En 2021, quel programme pour Front Populaire et Cie ? Avec Henri de Monvallier

Quel est le programme de Front Populaire et Cie pour 2021 ? Stéphane Simon, co-fondateur de la revue Front Populaire, a interrogé Henri de Montvallier, docteur en philosophie, qui  coordonnera la plateforme programmatique de l’association.

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Stéphane Simon. Bonjour à tous. Bonjour à tous les  compagnons de métropole comme d’Outre-mer. Nous débutons l’année 2021,  donc il est encore d’usage de vous présenter tous nos vœux pour une  année qui sera peut être pas la meilleure, mais en tout cas une  meilleure année.
Et pour bien commencer cette année 2021, je voulais vous présenter Henri  de Montvallier. Je voudrais simplement expliquer pourquoi 2021 est une  année décisive pour tous les compagnons du Front populaire. C’est avant  tout parce que c’est l’année où nous allons tous ensemble co-construire  et publier. C’est l’année de la publication, de la diffusion de la plate  forme programmatique de Front Populaire en vue des prochaines échéances  électorales, et bien d’autres puisqu’en fait, il s’agit de faire un  programme en open source où chaque candidat – non pas le candidat du  Front populaire et compagnie puisqu’il n’y en aura pas, on vous le  rappelle – mais que les candidats puissent aller trouver, clés en main,  comme un kit politique… Et c’est en cela que cette initiative est  nouvelle et originale dans l’histoire de la politique en France, puisque  nous allons, avec les 2800 compagnons de France, vous permettre  d’accéder à un panel de propositions politiques qui ira dans le sens de  la souveraineté et du souverainisme.
Alors pour commencer : re-bonjour Henri de Montvallier. Je voulais que  Henri, vous vous présentiez comme si vous ne connaissiez pas  l’assistance ou que l’assistance ne vous ne vous connaissait pas. Donc,  faire une présentation au « grand public ». Qui êtes vous, Henri de  Montvallier ?

Henri de Montvallier. Bonjour, cher Stéphane.  Bonjour à tous. Les lecteurs de la revue Front Populaire me connaissent  car j’ai publié dans le numéro 3 un article sur « l’art de la  conversation ». Mais de façon plus générale, je m’appelle Henri de  Montvallier, je vais avoir 41 ans, je suis marié, j’ai une petite fille  qui a 6 ans. Je suis de formation philosophique, essentiellement, des  études de lettres et de philo. J’ai un CAPES de lettres modernes. J’ai  enseigné le français pendant 6 ans. Après, je suis devenu professeur de  philosophie. Je suis agrégé de philosophie, je suis docteur en  philosophie et actuellement, mon poste d’enseignement est un poste de  culture générale en classe préparatoire et BTS dans un lycée du 13e  arrondissement de Paris.

Stéphane Simon. Très bien. Alors on a pensé à vous,  Henri, avec Michel pour conduire le suivi de la rédaction des  propositions politiques de Front populaire et compagnie. Et on va  découvrir, naturellement, pourquoi on a songé à vous. Mais dans votre  présentation, vous n’avez pas dit que vous aviez écrit cinq livres. Des  livres, d’ailleurs, dont le point commun – peut être au moins pour  certains d’entre eux – est que ce sont des livres critiques sur les  impostures contemporaines.

Henri de Montvallier. Oui, tout à fait. C’est un peu  une ligne directrice, si j’ose dire, de ma pensée. C’est un peu  prétentieux, disons de mon travail. J’ai coécrit trois livres qu’on peut  dire « critiques » avec mon collègue et ami Nicolas Rousseau. Le premier  s’appelle Blanchot l’obscur, c’est une critique de la pensée de  l’écrivain et philosophe Maurice Blanchot. Le deuxième, peut être le  plus connu du grand public, c’est Les imposteurs de la philo,  qui est sorti il y a un peu plus d’un an maintenant, qui est consacré à  une critique en règle de Raphaël Enthoven et quelques autres parmi,  disons, les penseurs qu’on dira « médiatiques ».
Et un troisième livre que j’ai coécrit avec Nicolas Rousseau s’appelle La phénoménologie des professeurs.  Alors là, c’est peut être un peu plus obscur pour beaucoup. En fait, la  phénoménologie, c’est tout simplement un mouvement intellectuel qui a  beaucoup envahi l’université, depuis une cinquantaine d’années et qui a  fait dériver la philosophie vers une certaine forme de jargon et la  production de textes, la plupart du temps incompréhensibles, illisibles  et incompréhensibles. J’en profite d’ailleurs pour renvoyer les  spectateurs à l’excellent texte de Michel Onfray dans le numéro 3 de la  revue Front Populaire, sur « la ligne claire » en philosophie française.

Stéphane Simon. D’ailleurs, je me suis laissé  raconter que c’est au cours de la rédaction d’un de ces livres que vous  avez croisé Michel Onfray. Est-ce que vous pouvez raconter brièvement  comment ça s’est passé?

Henri de Montvallier. Oui, tout à fait. Michel  Onfray est un homme de livres, vous le savez, et je l’ai rencontré par  un livre. En l’occurrence, nous étions en 2014 et avec mon ami Nicolas  Rousseau, on avait terminé ce livre critique sur la pensée de Maurice  Blanchot et on cherchait à le faire éditer.
Et bien entendu, comme nous étions totalement inconnus, on se prenait  lettres de refus sur lettres de refus. Et un jour, je lisais déjà Michel  Onfray depuis pas mal de temps, depuis que j’étais étudiant. J’avais lu  son livre sur Freud, notamment. Et je me suis dit que finalement, le  travail de déconstruction de la légende autour de Maurice Blanchot qu’on  faisait était très proche de ce qu’il avait fait dans son livre sur  Freud, ainsi que dans d’autres livres. Et c’est pourquoi je lui ai tout  simplement envoyé le manuscrit par la Poste, en lui demandant ce qu’il  en pensait, si c’était un livre qui avait été écrit dans l’esprit de son  travail.
Et à ma très grande surprise, alors que parfois, je devais attendre deux  mois pour avoir une lettre de refus de la part d’un éditeur, au bout de  trois jours, il m’a laissé un message sur mon téléphone portable en me  disant que c’était un travail tout à fait remarquable et qu’il allait  nous éditer chez Autrement et nous préfacer dans une collection qu’il  dirigeait à l’époque. J’ai beaucoup apprécié sa générosité et sa façon  qu’il avait de nous pousser alors que nous étions totalement inconnus et  que finalement, il n’avait aucun intérêt à le faire.

Stéphane Simon. C’était il y a combien de temps, à peu près ?

Henri de Montvallier. C’était en 2014.

Stéphane Simon. En 2014. Parmi vos ouvrages, vous  avez aussi, le temps d’un numéro, dirigé un numéro spécial sur Michel  Onfray : les fameux, les prestigieux Cahiers de l’Herne. Le  numéro consacré, donc, à Michel Onfray. C’est un ouvrage qui fait  autorité sur la vie de Michel Onfray, sur les différentes facettes du  philosophes, sur son oeuvre… C’est un livre important, on peut dire.

Henri de Montvallier. Oui, tout à fait. Les Cahiers de L’Herne,  ce sont effectivement des ouvrages collectifs qui font référence sur  les penseurs, sur les écrivains contemporains. Il en sort deux par an à  peu près et, en 2019, a été consacré un Cahier de L’Herne à  Michel Onfray que j’ai effectivement dirigé. Pourquoi ? Parce que, de  fil en aiguille, après cette rencontre sur Blanchot, Michel Onfray s’est  rendu compte que je le lisais. Ce qui a l’air idiot, mais ce que peu de  gens font parce qu’il a quand même écrit beaucoup, et il y a assez peu  de gens qui ont vraiment lu. Je n’ose même pas dire tout ce qu’il a  écrit, mais disons la plupart de ses livres au moins. Et il s’est rendu  compte que je connaissais bien sa pensée. Donc, il m’a d’abord proposé  de participer à ce projet de Cahier de L’Herne. Et après, il m’a proposé de le diriger.

Stéphane SImon. Très bien. Alors c’est presque une  transition naturelle de vous demander d’être en quelque sorte le  directeur de collection des travaux que sont en train de faire en ce  moment même – il y en a déjà beaucoup qui sont arrivés au bureau –  les  2800 adhérents du Front populaire et compagnie qui travaillent à nous  faire des propositions pour réformer la France. Donc, c’est assez  logique, finalement, d’avoir pensé à vous comme directeur de collection,  pour mener, pour encadrer, pour faire le suivi de cette plateforme  programmatique.

Henri de Montvallier. Oui, c’est vrai. Dans le cas du Cahier de L’Herne,  j’avais dirigé une trentaine de contributeurs, pas 2.800. Mais la tâche  a des points communs. Effectivement, je pense que ce qui est attendu,  c’est avant tout une synthèse, avec l’idée de créer une espèce de socle  commun de propositions pour reprendre le contrôle. Parce que le  sentiment premier que les gens actuellement de la politique, c’est avant  tout celui de la dépossession.
Et après, une fois qu’ils ont ce socle commun accepté pour chaque  secteur – éducation, défense, Europe, etc. –, voir quels seraient les  infléchissements pour mener une politique plus à droite, plus à gauche,  mais aussi, pourquoi pas d’ailleurs ou de nulle part. J’en profite pour  dire que je n’attends pas forcément des propositions de droite et de  gauche, mais j’ai surtout envie de lire et de réfléchir sur des  propositions d’ailleurs et de nulle part, c’est à dire des propositions  auxquelles on n’avait pas pensé jusque-là.
C’est en cela que ces ateliers collaboratifs m’intéressent.

Stéphane Simon. Moi aussi, j’attends beaucoup de ce  qu’on pourrait appeler « le génie du peuple ». C’est-à-dire cette capacité  face à une situation qui est de plus en plus désespérante de proposer  des choses auxquelles on n’a pas pensé. Donc, évidemment, ça nous  intéresse en commun.
Alors, vous allez nous parler un peu de votre méthode de travail que  vous allez conduire d’ici l’été prochain – on va revenir sur le  calendrier aussi – mais je voulais vous demander ce que vous n’avez pas  dit. Vous n’avez pas dit un mot sur vos opinions politiques, sur vos  inclinaisons si ce ne sont pas des opinions… Et si cela va avoir une  quelconque influence sur les travaux, parce que cela est très important  pour ceux qui nous regardent, pour les contributeurs de Front Populaire  et compagnie.

Henri de Montvallier. Oui bien sûr. Alors mes  opinions politiques me portent plutôt à gauche, et je peux me référer  par exemple à des gens comme Pierre Bourdieu qui comptent beaucoup pour  moi, mais je mets un point d’honneur, je crois, à ne pas être sectaire.  C’est vraiment quelque chose de très important pour moi.
Et il y a un autre point, c’est que je ne vote plus depuis un certain  temps. Ce qui est sans doute un point dans lequel beaucoup de gens, et  probablement des contributeurs à Front Populaire et compagnie vont se  reconnaître. Je me sens un petit peu orphelin en politique. On connaît :  déficit de représentation, on ne se reconnaît plus dans nos dirigeants,  on se sent « dépossédé », comme je le disais tout à l’heure… Donc c’est  aussi en ce sens que ce travail m’intéresse, effectivement : cette idée  que la base pourrait non pas « reprendre le pouvoir », mais au moins  proposer des idées, et que la clé se trouve peut-être là. Reprendre la  politique à la base, finalement.

Stéphane SImon. Dites-nous – même si l’on ne va pas  vous demander, à l’heure qu’il est, de nous expliquer ce que vous avez  vu, lu, entendu – mais la méthode qui va conduire les travaux. Comment  ça va se passer, concrètement, pour tous ceux qui y participent ?

Henri de Montvallier. Pour la méthode, il y a  plusieurs points. D’abord, un premier point important : ce n’est pas « la  proposition arrive, je la classe, je la garde, je dis c’est de droite  ou c’est de gauche… » Je pense qu’il faut avant tout concevoir l’idée  d’un dialogue. C’est-à-dire que je peux être amené à dire aux   collaborateurs de Front Populaire et compagnie , ou aux « experts », ceux  qui connaissent le sujet et qui travaillent déjà dans la revue Front Populaire, je  peux être amené à leur demander des précisions, notamment sur des  points techniques. Parce que bien évidemment, je ne suis pas spécialiste  de tout.  Je ne suis pas spécialiste d’éducation, de défense,  d’économie, etc., puisque j’ai une formation de philosophie. L’idée d’un  dialogue est importante.
En terme de calendrier, je crois que je vais me mettre à ce travail dès  maintenant. Le but étant d’arriver à un petit livre, qui prendra la  forme d’une plateforme programmatique. Ce n’est pas un programme clé en  main, à prendre ou à laisser, c’est plus fin. C’est plus l’idée d’une  colonne vertébrale avec de choses à l’intérieur desquelles on pourra  piocher., mais qui aura quand même une cohérence d’ensemble. C’est aussi  ça le défi.
Donc constituer cette plateforme programmatique pour que ça sorte sous  la forme d’un petit livre à la rentrée 2021, disons au mois d’octobre  2021.

Stéphane SImon. Septembre, octobre… On n’en est pas  là, mais cela permet d’avoir une ligne d’horizon pour chacun ! Alors  évidemment, d’ici là, il va y avoir ce dialogue et puis ces précisions.  J’en profite pour vous recommander et vous dire, Henri, à quel point il  est important que ce soit lisible pour tous. C’est-à-dire que si vous  n’êtes pas expert d’un point, de demander des précisions aux uns et aux  autres. C’est la possibilité, offerte, que ce soit accessible à tous. Il  faut que ce programme soit aussi un programme d’éducation populaire.  Que tout le monde s’y retrouve.
On est bien d’accord sur cet objectif ?

Henri de Montvallier. Tout à fait, on est  parfaitement d’accord. Et effectivement, ce n’est pas quelqu’un qui a  beaucoup critiqué le jargon et les textes illisibles qui va vous dire  qu’il ne faut pas être lisible ! Là, je suis totalement d’accord avec  vous !

Stéphane Simon. C’est formidable. Alors merci. Ce  que je vous propose, Henri, c’est que l’on se retrouve d’ici deux ou  trois mois, quand les choses auront bien avancé, peut-être avant, –  c’est vous d’ailleurs qui me direz quand vous êtes prêt – pour faire un  point d’étape. Parce que je voudrais que l’on tienne au courant tous les  compagnons de notre association citoyenne pour qu’ils soient dans la  partie. Évidemment, vous pourrez avoir eu des échanges intermédiaires  avec les uns et avec les autres, mais en tout cas, que l’on fasse un  point d’étape régulièrement, de manière à ce que l’on soit bien  orientés, et tenus informés.


Je vous propose aussi, avant de remercier Henri d’être venu nous voir, de partager le plus possible cette vidéo puisque c’est le grand objectif de Front Populaire et compagnie pour  2021 : la rédaction de cet ouvrage qui sera publié, et qui permettra à  chacun, à tous les hommes et les femmes de ce pays, de piocher des idées  pour faire avancer notre avenir. Donc partagez le plus possible cette  vidéo, et rejoignez-nous sur Front Populaire et Cie.

Auteur :
Stéphane SIMON
Co-fondateur de Front Populaire
Publié le 15 janvier 2021

Publié par magrenobloise

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