Transhumanisme :le fameux « C’est notre projet » de Macron

Ce jour, mercredi 6 janvier 2021, les Français apprenaient que les premiers coeurs artificiels de Carmat* seront bientôt commercialisés en Europe.

La société est dirigée par Jean-Pierre Garnier.

Titulaire d’un doctorat de pharmacologie et d’une maîtrise de sciences pharmaceutiques de l’Université Louis-Pasteur de Strasbourg, Jean-Pierre Garnier bénéficie d’une bourse du programme Fulbright Scholar pour l’obtention d’un MBA à l’université Stanford en 1974.

Il entre au laboratoire américain Schering-Plough en poste successivement en Suisse, au Danemark, et au Portugal. En 1983, il est vice-président du marketing, puis est nommé premier vice-président et directeur général de la branche médicament en vente libre, responsable des ventes et du marketing des médicaments aux États-Unis. Il accède ensuite à la présidence de Schering-Plough.

En 1990, il rejoint SmithKline Beecham comme président de l’activité pharmaceutique de la région Amérique du Nord, puis président de la branche pharmaceutique en 1994 et directeur exécutif l’année suivante. Membre du conseil d’administration de l’entreprise depuis 1992, il est élu en décembre 1999, président-directeur général de SmithKline Beecham. Promoteur de la fusion du laboratoire avec Glaxo Wellcome en décembre 2000, il prend la direction du nouveau groupe, GlaxoSmithKline (GSK), deuxième laboratoire mondial.

En juillet 2012, GlaxoSmithKline verse trois milliards de dollars pour mettre fin à des poursuites intentées aux États-Unis et qui portaient sur des faits qui se sont déroulés entre 2000 et 2008. Jean-Pierre Garnier est directement incriminé pour avoir poussé à la vente d’Advair pour traiter toutes les formes d’asthme, alors que l’agence du médicament n’avait autorisé le produit que pour les formes les plus sévères. En 2006, il a notamment déclaré aux actionnaires du groupe que les réticences de la FDA devaient être négligées, que les produits comme l’Advair « are phenomenal for the treatment of asthma, and they should be used for mild to moderate and severe asthmatics. Physicians are not going to listen to the FDA. »

Qu’est-ce que GSK ?

En septembre 2013, GSK vend pour sept cents millions de livres ses médicaments liés à la thrombose à Aspen Pharmacare, une entreprise sud-africaine. En mars 2014, GSK augmente sa participation dans sa filiale indienne de 50,7 à 75 % pour 64 milliards de roupies, soit environ 1,05 milliard de dollars. En avril 2014, GlaxoSmithKline acquiert les activités de Novartis dans les vaccins pour 7,1 milliards de dollars.

En parallèle, il vend ses activités dans l’oncologie à Novartis pour 16 milliards de dollars. En août 2016, les deux géants Google et GSK créent une filiale commune en travaillant sur l’exploration d’un nouveau champ de la médecine bioélectronique. Cela a pour but de développer des dispositifs de la taille d’un grain de riz susceptible d’être implantés dans le corps sur les nerfs périphériques d’où ils enverront des signaux électriques à un organe. L’idée est de pouvoir implanter le produit dans le cabinet du médecin en recourant à un robot chirurgical peu invasif qui mettra le dispositif à l’intérieur du corps du patient. Le laboratoire britannique précise qu’il « cherchera d’abord à établir la preuve d’efficacité de cette approche dans les domaines de l’inflammation et des désordres métaboliques et endocrinaux tels notamment le diabète où des résultats ont déjà été obtenus chez l’animal ».

En décembre 2018, Unilever annonce l’acquisition des activités sous la marque Horlicks de GlaxoSmithKline pour 3,8 milliards de dollars. Le même mois, en parallèle, GlaxoSmithKline annonce l’acquisition de Tesaro, une entreprise pharmaceutique spécialisée dans les traitements contre le cancer des ovaires. Le même mois, GSK annonce son intention de fusionner ses activités de santé sans ordonnance avec ceux de Pfizer, créant une nouvelle entité détenue à 68 % par GSK. Au travers de cette opération, GSK annonce également son intention de scinder ses activités de santé sans ordonnance. En février 2020, Stada annonce l’acquisition d’un ensemble de marques de médicament en vente libre de GlaxoSmithKline pour 300 millions d’euros. En mai 2020, GlaxoSmithKline annonce la vente de sa participation de 5,7 % dans Hindustan Unilever pour 3,4 milliards de dollars.

Au total, GSK détient 25 % du marché mondial de vaccins.

La société GSK France est l’une des trois sociétés privées qui financent le club Hippocrate, un cercle de réflexion qui regroupe 99 députés et sénateurs. Présidé et fondé par Gérard Bapt, ce club travaille sur les questions de santé. Gérard Bapt est le président fondateur du club Hippocrate, un cercle de réflexion parlementaire sur les questions de santé soutenu par les sociétés Générale de santé, Malakoff Médéric et GSK. Le Club Hippocrate est un club parlementaire. Ces clubs sont, en France sous la Cinquième République, des instances le plus souvent informelles qui permettent la rencontre de membres du Parlement et de représentants d’intérêts, et la pratique du lobbying. Organisés par des parlementaires ou par des sociétés de relations publiques, ils sont généralement financés par des acteurs privés. Les clubs parlementaires ont fait l’objet, en 2016, d’une étude de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

Par exemple :

Le lecteur peut observer que les entreprises inscrites dans ces clubs font exactement l’inverse de ce que le club représente. Il s’agit en fait d’un club de lobby au sein duquel elles peuvent faire des valoir leurs intérêts auprès des autorités françaises. La troisième colonne représente les présidences des clubs, des politiques.

Ici il est question de l’entreprise Orange qui a été dirigé par Laure de La Raudière nommée hier, mardi 5 janvier 2021 à la tête de l’ARCEP. Il est également question d’AstraZeneca, groupe pharmaceutique, né de la fusion en avril 1999 du suédois Astra et du britannique Zeneca.

Le 24 août 2016, AstraZeneca annonce avoir trouvé un accord avec l’Américain Pfizer pour lui vendre une partie de ses activités dans les antibiotiques en dehors des États-Unis pour une valeur d’environ 1,5 milliard de dollars.

En novembre 2018, AstraZeneca annonce la vente d’un traitement concernant les infections pulmonaires pour enfant à Swedish Orphan Biovitrum pour 1,5 milliard de dollars.

En décembre 2020, AstraZeneca annonce la vente de Crestor, son ancien blockbuster contre le cholestérol, à Gruenenthal, pour 320 millions de dollars, tout en gardant la distribution de ce médicament dans certains pays. Toujours en décembre 2020, AstraZeneca annonce l’acquisition d’Alexion, pour 39 milliards de dollars.

Vaccin contre la COVID

Depuis la mi-janvier, le laboratoire du Jenner Institute de l’Université d’Oxford commence à développer un vaccin contre le SARS-CoV-2 avec ses deux chercheurs Adrian V. S. Hill et Sarah Gilbert. Le vaccin est dénommé AZD 1222. Il utilise comme vecteur un adénovirus de chimpanzé. Lors de la phase I des tests, le vaccin montre une forte réponse immunitaire. Toutefois, selon Bruno Pitard, il provoque des maux de tête et des douleurs musculaires chez un tiers des personnes vaccinées, ainsi que de faibles fièvres.

Le 8 septembre 2020, AstraZeneca annonce un incident grave en phase III des tests du vaccin. Un patient a été atteint d’une maladie potentiellement inexpliquée, qui pourrait être une myélite transverse. Les essais cliniques reprennent peu après, suite au constat que le patient a reçu une dose de placebo.

Le 13 juin 2020, le ministre italien de la Santé Roberto Speranza annonce que son pays ainsi que l’Allemagne, la France et les Pays-Bas commandent 400 millions de vaccins contre la maladie à coronavirus 2019 à la société Astrazeneca. Ce contrat porte sur la livraison d’un vaccin actuellement développé par l’université d’Oxford.

Selon une interview de Pascal Soriot mi-août 2020, la mise en production du vaccin a démarré en août 2020. Les premières livraisons sont prévues fin octobre 2020.

L’université Oxford et le laboratoire britannique AstraZeneca rendent publics, le lundi 23 novembre, les résultats intermédiaires des essais cliniques de leur vaccin contre le coronavirus réalisés à grande échelle au Brésil et au Royaume-Uni. Leur vaccin, efficace à 70 % en moyenne, est pour l’instant moins probant que ceux de Moderna (94,5 %) et Pfizer/BioNTech (95 %).

Ce vaccin, élaboré à partir de la technique du « vecteur viral », sera vendu à prix coûtant pendant toute la durée de la pandémie au tarif de 2,50 euros la dose en France.

Activité de lobbying

Selon le Center for Responsive Politics, les dépenses de lobbying d’AstraZeneca aux États-Unis s’élèvent en 2017 à 2 390 000 dollars.

AstraZeneca est inscrit depuis 2011 au registre de transparence des représentants d’intérêts auprès de la Commission européenne. Elle déclare en 2017 pour cette activité des dépenses annuelles d’un montant compris entre 700 000 et 800 000 euros.

Pour l’année 2019, Astrazeneca déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant compris entre 200 et 300 000 euros.

En France 1300 collaborateurs travaillent sur l’ensemble du territoire, notamment à son siège de Paris La Défense, son site industriel de Dunkerque et son site de conditionnement et de distribution de Reims.

L’oméprazole et l’ésoméprazole sont en très grande partie, pour le monde entier, fabriquées en France à Petite-Synthe par la filiale ASP, dans l’agglomération de Dunkerque, pour le motif historique que la France y a créé une « zone franche urbaine » défiscalisée après la chute de la métallurgie. Y sont aussi fabriqués les médicaments contenus dans le petit appareil dénommé Turbuhaler, soit Bricanyl, Pulmicort et Symbicort. Les grandes usines de couleur kaki sont au bord de l’autoroute reliant la Belgique à Calais.

En 2019, AstraZeneca France a inauguré une extension de ce site industriel, faisant suite à un investissement de 135 millions dollars. Ces nouvelles infrastructures comportent de nouvelles chaînes d’assemblage et d’emballage, ainsi que de nouveaux espaces de stockages.

Le 20 janvier 2020, en présence d’Emmanuel Macron, Pascal Soriot a annoncé un nouvel investissement pluriannuel de 500 millions de dollars dont 230 millions destinés à la modernisation des équipements et infrastructures existantes.

* Carmat : Afin de réaliser les 20 implantations prévues, des centres investigateurs sont ouverts dans 2 nouveaux pays. L’objectif était d’obtenir le marquage CE, avec l’aide de l’organisme de certification DEKRA, en 2020. Fin 2018, la société annonce une suspension de ses essais cliniques et de la production, après analyse des données collectées sur les onze premiers patients traités dans cette phase, afin de mettre en place des actions correctives sur sa prothèse. D’autres retards en 2020 sont liés à la crise sanitaire du COVID-19. Au total, 13 patients sur les 20 prévus ont été implantés. Le marquage CE est obtenu le 22 décembre 2020. La commercialisation, qui doit commencer en Allemagne dès le début 2021, est prévue au prix de 150.000 euros. Le 22 décembre 2020, le cœur artificiel de Carmat obtient son marquage CE après 12 ans de travail. Cette certification marque l’autorisation de la commercialisation du dispositif au sein de l’Union Européenne. En France, une nouvelle étude sur 52 patients, financée surtout par le ministère de la santé, commence vers mi-2021. Cette étude baptisée EFICAS vise à montrer l’Efficacité et la Sécurité du dispositif. Une étude de faisabilité est prévue aux Etats-Unis à partir de fin 2021.

A la présidence de ce groupe figure Alain Carpentier Il est aujourd’hui directeur scientifique de la société CARMAT qu’il a créée en 2008 avec Matra Defense (groupe EADS) et Truffle Capital. Cette création est la suite naturelle de 15 années de recherches marquées, en 1988, par le premier dépôt de brevet sur le cœur artificiel par lui-même, parallèlement aux travaux conceptuels menés avec le CETIM (Centre technique des industries mécaniques), l’alliance, en 1993, avec Jean-Luc Lagardère, président de MATRA, pour la création d’un concept de cœur artificiel complet incluant les ventricules, les actionneurs et une électronique de commande totalement embarquée au sein d’un dispositif unique et la création du GIE CARMAT, les premières implantations animales sur le veau, la conception du système, de matériaux biocompatibles, de polymères particuliers et de technologies embarquées et le dépôt de plusieurs nouveaux brevets concernant l’architecture, la membrane, le « Locking interface device », la pompe et la régulation physiologique de 1995 à 2004.

Auteur :
Miguel Vasquez
Rédacteur
Publié le 6 janvier 2021

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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