France – Energie

Quelques réflexions sur l’énergie en France et notamment sur Engie. Georges Plancher liste des points qu’il a noté.

Avec la cession de sa part de 70 % dans la centrale électrique au charbon de Loy Yang B, en Australie, d’une capacité de 1 GW, au chinois Alinta Energy, annoncée en novembre 2017, Engie boucle 88 % de son programme de cessions d’actifs de 15 milliards d’euros et ramené la part du charbon dans sa production d’électricité à 6 % contre 13 % en 2015.

En 2015, lorsque Engie s’est engagé à ne plus construire de nouvelles centrales à charbon, il a explicitement exclu les contrats déjà signés pour des projets au Chili, au Brésil et au Maroc. Engie doit les revendre après leur mise en service pour tenir ses engagements. Au Maroc, la centrale de Safi (1 250 MW) doit entrer en service en 2018 ; c’est un investissement de 2 milliards d’euros qu’Engie partage avec le japonais Mitsui et le marocain Nareva. Au Brésil, la nouvelle usine est mise en vente avant d’être inaugurée. Le charbon représente 31 % des nouvelles capacités en construction d’Engie, devant les centrales au gaz (25 %), l’éolien (22 %) et le solaire (20 %). Le groupe cherche aussi à céder ses centrales à charbon en Allemagne et aux Pays-Bas, mais les négociations n’ont pas encore abouti.

En février 2019, Engie annonce sa sortie définitive du charbon.

Plan d’investissement

Le plan prévoit d’investir 11 à 12 milliards d’euros dans les services énergétiques et les énergies « vertes », financés en partie par la cession de 6 milliards d’euros d’actifs, dont les dernières centrales à charbon, notamment la filiale thaïlandaise Glow et les dernières centrales à charbon en Allemagne et aux Pays-Bas. Dans certains pays, les centrales à charbon peuvent être « transformées en centrales à gaz qui émet moitié moins de CO2 ».

La répartition prévue pour ces investissements en 2019 est la suivante : infrastructures gazières (3 à 3,3 milliards), les services et solutions clients (4 à 5 milliards) et les énergies renouvelables (2.3 à 2.8 milliards). Les zones ciblées par les investissements sont l’Europe de l’ouest, l’Amérique du Nord, l’Australie et Singapour, mais aussi des pays comme la Roumanie, le Mexique, le Brésil, le Chili, le Pérou ou la Colombie. Engie veut également augmenter sa présence en Afrique et en Asie du Sud-Est, en se concentrant sur des métropoles. Cette répartition est revue en 2020 pour un recentrage dans un nombre plus limité de pays.

Engie a par ailleurs provisionné 13 milliards d’euros pour démanteler 7 réacteurs nucléaires situés en Belgique, que la loi belge oblige à arrêter en 2025.

Energies renouvelables
Dans les énergies renouvelables, Engie annonce ajouter 9 GW de capacités de production à l’existant et estime pouvoir atteindre une capacité installée renouvelable comprise entre 52 et 64 GW à l’horizon 2026.

Services de transition énergétique
Il s’agit pour Engie de fournir des services de transition énergétique aux entreprises privées et aux collectivités locales. L’entreprise explique cette direction à la fois par la demande émanant de ces acteurs, qui souhaitent tendre vers le « zéro carbone » mais ne savent pas comment le faire, et par sa capacité à les accompagner en combinant la conception d’infrastructures, leur financement et leur gestion. Isabelle Kocher dit qu’il s’agit « peut-être de l’invention d’un nouveau secteur » d’une valeur potentielle d’un billion de dollars.Pour cela, Engie investit dans des infrastructures, des projets d’énergies renouvelables, des équipements industriels qu’il opère pour proposer à ses clients des contrats à long terme de fourniture et stockage d’énergie, réduction de consommation, services bas carbone, réseaux de chaleur et de froid, panneaux solaires sur toiture, stations de rechargement des véhicules électriques…L’entreprise le fait en investissant puis en cédant 50 à 80 % du projet à un partenaire financier, tout en restant opérateur des infrastructures.Engie souhaite plus particulièrement développer ces services auprès de 500 grandes entreprises internationales et dans une vingtaine de pays et une trentaine de métropoles, principalement en Asie du sud-est et en Afrique, sans que la liste en soit arrêtée. Pour se développer auprès de ces grands clients, Engie annonce monter une force commerciale « de haut niveau » avec Accenture (dirigée au niveau mondial par l’américaine Julie Sweet) , Engie Impact.

Ce plan est modifié comme suit par Jean-Pierre Clamadieu en 2020 :
L’activité de solutions clients doit être coupée en deux parties :

  • « Un tiers environ de ces activités relève de la transition énergétique, notamment l’exploitation des réseaux de chaleur et de froid, et certains de ces métiers aident nos clients à réduire leur consommation d’énergie et à verdir leur production ». Ces activités doivent rester dans le giron de Engie.
  • Les « petites opérations » d’installation électrique, de systèmes de climatisation et de gestion d’immeubles doivent être cédées ou introduites en bourse.

Politique de cession ou d’autonomisations des activités
Outre la vente de centrales à charbon et la vente de Suez à Veolia, Engie souhaite vendre sa participation de 40% dans GTT. Engie prévoit de céder, ou bien de donner son autonomie en vue d’une introduction en bourse, à « un ensemble d’activités de service, de l’ordre de 12 milliards de chiffre d’affaires, qui concerne des installations électriques, des systèmes de climatisation ou de gestion d’immeubles, avec beaucoup de petites opérations ». Cette activité représente 74 000 salariés, et Engie espère obtenir ainsi 8 milliards d’euros. Ce montant sera réinvesti en majorité dans les énergies renouvelables, notamment l’éolien en mer, « dans quelques pays comme la France, le Benelux, les Etats-Unis et le Brésil ».

-> Brésil.

En 2017, Engie annonce la construction à l’horizon 2019 de la centrale de Fadhili en Arabie saoudite. Elle devrait atteindre une capacité supérieure à 1 500 mégawatts.

Centrales nucléaires

Engie exploite sept réacteurs en Belgique avec Electrabel, plus des participations dans les centrales de Chooz et Tricastin en France (1 208 MW, équivalent à un réacteur nucléaire) et des droits de tirage en Allemagne ; au Royaume-Uni, le groupe a créé une joint venture avec Iberdrola (espagne)et acquis un terrain en 2010 pour développer 3 600 MW de capacité nucléaire d’ici 2020 ; au Brésil, un Memorandum of Understanding (MOU) a été signé avec Eletronuclear/Eletrobras en 2009 ; des projets sont en cours de développement en Arabie saoudite, en Pologne et en Turquie.

Engie s’est désengagé du projet NuGen de construction d’une centrale nucléaire au Royaume-Uni en vendant l’intégralité de sa participation à Toshiba en avril 2017.   

La société Endel, filiale d’Engie, a été condamnée en 2016 pour « faute inexcusable » par le Tribunal des affaires de sécurité sociale, après le décès par cancer d’un de ses salariés.

Début 2019, via sa filiale Endel, Engie achète l’activité de maintenance nucléaire de Suez (dont le chiffre d’affaires 2017 était de 28 millions d’euros, dont 4 hors de France). Endel (chiffre d’affaires de 750 millions d’euros/an) est à l’occasion rebaptisée Endel SRA (basée à Vaulx-en-Velin (Rhône-Alpes) avec 180 employés) et devrait renforcer ses capactiés de services pour les gros composants tels que générateur de vapeur, cuve, etc..

En mars 2019, Isabelle Kocher annonce qu’en Belgique, les réacteurs Doel 3 et Tihange 2 doivent fermer en 2022 et 2023.

Auteur :
Georges Plancher
Géographe
Publié le 21 janvier 2021

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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