France – Institut Pasteur, partie 1

L’institut Pasteur est une fondation française privée à but non lucratif qui se consacre à l’étude de la biologie, des micro-organismes, des maladies et des vaccins.

Créé en 1888 grâce à une souscription publique internationale, il est ainsi nommé d’après Louis Pasteur, son fondateur et premier directeur qui, en 1885, a mis au point le premier vaccin contre la rage.

Depuis plus d’un siècle, l’institut Pasteur est à la pointe de la lutte contre les maladies infectieuses. Cette organisation internationale de recherche, basée à Paris, a été la première à isoler en 1983 le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), virus qui provoque le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA). Au fil des années, il a été à l’origine de découvertes révolutionnaires qui ont permis à la médecine de contrôler des maladies virulentes, telles que la diphtérie, le tétanos, la tuberculose, la poliomyélite, la grippe, la fièvre jaune, la peste épidémique, l’hépatite B, le SIDA. Depuis 1908, dix scientifiques de l’institut ont été récompensés par un prix Nobel de physiologie ou médecine.

Institut Pasteur, Paris, France

Fondation
En 1886, les premiers dons en vue de la création d’un Institut antirabique sont reçus en janvier et la souscription pour la fondation d’un Institut vaccinal contre la rage est lancée le 1er mars 1886. Le 11 mai suivant, un gala se tient au Trocadéro en faveur de l’institut Pasteur.

Créé par un décret du 4 juin 1887, l’institut est inauguré le 14 novembre 1888 par le président Sadi Carnot.

Fondateur

L’institut Pasteur est fondé par Louis Pasteur, scientifique français que ses premières expériences sur la fermentation, réalisées à Lille pour les industries de la bière, ont mené à des recherches fondamentales en bactériologie. En effet, au moment où il fonde son institut, Pasteur a déjà découvert le principe de la stérilisation, connu sous le nom de pasteurisation et qui régit aujourd’hui la pratique universelle de l’antisepsie. D’autre part, il a déjà développé des techniques de vaccination contre les infections bactériennes et il est connu pour avoir mis au point un vaccin efficace contre la rage.

Louis Pasteur lui destine alors trois objectifs : « [Il] sera à la fois un dispensaire pour le traitement de la rage, un centre de recherche pour les maladies infectieuses et un centre d’enseignement pour les études qui relèvent de la microbie. »

Pasteur s’intéresse tout autant à la recherche fondamentale qu’à ses applications pratiques, et les cinq premiers départements de son institut sont dirigés par des savants de formation très diverse. Un normalien, Émile Duclaux, est chargé de la recherche en microbiologie, un autre, Charles Chamberland, de la recherche sur les micro-organismes appliquée à l’hygiène. Un biologiste, Ilya Ilitch Metchnikov, s’occupe de la recherche en morphologie des micro-organismes et deux médecins, Jacques-Joseph Grancher et Émile Roux, de la recherche en technique microbienne. Un an après l’inauguration de l’institut, Roux inaugure le premier cours de microbiologie jamais dispensé, alors intitulé cours de microbie technique.

Après Pasteur
Durant l’Occupation, la direction de l’institut Pasteur couvre l’activité résistante d’environ 10 % de ses chercheurs, mais échoue à empêcher l’arrestation en ses murs du pastorien Eugène Wollman qui sera, ainsi que son épouse, Elisabeth Wollman, déporté et assassiné à Auschwitz.

Histoire
Les successeurs de Pasteur maintiennent la tradition, comme le montre cette chronologie de quelques réalisations de l’institut :

1889 : Émile Roux et Alexandre Yersin décrivent le mécanisme d’action de Corynebacterium diphtheriae et mettent au point un traitement de la diphtérie par les antitoxines ;

1894 : Alexandre Yersin découvre l’élément pathogène de la peste bubonique, Yersinia pestis ;

1898 : Paul-Louis Simond découvre le rôle de la puce dans la transmission de la peste ;

1899 : Inauguration de l’Institut Pasteur de Lille, structure indépendante dont le but premier est à l’origine d’être un centre de production de sérum antidiphtérique ;

1900 : l’hôpital Pasteur est créé par des disciples de Pasteur, Émile Roux et Louis Martin.

1907 : Alphonse Laveran reçoit le prix Nobel pour ses recherches, effectuées en collaboration avec Félix Mesnil, sur le rôle des protozoaires parasites du sang dans certaines maladies, et notamment la Malaria ;

1908 : Ilya Ilitch Metchnikov reçoit le prix Nobel, pour ses contributions à la compréhension du fonctionnement du système immunitaire.

1910 : Constantin Levaditi : polyomiélite et syphilis ; Karl Landsteiner :  transfusions sanguines

1911 : Sous l’impulsion d’Emile Roux, l’institut Pasteur d’Algérie est créé. Edmond et Étienne Sergent mettent en place une doctrine posant les bases de la lutte antipaludique en Afrique du Nord et découvrent de nombreux traitements pour lutter contre les maux endémiques touchant la population d’Algérie et son bétail. Ils participent ainsi à sauver de nombreuses vies et favorisent le développement de l’Algérie.

1915 : L’Institut Pasteur fournit 6 millions de doses de sérum antitétanique pendant toute la durée de la guerre.

1917 : Félix d’Hérelle découvre le bactériophage, virus qui se répand uniquement à l’intérieur des bactéries.

1921 : Découverte à l’Institut Pasteur de Lille du vaccin contre la tuberculose : le billié de Calmette et Guérin ou BCG.

1937 : Daniel Bovet et Anne-Marie Staub découvrent les premiers médicaments antihistaminiques (chimiothérapie,  il isole le sulfanilamide, agent actif du Prontosil de Domagk. Le Prontosil fut obtenu au terme de cinq années de recherches et de tests sur des centaines de composés liés aux colorants azoïques, par une équipe des laboratoires du groupe allemand Bayer qui faisait alors partie d’IG Farben. La nouvelle des succès cliniques se répandit cependant en Europe et, après la guérison de Delano Roosevelt, un des fils du président Franklin Roosevelt, l’intérêt s’accrut brusquement. Des douzaines d’équipes de chimistes se mirent alors à travailler sur le Prontosil.). Il faisait cela avec Federico Nitti.

1983 et 1985 : Luc Montagnier*, Jean-Claude Chermann et Françoise Barré-Sinoussi** découvrent les deux virus VIH responsables du SIDA, ce pour quoi Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi reçoivent le prix Nobel de médecine en 2008.

années 1990: L’Institut Pasteur est impliqué dans le scandale des enfants contaminés par la maladie de Creutzfeldt-Jakob (lien avec Monsieur Alzheimer), dans le cadre du traitement par l’hormone de croissance

*Luc Montagnier : Depuis la fin des années 2000, il multiplie les prises de positions sans rapport avec les connaissances en biologie et en médecine et dépourvues de tout fondement scientifique. Il défend notamment les théories de la « mémoire de l’eau » de Jacques Benveniste, de la téléportation de l’ADN et prend position contre les vaccins. Les sceptiques disent qu’il est atteint de la « maladie du Nobel » (qui consiste, pour un prix Nobel à se mettre à travailler sur des sujets dans lesquels il n’a aucune compétence ou bien sur des théories pseudo-scientifiques). Ces prises de position l’ont amené à être marginalisé par la communauté scientifique. Le 7 novembre 2017, il participe avec Henri Joyeux à une conférence de presse où il déclare être d’accord avec plusieurs arguments des anti-vaccins qui sont réfutés par la communauté médicale

  • les vaccins seraient responsables de morts subites du nourrisson et Montagnier déclare avoir « un dossier judiciaire américain concernant un bébé mort aux États-Unis après avoir été vacciné » ;
  • les adjuvants à base de sel d’aluminium seraient « responsables d’une tempête immunitaire chez le nourrisson » ;
  • le « paracétamol, que l’on donne aux nourrissons quand ils ont une réaction au vaccin, c’est du poison ».

Coronavirus :
En avril 2020, Luc Montagnier émet l’hypothèse que le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère à l’origine de la pandémie de Covid-19, est « sorti d’un laboratoire chinois avec de l’ADN de VIH ». Selon lui une séquence du virus de l’immunodéficience humaine aurait été introduite dans le génome du coronavirus pour tenter de faire un vaccin.

** Françoise Barré Sinoussi : En 2012, elle devient présidente de l’International AIDS Society, première société internationale indépendante de chercheurs et de médecins contre le VIH. En 2014, elle est nommée membre du Conseil stratégique de la recherche. Elle devient marraine de la promotion 2013-2014 des étudiants FGSM2 (2e année de médecine) de la Faculté de médecine de Tours (Université François-Rabelais). En 2018, elle devient aussi marraine de la promotion de médecine 2017-2022 de Nancy. Ainsi, ces promotions portent le nom de « Promotion Françoise Barré-Sinoussi ». En 2017, elle est nommée présidente du Sidaction suite au décès de Pierre Bergé.

Crise du coronavirus 2020 : Lors de la pandémie de maladie à coronavirus, elle préside le Comité analyse recherche et expertise (CARE), réunissant 12 chercheurs et médecins pour conseiller le gouvernement sur les traitements et les tests contre le SARS-CoV-2. Elle prend position sur l’hydroxychloroquine le 24 mars 2020 pour « ne pas donner de faux espoirs, pour une question d’éthique et en l’absence d’efficacité démontrée ».

Génome (vu jusqu’à 16.41 minutes)

Par qui est dirigé l’Institut Pasteur ?

Par un britannique, le dénommé Stewart Cole, microbiologiste britannique. Il est directeur général de l’Institut Pasteur depuis janvier 2018.

 Il a été boursier postdoctoral à l’Université d’Umeå (Suède) et assistant de recherche au Max-Planck-Institut de biologie de Tübingen (Allemagne).

Stewart Cole est actif dans la recherche sur les maladies infectieuses et la santé mondiale depuis de nombreuses années. Entre 2007 et 2017, il a été professeur titulaire et directeur de l’Institut mondial de la santé à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL, l’une des deux écoles polytechniques fédérales suisses). Son laboratoire à l’EPFL a fermé ses portes en décembre 2018. Il était auparavant professeur, directeur général adjoint et directeur scientifique de l’Institut Pasteur de Paris (1983 – 2007), qu’il a ensuite rejoint en tant que président-directeur général.

Ses travaux de recherche en microbiologie ont été largement salués et sont directement liés à la santé mondiale et à la lutte contre les maladies dans les pays en développement comme dans les pays industrialisés. Pendant quatre décennies, son équipe a étudié une gamme de sujets, notamment les systèmes de transport d’électrons bactériens; la génomique et le diagnostic des rétrovirus (VIH) et des papillomavirus oncogènes (HPV); mécanismes de résistance aux antibiotiques ; et la microbiologie moléculaire des clostridies toxigènes. Cole est surtout connu pour ses travaux novateurs sur la génomique, l’évolution et la virulence des mycobactéries pathogènes, en particulier celles qui causent les maladies humaines, la tuberculose (TB) et la lèpre.

Cole a supervisé une trentaine d’étudiants pour les diplômes MS et PhD, et formé 40 boursiers postdoctoraux et cliniciens. Avec eux, il a publié plus de 350 articles scientifiques et articles de synthèse. Il est également inventeur de nombreux brevets, dont plusieurs ont été concédés sous licence à des partenaires industriels donnant naissance à des produits diagnostiques et thérapeutiques qui ont trouvé une application directe en médecine humaine et ont contribué à sauver des vies.[réf. nécessaire]

Cole a été coordinateur scientifique du projet Nouveaux médicaments pour la tuberculose (NM4TB) qui s’est déroulé de 2006 à 2009 et du projet More Medicines for Tuberculosis (MM4TB) qui s’est déroulé de 2011 à 2016 dans le cadre du 7e PC de l’Union européenne. Programme de financement de la recherche et de l’innovation. Ces travaux ont abouti à la découverte du candidat médicament contre la tuberculose, la macozinone (MCZ) et à la création par l’EPFL du spin-off à but non lucratif iM4TB (Innovative Medicines for Tuberculosis). MCZ est actuellement en phase 2 d’essais cliniques.

Stewart Cole a été nommé 16ème directeur général de l’Institut Pasteur le 13 octobre 2017, 130 ans après sa fondation, devenant ainsi la première personne non française à occuper ce poste. Il a pris ses fonctions le 2 janvier 2018, lorsqu’il a commencé à préparer le plan stratégique de l’Institut pour 2019-2023. L’ambition générale de ce plan est de donner à l’Institut un nouvel élan dans la recherche fondamentale et d’accroître son impact sur la santé humaine. Les domaines prioritaires du Plan stratégique comprennent les maladies infectieuses (ré) émergentes, la résistance aux antimicrobiens, la connectivité cérébrale et les maladies neurodégénératives. D’après le Plan stratégique, les quatre missions initialement définies par Louis Pasteur pour son institut – recherche, santé publique, formation / éducation et ouverture de la recherche à des applications de valeur pour l’humanité – sont aussi pertinentes aujourd’hui qu’elles l’étaient en 1887, lorsque l’Institut Pasteur a été fondé.

2009 : Prix Kochon du partenariat STOP-TB de l’Organisation mondiale de la santé
2016 : Gardner Middlebrook Award, 37th Annual Congress of the European Society of Mycobacteriology (3 juillet 2016; Catane , Italie ).

Auteur :
Nicole Pras
Publié le 12 janvier 2021

Publié par magrenobloise

Webmagazine

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :