Crise sanitaire : entre résignation imbécile et révolte systématique, une voie étroite

OPINION. Ni la défiance, ni la confiance ne doivent être aveugles. Un citoyen lucide s’éclaire en lisant et en écoutant les scientifiques. Conscients qu’aucun n’a raison mais que certains ont moins tort que d’autres, le citoyen éclairé choisit de vivre sur une voie étroite entre la résignation imbécile et la révolte systématique.

Crise sanitaire : entre résignation imbécile et révolte systématique, une voie étroite

LA LIBERTÉ ET LA SÉCURITÉ

La liberté n’est pas un état stable mais un processus mouvant. Être libre c’est se libérer.

La sécurité c’est l’antinomie du danger, c’est la tranquillité, la sérénité, mais c’est une situation elle aussi fluctuante. Être en sécurité est un présent jamais certain.

Sécurité et liberté sont deux sœurs ennemies qui se confrontent quotidiennement au jeu du gagne-terrain, jeu qui serait assez plaisant s’il n’était pas aussi anxiogène. Plus la liberté progresse, plus la sécurité régresse, plus la liberté régresse, plus la sécurité progresse. Voici quelques exemples.

La sécurité routière nous contraint à respecter le code de la route. Nous ne sommes pas libres de rouler à cent à l’heure en ville ou de dépasser un autre véhicule sur une ligne blanche.

La sécurité en montagne interdit au skieur, même au skieur le plus expérimenté, de se lancer dans un couloir vertigineux et avalancheux.

Il est interdit de fumer dans les lieux fermés et couverts recevant du public ainsi que dans les transports.

Il est interdit de servir de l’alcool aux mineurs.

Il est interdit d’héberger des demandeurs d’asile déboutés qui sont dans l’obligation de quitter le territoire français.

La liste peut s’étendre à l’infini. Si nous cherchons bien, nous constatons aisément que nous vivons dans un monde d’interdits où notre liberté est souvent limitée voire malmenée.

Aujourd’hui le coronavirus désigné comme l’ennemi public n° 1 crée l’insécurité et met à mal notre sérénité. Il y a une quasi-unanimité sur la dangerosité du virus et sur la nécessité de s’en protéger. En revanche l’unanimité est loin de se faire sur les moyens imposés par le gouvernement pour combattre ce fléau. Le prix à payer pour notre mise en sécurité est l’amputation de tout ou partie de notre liberté.

Le code de bonne conduite pour la sécurité routière est entré dans nos mœurs depuis longtemps et nous nous y soumettons. En revanche, nous avons beaucoup de mal à accepter les règles contraignantes qu’on veut nous imposer pour la sécurité sanitaire.  La raison principale de cette réticence est l’absence de confiance que nous avons en ceux et celles qui fixent les règles et en ceux et celles qui glosent sur le coronavirus à longueur de journée.

ABSENCE DE CONFIANCE

Nous n’avons plus confiance en ceux qui nous gouvernent. Les hommes politiques et les technocrates nous mentent si souvent, soit directement soit par omission, qu’il est difficile voire impossible de leur faire confiance. Nous ne sommes pas enclins à nous soumettre spontanément et aveuglément à leurs ordres. D’autant que la terminologie guerrière adoptée pour nous effrayer « nous sommes en guerre », « le couvre-feu », nous semble très abusive en regard des vraies guerres autrement plus meurtrières que le coronavirus.

Nous n’avons plus confiance en ceux qui nous informent. Trop d’informations tue l’information. Les médias parlent le plus souvent des épiphénomènes et non des faits eux-mêmes. Quand ils abordent les faits réels ils ne les contextualisent pas et ne remontent pas aux causes profondes, peut-être faute de volonté, peut-être faute de moyens intellectuels. Beaucoup de journalistes, notamment à la télévision, sont logorrhéiques et racoleurs et cela, à l’évidence, pour faire de l’information un spectacle.

Nous n’avons plus confiance en l’industrie pharmaceutique. On connaît les masses financières colossales que génère cette industrie laquelle recherche, fabrique et vend des médicaments. Comment faire confiance aux laboratoires de recherche quand les recherches sont financées par ladite industrie pharmaceutique dont le but n’est pas la science mais le profit ? À l’inverse, il ne faut pas jeter la pierre aux chercheurs indépendants qui se battent pour trouver de vraies solutions. Il faut laisser du temps à ces scientifiques et ils trouveront. L’honnêteté de l’industrie pharmaceutique est une question qui reste en suspens…

L’absence de confiance se manifeste chez les citoyens de façon différente en fonction de leur culture et de leur sensibilité.

Le citoyen révolté fait ce qu’il veut quand il veut, comme il veut. Non au masque, non au confinement, non aux gestes barrières, non au couvre-feu, non à tout ce qui entrave sa liberté. Ce citoyen-là n’a peur ni du virus ni du gendarme !

Le citoyen suspicieux craint qu’on le prive de sa liberté non pour sa sécurité mais pour la tranquillité du gouvernement. Il soupçonne le gouvernement d’utiliser la peur comme moyen de contrôle et de domination : quand les gens sont confinés chez eux ils ne se rassemblent pas dans les rues pour contester le pouvoir !

Le citoyen résignéestime que, compte-tenu de la situation il est légitime qu’on restreigne ses libertés pour plus de sécurité. Toutes ces mesures sont prises pour notre bien, dit-il, la peur du gendarme est nécessaire pour nous protéger de la maladie et de nous-mêmes.

Le citoyen sceptique s’interroge en permanence sur le bien-fondé des mesures prises par les gouvernants. Il opte, en son âme et conscience, pour une adhésion mesurée et une résistance réfléchie à ces mesures. Avant de juger et de condamner il cherche à comprendre. Au fronton de sa pensée, écrite en lettres d’or, cette phrase de l’entomologiste J.H Favre, le dernier mot du savoir est le doute. Ce qui n’est pas la situation la plus confortable.

LA CONFIANCE… LE RETOUR

L’opinion personnelle est ancrée parfois si profondément qu’elle finit par devenir une conviction. Chacun, bien entendu, a le droit de croire ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut, à condition de ne pas faire de prosélytisme sur la place publique : c’est, en matière de religion, le principe de la laïcité.

Il faut transposer ici ce principe. Face au danger avéré du coronavirus et aux solutions imposées pour le combattre chacun doit se faire librement sa propre opinion et s’il advient que cette opinion se transmue en conviction il faut soit la taire soit apporter à ceux et celles à qui l’on veut la faire partager les preuves de sa véracité.

Ni la défiance, ni la méfiance, ni la confiance ne doivent être aveugles. Un citoyen lucide est un citoyen qui s’éclaire, non en lisant ou en écoutant les journalistes et les politiques, mais en lisant et en écoutant les scientifiques. Conscients qu’aucun n’a raison mais que certains ont moins tort que d’autres le citoyen éclairé choisit de vivre sur la voie étroite entre la résignation imbécile et la révolte systématique, en faisant confiance… à son bon sens et à son intelligence !

Auteur :
Georges BOGEY
Écrivain
Publié le 17 janvier 2021

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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