Les Français ne pourront pas choisir la marque de leur vaccin

ARTICLE. Le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué hier que les Français ne pourront pas choisir la marque du vaccin qui leur sera injecté. Une absence de choix qui inquiète, car une des deux technologies vaccinales, celle de l’ARN Messager, laisse certains scientifiques sceptiques.

Les Français ne pourront pas choisir la marque de leur vaccin

Invité sur BFM TV hier soir, Olivier Véran a annoncé qu’il ne laisserait pas le choix aux Français de choisir leur vaccin : « Aujourd’hui, nous avons deux vaccins validés, deux vaccins à ARN Messager (…) avec la même efficacité, les mêmes indications. Il n’y a pas lieu de poser la question du choix« , a précisé le ministre de la Santé. « Nous aurons d’autres vaccins, il y en a trois autres qu’on attend assez rapidement. Si les indications sont les mêmes que pour les deux premiers, vous serez vaccinés par l’un ou l’autre, indistinctement », a-t-il ajouté, « comme ce sera le cas dans le monde entier« .

Si cette règle est la même que celle actuellement en vigueur pour les autres vaccins commercialisés en France, comme les vaccins pédiatriques ou le vaccin contre la grippe, ce non-choix soulève tout de mêmes des interrogations, car il y aura bien deux technologies différentes disponibles pour le vaccin contre la Covid-19 : certains basés sur une version atténuée ou inactivée du virus original, et ceux élaborés à partir d’une information génétique du virus, sous forme d’ADN ou d’ARN.

Pour l’instant, les deux seuls vaccins disponibles en France, celui de Pfizer et BioNTech et celui de Moderna sont des vaccins à ARN messager. « Aucun problème de sécurité sérieux n’a été observé » quant à la technologie utilisée, précise Pfizer dans son communiqué tout en indiquant que « des données de sécurité et d’efficacité supplémentaires continuent d’être collectées ». Dans une interview à la Radio et Télévision suisse (RTS, la chaîne publique romande), le patron de Moderna, Stéphane Bancel, a également tenu à rassurer les inquiets. « La technologie de l’ARN messager est très intéressante (…). Elle ne touche pas le noyau de la cellule, ce qui est très important pour ne pas prendre de risque avec votre ADN ». Les deux laboratoires prévoient de fournir jusqu’à 50 millions de doses de vaccins dans le monde en 2020 et jusqu’à 1,3 milliard de doses en 2021.

Or, cette  technique de l’ARN messager est très récente et la forme utilisée pour le vaccin Covid-19 n’a jamais été approuvée pour un usage humain. Depuis plusieurs semaines, elle soulève des interrogations au sein de la communauté scientifique. Eric Caumes, le chef de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Pitié-Salpêtrière (AP-HP) l’a expliqué sur France Inter :  « Malheureusement, on manque de recul, on n’a toujours pas les publications scientifiques » sur ces vaccins à base de matériel génétique (ARN messager) pour lutter contre le Covid-19. »Les dossiers sont à l’Agence des médicaments américaine et européenne, mais on n’y a pas accès. » Etienne Simon-Lorière de l’Institut Pasteur, se montre rassurant sur l’innocuité du vaccin par ARN messager mais pas sur la durée de son efficacité : « Le matériel génétique de la personne vaccinée, qui se trouve dans le noyau de la cellule, ne va pas interagir avec l’ARN du vaccin. Avant la pandémie, il y avait déjà plusieurs candidats vaccins à ARN messager en développement par plusieurs groupes. Mais il reste d’autres interrogations et notamment celle-ci : on ne connaît pas la durée d’efficacité des vaccins à ARN. L’immunité pourrait disparaître plus rapidement qu’avec d’autres vaccins, nous n’avons pas de recul sur cette technologie ».

En France, trois laboratoires travaillent sur des vaccins sans ARN messager : Astrazeneca/Oxford, l’Institut Pasteur et Sanofi. Mais pour l’instant, aucun des trois n’a reçu de validation et d’autorisation de mise sur le marché. Aujourd’hui, la question pour les Français est davantage celle de savoir s’ils veulent se faire vacciner ou non. Reste à savoir si le choix sera possible lorsque les vaccins à technologie sans ARN messager seront disponibles.

Surtout que les Français se montrent toujours aussi réfractaires à la vaccination : selon la dernière enquête d’Odoxa pour Le Figaro et Franceinfo, sur les 1004 personnes sondées, la population reste en majorité réfractaire à la vaccination avec un taux de refus de 58 %. Soit une augmentation de 8 points par rapport au mois précédent, au moment où les premiers vaccins étaient découverts : «Chose incroyable, en France, plus les scientifiques censés vanter la vaccination parlent des vaccins, et moins les Français veulent se faire vacciner!», concluait Gaël Sliman, le président d’Odoxa, lors de son enquête.

Auteur :
La rédaction
Publié le 8 janvier 2021


Publié par magrenobloise

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