Turquie, France, OTAN : mise au point géopolitique pour une réactualisation gaullienne nécessaire

OPINION. A défaut de donner assez de sa voix et de son poids pour faire exclure, sanctionner par l’OTAN la Turquie, à défaut d’agir sur une alliance enfin si défectueuse, honteuse, internationalement laide et défaillante, la France a une solution. Bien connue, lucide et déjà pratiquée, quant à l’OTAN. En un mot : gaullienne.

Turquie, France, OTAN : mise au point géopolitique pour une réactualisation gaullienne nécessaire 

Ce n’est pas seulement en rendant hommage à De Gaulle à Colombey qu’on peut prétendre à incarner un héritage politique ou diplomatique, ou militaire. Ni même prétendre à son appropriation. Et cela alors même (selon le sacro-saint cri stupide du: « Et en même temps », ce pâle credo politicien!), que, du discours français et présidentiel aux actes diplomatiques et officiels, il y a la différence d’un salut vivace par rapport à un enterrement. Ce n’est pas en disant : « De Gaulle, De Gaulle! », qu’on soutient le rôle de la France ou qu’on peut en imposer efficacement à « l’Europe, l’Europe! »

Ni incarner un sens certain (quoique l’on veuille penser) de l’Histoire, de la France et de l’Europe.

Aujourd’hui, face à l’incurie de l’OTAN, face à la lâcheté de l’Europe devant M. Erdogan et ses divers tueurs et assassins, devant le drame arménien, devant le saccage du Haut-Karabagh, devant les menaces contre la Grèce, devant le pique-nique du sultan Erdogan à Chypre, dans une cité occupée par l’armée turque depuis des décennies et volée aux Grecs, la France qui fait faussement œuvrer sa marine mais ne va pas au bout de sa logique ni de sa politique, la France qui est complice de l’abandon de l’Arménie, la France qui prône par choix lâche, soulagé comme un mauvais besoin, par commodité et par facilité, la neutralité devant le massacre organisé et la paix hypocrite (qui ne sera qu’une amorce criminelle de guerre nouvelle et de guerre civile, entretenue déjà par des tentatives d’assassinats) en Arménie via les Turcs et leur marionnette azérie, via la Russie de « contrôle », aujourd’hui , fortement et en pleine conséquence, la France donc aurait pourtant un tout autre choix que celui du silence, de la bassesse comme de l’abandon et de l’infidélité. Lequel? Tout simple.

A défaut de donner assez de sa voix et de son poids pour faire exclure, sanctionner par l’OTAN la Turquie, à défaut d’obtenir que la Turquie quitte l’OTAN, à défaut d’influer sur une Europe institutionnelle également lâche, sur une Russie qui fait un mauvais calcul et sur une Amérique muette, à défaut d’agir sur une alliance enfin si défectueuse, honteuse, internationalement laide et défaillante, la France a une solution. Bien connue, lucide et déjà pratiquée, quant à l’OTAN. En un mot : gaullienne.

Que M. Macron, qui constatait « la mort cérébrale de l’OTAN », mais en même temps ne voulait pas en donner la reconnaissance de constat à M. Trump, mette en accord ses arrière-pensées avec lui-même et qu’il agisse comme le fit De Gaulle en 1966-67.

Que la France consente, soit, à rester membre de l’alliance pour le temps provisoire qu’elle durera à la rigueur.

Mais enfin : lucidement, franchement, qu’elle quitte, à nouveau et définitivement, la structure de décision de ce commandement factice incohérent, et de fait : son organe et son organisme de soumission. De soumission au sultan Erdogan, lequel fait décidément en Europe comme à l’OTAN, en calife têtu, en sultan enragé : ce qu’il veut, contre qui il veut (en Grèce et à Chypre par la menace directe, en Arménie et dans le Haut-Karabagh par la guerre horrible, et par la paix truquée, en France et contre la France en entretenant, en finançant l’islamisme et son évidence terroriste, et qui fait de même dans toute l’Europe).

Que la France redevienne, face à la Turquie et à ce si mauvais temps lâche, brutal et veule, totalement indépendante. Et donc : souveraine dans ses choix politiques et militaires. Ou bien qu’elle cesse de prétendre hériter des Lumières ce qu’elle croit être une pleine capacité donnant un éclairage des temps, des actions et sur les hommes, un halo qui au dix-huitième siècle avec gloriole, esprit ou éclat contre une partie de l’époque s’affichait certes mais, à la vérité, ne se faisait finalement qu’aux quinquets, en proclamant la liberté lumineuse. Pour aboutir, malgré Montesquieu (plus lucide et moins acide), en dépit de Diderot, de Voltaire, de Condorcet, de d’Alembert et de tant d’autres affutés et futés, à la guillotine. Que la France quitte le commandement intégré de l’alliance devenue déplorable, ou bien M. Macron pèsera aux yeux de M. Erdogan moins que ne devait le faire en 1943, pour Roosevelt et Churchill, De Gaulle himself : moins encore en 2020 conséquemment qu’un hypothétique « gouverneur de Madagascar ». Faute de quoi, M. Macron n’aura plus qu’un souci ; non plus celui de prétendre défendre ou d’expliquer des caricatures : mais de justifier une caricature… de politique étrangère.

Auteur :
Raphaël LAHLOU
Historien et géographe
Publié le 13 janvier 2021

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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