Armée de l’air : l’Eurodrone sera livré avec (au moins) trois ans de retard

ARTICLE. La ministre des armées Florence Parly vient de confirmer que le drone MALE, un projet européen initié en 2014, ne sera pas livré avant au moins 2028 à l’Armée de l’air, soit près de 15 ans après son lancement et avec trois ans de retard sur la date de 2025 prévue par la loi de programmation militaire.

Armée de l’air : l’Eurodrone sera livré avec (au moins) trois ans de retard

Interrogée lors d’une audition à l’Assemblée nationale cette semaine, la ministre des Armées Florence Parly a été claire : « Nous n’aurons pas l’Eurodrone avant 2028 »… Au mieux. Lancé en 2014, le drone MALE  (Medium Altitude Long Endurance) doit fournir une capacité de surveillance et de frappe aérienne exceptionnelle, pendant une vingtaine d’heures, et devenir ainsi une alternative aux drones Reaper américains, seul moyen pour l’Union européenne de s’affranchir de sa dépendance actuelle aux Américains et Israéliens. Airbus est associé dans le projet à hauteur de 50 %, et a comme partenaire Dassault Aviation (35 %) et l’italien Leonardo (15 %).

Mais cette nouvelle tentative de coordination européenne se heurte à une question de taille : son budget. La première livraison devait avoir lieu en 2025. Pour cette commande colossale de 21 systèmes et 63 drones, la France avait calculé le montant maximum qu’elle pouvait lui allouer : la facture ne devait pas dépasser 7,1 milliards d’euros. Soit une heure de vol à 3 000 euros contre 4 000 euros environ pour le concurrent américain. Un tel montant représenterait une réduction importante par rapport aux drones américains Reaper : 160 millions d’euros par système contre 200 millions pour les Américains.

Une tentative âpre de négociation qui n’était pas vraiment du goût des industriels, qui envisageaient de facturer l’ensemble à 10 milliards d’euros, soit près de 30 % de plus : «Il revient aux industriels de faire une offre respectant l’enveloppe budgétaire. Nous ne transigerons pas. La souveraineté a un coût, mais pas n’importe lequel », s’était alors agacée Florence Parly. Par conséquent, faute de compromis, le projet est resté au point mort pendant plusieurs mois. Un accord serait cependant sur le point d’être trouvé, et la signature du contrat pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines.

«La grande question qui se pose, c’est le prix de la souveraineté», résume Cédric Perrin, sénateur de la commission de la Défense. «Est-ce qu’on est capable de mettre le double du prix ou veut-on continuer d’acheter américain avec les limites de souveraineté que cela comprend ? », interroge-t-il. Pour lui, pas de doute, «pour des raisons politiques, on n’aura pas d’autre choix» que de poursuivre l’Eurodrone. Coûte que coûte.

Auteur :
La rédaction
Publié le 16 janvier 2021

Publié par magrenobloise

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