Psychiatrie – Essai de généalogie

Alois Alzheimer est né le 14 juin 1864 à Marktbreit et mort le 19 décembre 1915 (à 51 ans) à Breslau, est un médecin psychiatre, neurologue et neuropathologiste allemand, connu pour sa description en 1906 de la maladie qui porte son nom.

Etude de première année
Alois Alzheimer est le deuxième fils d’Eduard Alzheimer, notaire à Marktbreit (Bavière), et de Theresia Barbara Busch, sœur de sa première épouse défunte (Eva-Maria Busch).

Après des études secondaires à Aschaffenbourg, il fait ses études de médecine à Berlin, Tübingen et Wurtzbourg, où il passe sa thèse sur les « glandes productrices de cérumen » (Über die Ohrenschmalzdrüsen) en 1888.

Il se marie avec Cecille Simonette Nathalie Geisenheimer, née Wallerstein qui lui a été présentée par Wilhelm Erb lors d’un séjour en Algérie. Ils ont trois enfants : Gertrud (1895), Hans (1896) et Maria (1900).

Année à Francfort-le-Main
En décembre 1888, il est nommé médecin à l’Asile municipal pour les maladies mentales et les épileptiques (Städtische Heilanstalt für Irre und Epileptische) de Francfort-sur-le-Main. Il y côtoie notamment le psychiatre Emil Sioli (directeur de l’établissement) et le neurologue Franz Nissl. Ensemble, ils étudient l’anatomie normale et pathologique du cortex cérébral, et publient six volumes de 1904 à 1918. Il rencontre également Emil Kraepelin, qui devient un de ses mentors.

Année à Munich 1903-1912
Après avoir été son assistant à Heidelberg en 1902, il suit Emil Kraepelin au Royal Psychiatric Hospital de Munich en 1903. Il intègre son équipe de chercheurs au sein de la Clinique psychiatrique où vont se côtoyer Alfons Maria JakobHans Gerhard CreutzfeldtFritz Lewy.

En 1904, il publie sa thèse de doctorat : Histologische Studien zur Differentialdiagnose der progressiven Paralyse.

Il devient membre de la Société d’hygiène raciale, fondée en 1905 par, entre autres, Ernst Rüdin et Alfred Ploetz (promoteurs de l’hygiène raciale allemandeBruno Beger). Il fonde l’école de neuropathologie de Munich et est nommé professeur assistant de psychiatrie au Ludwig Maximilian University en 1908, puis professeur de psychiatrie et directeur du Neurologic and Psychiatric Institute of the Silesian Friederich-Wilhelm University à Breslau en juillet 1912.

Le cas Auguste Deter
Auguste Deter (16 mai 1850 – 8 avril 1906), est admise à l’hôpital de Francfort le 25 novembre 1901, atteinte d’une démence. Elle est suivie par le Dr Alzheimer jusqu’à sa mort.

En raison du coût de l’hôpital de Francfort, le mari d’Auguste Deter envisage de la transférer vers un centre moins coûteux ; Alois Alzheimer négocie le maintien à Francfort en échange de la possibilité de réaliser l’autopsie cérébrale à Munich après son décès. L’autopsie permet d’y découvrir les anomalies qui deviendront caractéristiques de la maladie : plaques amyloïdes et dégénérescence neurofibrillaire.

Il décrit pour la première fois les symptômes de la dégénérescence corticale et l’analyse histologique du cerveau le 3 novembre 1906, lors de la 37e conférence des psychiatres allemands du Sud-Ouest à Tübingen. Les auditeurs ne posent pas de question, apparemment plus intéressés par la lecture suivante sur la masturbation compulsive.

Par la suite, plusieurs autres médecins (Fisher en 1907, Bonfiglio en 1908, Perusini en 1909 qui réétudie le cerveau d’Auguste Deter) vont confirmer sa découverte. Alzheimer publie un deuxième cas identique en 1911 (Johann F.).

C’est le psychiatre renommé Emil Kraepelin, qui est à l’époque responsable de la chaire de psychiatrie de Munich, qui propose en 1910 de désigner ce type de démence par le nom de son collègue.

Une authentique maladie d’Alzheimer ?

Dans les années 1990, des critiques sur le cas Auguste Deter ont été formulées ; une nouvelle analyse publiée en 1998 a confirmé qu’Auguste Deter a bien eu ce qui est maintenant appelé une maladie d’Alzheimer. Le deuxième cas de Johann F. (1911) a été confirmé par la même équipe.

Auguste Deter (1902).

Qui est Emil Kraepelin son mentor ?

Emil Kraepelin (né en 1856 à Neustrelitz, en grand-duché de Mecklembourg-Strelitz – mort en 1926) est un psychiatre allemand considéré comme le fondateur de la psychiatrie scientifique moderne.

Élève de Bernhard von Gudden et de Wilhelm Wundt, fondateur de la psychologie expérimentale, Kraepelin s’est efforcé, tout au long de sa carrière, de créer une classification des maladies mentales fondée sur des critères cliniques objectifs. Après avoir été professeur de psychiatrie à l’université de Dorpat, en Estonie, jusqu’en 1890, il s’établit comme psychiatre à Munich.

La nosologie de Kraepelin
Sa nosographie s’est affinée à travers les huit éditions de son Traité de psychiatrie publiées de 1883 à 1915, et destinées aux médecins et aux étudiants. Kraepelin est très attaché à l’évolution dans le temps des maladies et a donc essentiellement fondé sa classification sur cette notion. Une maladie s’individualise par son évolution. Dans la sixième édition de son traité, en 1889, Kraepelin précise le cadre nosographique des psychoses chroniques et distingue deux entités morbides : les psychoses maniaco-dépressives et les démences précoces. Il utilise le terme de psychose pour désigner des états psychiques caractérisés par une altération profonde de la conscience du sujet (trouble grave de l’identité) et de son rapport à la réalité.

[…]

En 1895, Kraepelin devenait directeur d’un journal, Psychologische Arbeiten. Surtout des articles sur la psychologie expérimentale y voyaient jour, mais, une fois, Kraepelin lui-même y publia ses recherches sur le langage de rêve. C’était un article dans lequel Kraepelin s’aventurait dans la reconstruction des liens associatifs dans le domaine du langage de rêve. L’article était publié en 1910 dans Psychologische Arbeiten, mais était déjà disponible en forme de cahier en 1906. En 1906, Kraepelin publia aussi une monographie, avec un peu plus d’exemples, sur le langage de rêve.

Eugénisme
Lorsqu’il est devenu professeur de psychiatrie clinique à l’université de Munich en 1903, Kraepelin a de plus en plus écrit sur les questions de politique sociale. Il était un partisan fort et influent de l’eugénisme et de l’hygiène raciale. Ses publications portaient notamment sur l’alcoolisme, la criminalité, la dégénérescence et l’hystérie.

Ernst Rudin (1874-1952): décoré par Hitler lui-même, émigre aux Etats-Unis. un des instigateurs, à la demande d’Adolf Hitler de la Loi du 14 juillet 1933 sur la stérilisation contrainte. C’est l’un des pionniers de l’approche génétique en psychiatrie, avec son étude de 1916 sur l’hérédité de la schizophrénie.

Alois Alzheimer : 1864-1915

Kraepelin : 1856-1926

Franz Nissl (1860-1919), assistant de Bernhard von Gudden, médecin de Louis II de Bavière chez qui il a diagnostiqué une paranoïa et avec lequel il est mort dans des circonstances mystérieuses.

Freud : 1856-1939

Auteur :
Miguel Vasquez
Rédacteur
Publié le 12 janvier 2021

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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