui lors de l’épidémie de COVID-19 fut très critiqué pour la lenteur de sa gestion de la crise. Début février 2020, il avait en effet déclaré qu’il n’était pas nécessaire que le monde prenne des mesures qui « interfèrent inutilement avec les voyages et le commerce internationaux », comme les restrictions de déplacement. Cette déclaration est interprétée comme ayant contribué à la propagation du virus.

Qui est Yves Levy ?
Yves Lévy, né le 1er août 1957 à Casablanca, au Maroc, est un médecin immunologiste et professeur d’université français, spécialiste de l’infection par le VIH. Président de l’Inserm entre 2014 et 2018, il a été depuis conseiller juridique du gouvernement, puis envoyé spécial en RDC au moment de l’épidémie du virus Ebola en 2019.

Auteur :
Nicole Pras
Publié le 6 janvier 2021



Publié par magrenobloise

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