Grippe aviaire : l’épidémie progresse, le gouvernement attend

ARTICLE. Alors que le nombre de volatiles abattus préventivement pourrait vite dépasser le million, le gouvernement attend les recommandations sanitaires de l’ANSES. En attendant, les éleveurs se désespèrent de cette gestion de crise.

Grippe aviaire : l’épidémie progresse, le gouvernement attend

Depuis le début de l’épidémie de grippe aviaire qui sévit sur le territoire et partout dans le monde, ce sont 200 000 canards français qui ont été abattus. 400 000 supplémentaires devraient l’être ces prochains jours, essentiellement pour des raisons préventives, alors que le virus H5N8 ne cesse de progresser dans l’hexagone. Un chiffre qui pourrait rapidement dépasser le million et qui effraie les éleveurs. Ces derniers ont bien en tête les vagues d’épidémie qui ont frappé ce secteur depuis 20 ans et particulièrement ces cinq dernières années. Entre 2016 et 2017, ce sont 4,5 millions de canards qui ont été euthanasiés en France.

Dès fin octobre, des mesures de confinement ont été décrétées dans les zones à risques, fréquentées par les oiseaux migrateurs. Ces volatiles, venant du Nord et de Russie laissaient dans leurs sillages des foyers de grippes aviaires. Malgré ces mesures de précaution, les foyers de contamination ont éclaté ici et là, portant leur nombre à 61 au premier janvier, dont 48 pour les Landes, durement touchées. Un chiffre qui continue d’augmenter inexorablement chaque jour. Face à cette rapide évolution, le gouvernement, outre les mesures de confinement, a décidé l’abattage systématique des élevages lors de cas de contamination détectés.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, défend l’action du gouvernement : « On fait le mieux qu’on peut pour s’assurer qu’il n’y a pas de trou dans la raquette mais mon sentiment c’est qu’on a repéré tous les secteurs. En revanche, tout cela est mouvant. Donc on est dans une relation dynamique pour adapter et améliorer les dispositifs”. Mardi 5 janvier, le MODEF (Mouvement de défense des exploitants familiaux) et la Confédération paysanne ont contesté ce relativisme, évoquant une “situation explosive”.

Les deux organisations se sont plaintes du manque de préparation et de réactivité du gouvernement face à la crise:” On ne lutte pas contre une vitesse de virus comme ça en agissant à huit jours de retard. Ce n’est pas possible. Partir à la guerre sans arme, ça fait des dégâts, cela fait des carnages”. Sont pointés du doigt les “plus de six jours” de délais entre le signalement des canards malades et leur abattage. Des lourdeurs administratives qui ne sont pas sans rappeler l’actualité et les polémiques sur la gestion laborieuse du gouvernement de la campagne de vaccination contre le COVID.

Et de vaccination, il est également question pour la grippe aviaire. L’association « les Canards en Colère » déplore l’absence de campagne de vaccination des volatiles. En 2018, le laboratoire Ceva France a élaboré un vaccin efficace à 100% face au virus H5N8. Pourtant, il n’est toujours pas question de vacciner et ainsi protéger la filière. Les princiaux gros producteurs sont contres : si une campagne de la sorte était mise en place, les œufs et la viande des volailles françaises perdraient leur statut indemne de l’Organisation internationale des épizooties (OIE) et seraient alors interdites à l’exportation. Conséquence : la direction de l’Agence générale de l’alimentation (Dgal) a fait interdire la vaccination des volailles.

Une décision sanitaire qui pourrait s’avérer vaine et contre-productive. Si l’épidémie n’est pas maîtrisée, la perte qui concernerait les exportations pèsera bien peu face à l’hécatombe que subiront les élevages français. D’autant que l’épidémie frappera d’elle-même les exportations. Mercredi, la Chine a annoncé la suspension de ses importations de volaille française. Côté gouvernement, on attend désormais les recommandations de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), qui devraient être délivrées dans la semaine.

Plus de deux mois après le début de la crise, il serait temps !

Auteur :
La rédaction
Publié le 7 janvier 2021

Publié par magrenobloise

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