Vaccin Covid-19 : Sanofi, symbole de l’échec français ?

ARTICLE. Malgré des débuts prometteurs dans la course au vaccin, les complications s’enchaînent pour le laboratoire français Sanofi et ses deux vaccins. Il pourrait même devoir se mettre au service de ses concurrents.

Vaccin Covid-19 : Sanofi, symbole de l’échec français ?

A l’annonce de son lancement l’an dernier, les deux vaccins – un « traditionnel » et un autre à ARN messager – développés par Sanofi faisaient figure de modèle. Le laboratoire français suscitait ainsi espoir et fierté en France, faisant écho aux vœux de souveraineté sanitaire d’Emmanuel Macron. L’Union européenne avait alors commandé 300 millions de doses, le Canada et les Etats-Unis respectivement 72 et 100 millions. Quelques mois plus tard, force est de constater que c’est la dégringolade pour le groupe hexagonal : le vaccin développé avec GSK ne sera pas disponible avant la fin de l’année 2021, et celui à ARN messager développé avec Translate Bio au plus tôt au deuxième semestre 2021 selon Sanofi. Et pour l’instant, les deux seuls vaccins disponibles en France, celui de Pfizer/ BioNTech et celui de Moderna sont des vaccins allemands et américains.

La disponibilité du vaccin de Sanofi avec GSK qui était, selon Olivier Bogillot, président de Sanofi France, «initialement prévue en juin 2021, est désormais attendue au quatrième trimestre 2021 si notre plan de développement clinique se conclut avec succès ». Le vaccin devrait donc n’être disponible qu’environ un an après ceux de Moderna et Pfizer-BioNTech, autant dire une éternité, quand on sait l’urgence de la campagne de vaccination dans certains pays. « Le groupe ne semble pas avoir pris la mesure de l’urgence imposée par la pandémie, regrette Fabien Mallet, de la CGT-Sanofi.

D’après les premiers résultats de ses essais le vaccin Sanofi/GSK n’est pas aussi efficace qu’espéré, notamment sur les personnes âgées, comme l’a reconnu Olivier Bogillot, président de Sanofi France, dans un entretien à la Tribune : « Le premier programme de vaccin avec GSK est retardé afin d’améliorer la réponse immunitaire chez les personnes âgées. Chez les adultes âgés de 18 à 49 ans vaccinés, les résultats des tests ont ainsi montré une réponse immunitaire comparable à celle des patients guéris d’une infection Covid-19. La faible réponse immunitaire observée chez les plus de 50 ans serait, elle, liée à une concentration d’antigènes insuffisante.». Toutefois, il se veut rassurant, « la stratégie à suivre a été identifiée, et nous sommes confiants et fermement résolus à développer un vaccin sûr et efficace contre la Covid-19».

Un retard tellement important qu’il va probablement devoir se soumettre à ses concurrents, et confier ses propres lignes de productions pour d’autres fournisseurs afin de combler les retards de production du vaccin, notamment en France. Une situation surréaliste pourtant confirmée par Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée à l’Industrie sur Europe1 :« Cela se fera si techniquement c’est possible, car un transfert technologique pour ouvrir un site prend du temps. Nous sommes en train d’y travailler ». Sanofi pourrait donc se retrouver à produire le vaccin… d’AstraZeneca. Une situation particulièrement humiliante pour le leader français de la santé.

Autre mauvaise nouvelle pour Sanofi : le laboratoire français pourrait se faire doubler par l’Italie, qui prévoit de développer son propre vaccin anti-Covid 19 grâce à l’Institut ReiThera, une entreprise de biotechnologie installée à Rome. Annoncé après le vaccin français de Sanofi, il pourrait néanmoins être disponible avant : les autorités sanitaires italiennes ont annoncé que leur vaccin a passé avec succès la phase 1 des tests : « Dans cette première phase d’expérimentation, le vaccin s’est montré tout à fait sûr, explique le quotidien milanais Corriere della Sera. Il apporte les mêmes réponses immunitaires que d’autres vaccins déjà approuvés par les agences des médicaments. ». Le vaccin italien devrait connaître une mise sur le marché dès cet été. Et hier, la société allemande BioNTech a estimé être en mesure d’augmenter sa production pour fournir «2 milliards de doses» du vaccin contre le Covid-19 d’ici la fin 2021, soit nettement plus que son précédent objectif portant sur 1,3 milliard de doses.

Auteur :
La rédaction
Publié le 12 janvier 2021

Publié par magrenobloise

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