France – Espagne

L’Espagne, en forme longue le royaume d’Espagne (respectivement en castillan España et Reino de España), est un pays d’Europe du Sud — et, selon les définitions, d’Europe de l’Ouest — qui occupe la plus grande partie de la péninsule Ibérique. En 2019, il s’agissait du vingt-huitième pays le plus peuplé du monde, avec 47 millions d’habitants.

La monarchie catholique espagnole, qui possède alors un immense empire colonial, est, du xve siècle au début du xviie siècle, une grande puissance politique et économique. Elle connaît notamment un important rayonnement culturel dans toute l’Europe durant le Siècle d’or espagnol (xvie siècle-xviie siècle). L’influence espagnole décline par la suite, particulièrement tout au long du xixe siècle et au début du xxe siècle avec la perte de ses colonies, la montée des nationalismes et la multiplication des crises politiques, économiques et sociales qui culminent avec la Guerre civile de 1936 à 1939 suivie d’une longue période de dictature franquiste, conservatrice, militariste et nationale catholique de 1939 à 1975.

À la suite de la transition démocratique ouverte à la mort de Francisco Franco en 1975 et au mouvement culturel qui l’a accompagnée, la Movida, l’Espagne est devenue une monarchie constitutionnelle au régime démocratique parlementaire. C’est un pays développé doté de la quatorzième plus forte économie mondiale par PIB nominal7 (seizième à parité de pouvoir d’achat), et d’un niveau de vie « très élevé » (23e au classement IDH en 2012).

C’est un membre de l’Organisation des Nations unies, de l’Union européenne, de l’Union latine, de l’OTAN, de l’OCDE et de l’OMC. En 2013, 21,6 % de la population espagnole vit dans la pauvreté.

Histoire
Ibères et Celtibères au contct des civilisations méditerranéennes (avant -197)
Les populations autochtones de la péninsule Ibérique s’appelaient les Ibères. D’après les éléments livrés par l’archéologie et les recherches les plus récentes, il semble falloir abandonner l’idée que les Ibères soient un peuple migrateur venu d’Afrique. Les Ibères connaissent un développement qui prend sa source au début du Ier millénaire av. J.-C. et se termine avec la conquête romaine dans le courant du iie siècle av. J.-C.9. Leur territoire, qui a pu selon les époques représenter l’essentiel des côtes du Levant espagnol ainsi que la partie occidentale du littoral méditerranéen de la Gaule a en réalité connu des peuplements diversifiés. La géographie et le climat ainsi que certaines interactions avec d’autres peuples peuvent expliquer cela.

Les premières populations ibériques à s’affirmer sont identifiées au Sud de la péninsule. Celles-ci semblent avoir dès le début du Ier millénaire av. J.-C. su exploiter les richesses minières de leurs sols, afin d’en faire commerce avec d’autres populations méditerranéennes, et en particulier les Phéniciens puis les Carthaginois12. C’est dans cette région qui comprend l’essentiel de l’Andalousie actuelle et qui s’articule autour du bassin du Guadalquivir que va se développer la culture tartessienne, qui utilisent une langue, une écriture, une culture et une organisation sociale et politique distincte de celle des peuples voisins, avec une forte influence phénicienne. Les troubles géopolitiques qui affecteront le Proche-Orient durant le vie siècle av. J.-C. ralentiront ces échanges, et à partir de cette époque environ augmentera la visibilité des régions du Nord de l’Ibérie : la région de l’Èbre. Cette région, d’un caractère plutôt agricole en regard des territoires du Sud, miniers, connaîtra un développement singulier et des relations avec les peuples du Nord de la mer Méditerranée : Gaulois, Grecs, et plus tard Romains. Les peuples ibères développent différents systèmes d’écritures, dont l’écriture ibérique sud-orientale et l’écriture ibérique nord-orientale.

Bronze de Botorrita I, alphabet celtibère oriental.

Les dernières colonies (Cuba, les Philippines, Porto Rico, Guam) se séparèrent de la couronne en 1898 après la guerre hispano-américaine. Quelque peu isolée du reste de l’Europe, l’Espagne connaît une période de stagnation économique et politique. Toutefois, ce déclin doit être relativisé étant donné que l’Espagne a elle aussi eu droit à sa part du gâteau « Afrique » ; elle a ainsi pris possession du Sud Marocain en 1884, du Nord en 1912, sans oublier bien sûr la Guinée équatoriale.

Restauration monarchique (depuis 1975)

À la mort de Franco, en 1975, la monarchie est restaurée et Juan Carlos Ier, le nouveau roi, rétablit rapidement la démocratie représentative. L’adhésion aux Communautés européennes, qui était gelée sous la période de dictature, reprend et le pays intègre la Communauté économique européenne avec son voisin, le Portugal, le 1er janvier 1986. La nouvelle Constitution, très libérale, rompt avec le centralisme très poussé de l’époque franquiste et met en place une très large décentralisation. De nombreux partis nationalistes locaux sont à nouveau légalisés, en particulier dans les provinces périphériques, où subsistent des langues régionales différentes du castillan (Galice, Pays basque, Catalogne). Certains revendiquent plus d’autonomie, d’autres parlent d’indépendance (en particulier au Pays basque et en Catalogne). Le parti communiste est aussi légalisé. L’indépendantisme le plus radical et le plus violent est celui de l’ETA basque, organisation terroriste prônant et pratiquant la lutte armée, l’assassinat et le racket. Cette transition politique s’accompagne d’un important mouvement de libération des mœurs et de renouvellement culturel et artistique, la Movida, contribuant alors à la modernisation et à l’intégration de la société espagnole dans l’Europe démocratique.

La réussite économique de l’Espagne entre 1975 et 2007 fait naître l’idée d’un miracle économique espagnol, altéré toutefois par un taux de chômage très élevé par rapport au reste de l’Europe. Le pays exprime son dynamisme par l’organisation de grandes manifestations internationales, culminant en 1992 avec les Jeux olympiques d’été de Barcelone et l’Exposition universelle de Séville. Au milieu des années 1990, les réformes s’accélèrent avec le Pacte de Tolède, consensus de tous les partis politiques représentés au parlement pour garantir la viabilité économique du système de retraite en Espagne. Mais le pays connaît de graves difficultés économiques depuis 2008, lorsqu’il apparaît que ce miracle a reposé en grande partie sur le dynamisme du secteur de la construction, lui-même facilité par la spéculation immobilière qui a multiplié par trois la valeur des bureaux et des logements en moins de dix ans. Le modèle touristique espagnol, autre pilier de l’économie du pays depuis la transition démocratique, commence lui-aussi à être remis en question dans les régions les plus touchées par le tourisme de masse en raison d’effets sociaux, économiques et environnementaux de plus en plus perçus négativement par certains habitants.

En 2004, le PSOE revient au pouvoir après avoir enregistré son meilleur score depuis 1989 avec 42,6 % des voix et en 2008 il remporte à nouveau les élections avec 43,8 % des voix, augmentant encore son emprise sur la vie politique espagnole. Plusieurs réformes sociétales sont alors menées (légalisation du mariage homosexuel en 2005, libéralisation renforcée de l’avortement en 2010). Le contraste entre les régions les plus industrialisées et celles qui sont en retard s’est creusé après que l’Union européenne eut diminué ses fonds structurels européens, compte tenu de son extension à douze nouveaux pays, l’Espagne devenant un contributeur net de fonds après avoir été longtemps un bénéficiaire net. La crise économique à partir de 2008 renforce ces déséquilibres, voit le chômage augmenter fortement et s’accompagne de mesures d’austérité, surtout après le retour au pouvoir du Parti populaire en 2011. Les importantes coupes budgétaires dans de nombreux domaines, conjugués à l’éclatement médiatique de plusieurs affaires politico-judiciaires, entraînent des mouvements de contestation sociales et politiques, les plus importants restant ceux des Indignés (Indignados) et des indépendantistes catalans. Dans ce contexte, le bipartisme est de plus en plus remis en question par l’émergence de nouveaux mouvements politiques critiquant les partis traditionnels (Podemos pour la gauche radicale, Ciudadanos au centre-droit, Vox à l’extrême-droite), créant une certaine instabilité politique et rendant difficile la formation de majorités parlementaires, surtout à partir des élections générales de 2015.

Une spécificité espagnole réside dans l’existence de l’Audience nationale, sorte de tribunal « international » ne jugeant que les étrangers pour des crimes et délits à caractère international ou bien de thèmes particulier pouvant impliquer soit des États tierces, soit plusieurs Communautés, mais également des domaines d’actualité comme les actes terroristes, atteintes au bien de l’État et Communautés ou de ces représentants.

Le Tribunal constitutionnel n’entre pas dans l’ordre judiciaire et n’a que pour rôle, la défense de l’ordre constitutionnel et l’application de la Constitution et de vérification, validation ou suspension de toutes normes de l’État ou des Communautés contraires à cette dernière. Il est aussi juge du bon déroulement des élections et des résultats.

L’Espagne est membre de l’OTAN et de l’Union européenne.

Environnement
Un rapport de Greenpeace paru en 2015 déplore le fait que les affaires de corruption « se comptent par centaines et laissent derrières elles des espaces naturels couverts de ciment (en raison des constructions), des sols contaminés par les déchets dangereux qui y sont entreposés », ajoutant que « les responsables politiques gouvernent au profit des entreprises ».

Le jour du dépassement (date de l’année, calculée par l’ONG Global Footprint Network, à partir de laquelle l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an) de l’Espagne est le 28 mai. Les familles espagnoles aisées émettent en moyenne plus de deux fois plus de dioxyde de carbone que les familles modestes.

Une grande partie du pays est menacée par la désertification en raison de certaines pratiques de l’agriculture intensive et du réchauffement climatique. Environ 20 % des sols d’Espagne sont déjà dégradés, héritage des siècles passés, dont principalement la déforestation. En décembre 2019, le conseiller spécial pour l’action climatique du Haut Commissariat des Nations unies, Andrew Harper, a averti que la désertification rendrait non viables des localités espagnoles entières, forçant leur résidents à chercher un nouveau lieu où vivre.

Démographie
a population espagnole a augmenté fortement depuis la fin des années 1980 grâce à l’arrivée de plus de trois millions d’immigrants. Entre 2000 et 2005, l’Espagne a connu le plus grand taux d’immigration du monde, en provenance principalement d’Amérique latine, d’Europe de l’Est et du Maroc. Entre 2001 et 2006, le pays a accueilli une moyenne de 600 000 personnes par an. En 2006, cinq millions de personnes, soit 11 % de la population espagnole, étaient de nationalité étrangère.

Economie
Restée longtemps un pays agricole, l’Espagne a connu d’importantes mutations socio-économiques dans le dernier quart du xxe siècle. Elle possède aujourd’hui une économie diversifiée, grâce notamment à la croissance rapide de l’industrie depuis les années 1950 et à l’essor du tourisme. Entre 1995 et 2001, les emplois industriels ont augmenté de 38 %. À partir de 1964, une série de plans de développement a contribué à l’expansion économique du pays. Le développement des industries métallurgique et textile, de la construction navale et de l’extraction minière a été privilégié. L’Espagne est devenue en moins de vingt ans une grande puissance industrielle et agricole. Le tourisme est aussi très important, représentant 5 % du produit intérieur brut. Le pays reste toutefois dépendant de la construction de logements.

L’État-providence est peu développé en Espagne : le pays possède un taux de prélèvements obligatoires très bas (37 % du PIB) et les dépenses sociales parmi les plus faibles de la zone euro (20,3 % du PIB). En 2017, l’Espagne compte deux fois plus de « supers riches » qu’avant la crise de 2008. Près de 50 % du PIB du pays est détenu par 0,4 % de la population.

L’Espagne a connu une grave crise depuis 2008, en lien avec la crise économique mondiale. Celle-ci a d’abord commencé avec une crise de la construction due à l’effondrement des prix, puis la crise économique mondiale de 2008 a encore aggravé la situation. Cette crise se caractérise par une très forte montée du chômage, qui touchait plus de 26 % de la population active au deuxième trimestre 2012, contre environ 8 % un an auparavant. Le taux de chômage espagnol est désormais le plus élevé de l’Union européenne après celui de la Grèce, bien qu’il ait baissé en 2016. Cette crise crée une fracture sociale en Espagne qui s’est propagée dans le reste du monde avec entre autres le mouvement des Indignés.

Les inégalités connaissent une forte augmentation. Selon le Rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté : « il y a deux Espagnes très différentes […] De 2007 à 2017, les revenus des 1 % les plus riches ont augmenté de 24 % tandis que ceux de 90 % des Espagnols ont crû de moins de 2 % .»

Pauvreté
Selon l’UNICEF, l’Espagne est l’un des pays développés où la pauvreté infantile est la plus élevée. En 2017, plus de 1 400 000 enfants vivent dans un état de grande pauvreté. En 2018, l’Institut national des statistiques (INE) indique que 21,6 % de la population espagnole vit dans la pauvreté Les régions les plus affectées par la pauvreté sont l’Estrémadure (38,9 %); l’Andalousie (31 %) et les îles Canaries (30,5 %). Toujours d’après cette étude, les ménages pauvres sont contraints de consacrer près de 40 % de leur revenu au logement.

La commission de l’Organisation des Nations unies sur la pauvreté et les droits de l’homme indique dans son rapport consacré à l’Espagne que 26,1 % de la population (et même 29,5 % pour les enfants) vivent dans la pauvreté en 2019. Le rapport relève également la « quasi inexistence » de logements sociaux à bas prix, le manque de services publics pour les personnes vivant dans la pauvreté en milieu rural, et la précarité dans laquelle vivent des centaines de milliers de personnes disposant pourtant d’un emploi.

Philip Alston, le rapporteur spécial de la commission, a déclaré avoir vu des zones que « de nombreux Espagnols ne reconnaîtraient pas comme faisant partie de leur pays », tels qu’un bidonville aux « conditions bien pires qu’un camp de réfugiés », des quartiers pauvres « où les familles élèvent leurs enfants avec un manque de services publics, de cliniques, de centres d’emploi, de sécurité, de routes goudronnées et même d’électricité ». Selon lui, la reprise économique du pays a profité essentiellement aux plus riches et la persistance d’un tel niveau de pauvreté dans un pays développé semble être le résultat d’un choix politique.

Agriculture
Les vestiges de l’absolutisme sont persistants dans l’agriculture. Le roi, l’Église et les détenteurs de titres de noblesse demeurent les principaux propriétaires terriens du pays, et à ce titre bénéficient des aides européennes au développement des régions (1,85 million d’euros de subvention en 2003 pour la duchesse d’Albe).

Les conditions de travail des travailleurs immigrés sont souvent déplorables : rémunération inférieure au salaire minimum et heures supplémentaires pas toujours payées, manque de protections sanitaires, logements surpeuplés, etc.

Tourisme
La situation géographique de l’Espagne, son littoral, ses paysages diversifiés, son héritage historique, sa culture vibrante et ses excellentes infrastructures ont fait de l’industrie touristique internationale du pays l’un des plus importants au monde. Au cours des cinq dernières décennies, le tourisme international en Espagne est devenu le deuxième marché mondial en termes de dépenses, représentant environ 40 milliards d’euros, soit environ 5% du PIB en 2006. Le siège de l’Organisation mondiale du tourisme est situé à Madrid.

En 2017, l’Espagne était le deuxième pays le plus visité au monde, avec 82 millions de touristes, ce qui représente une cinquième année consécutive de chiffres record.

Castille-et-León est le leader espagnol du tourisme rural lié à son patrimoine environnemental et architectural.

Culture
Environ 70 % des Espagnols se disent catholiques et 25 % sans religion. Cependant, seules 13 % des personnes se déclarant catholiques se reconnaissent comme pratiquants réguliers, tandis que le nombre de mariages religieux et de baptêmes baisse d’années en années. L’Église espagnole détient plus de 110 000 biens immobiliers et est exemptée de l’impôt foncier, ce qui représenterait une perte annuelle de 2,5 milliards d’euros pour l’État. Ce privilège est contesté par 80 % de la population selon un sondage publié en 2012 dans le quotidien El Pais.

L’Église exerce une influence politique qui parait « démesurée par rapport à son poids culturel et sociologique actuel ». En 2013, au moins quatre ministres (Affaires extérieures, Défense, Intérieur, Santé) appartiennent ou sont proches de l’Opus Dei* ou des Légionnaires du Christ. Le Parti Populaire (PP) s’est constamment opposé à l’abolition ou à la révision des privilèges économiques dont l’Église bénéficie et entend conforter la place de l’Église au sein des institutions publiques. Le ministre de l’Éducation, José Ignacio Wert, défend notamment en 2013 une proposition de loi qui redonnerait aux cours de religion un caractère obligatoire qu’ils avaient perdu sous le mandat de José Luis Rodríguez Zapatero (PSOE). Il propose également d’accorder des subventions supplémentaires aux écoles privées prônant la non-mixité. Le Concordat passé en 1978 entre l’État espagnol et le Vatican reconnait à l’Église espagnole le droit nommer les professeurs de religion, qui sont rémunérés par l’État.

Parmi les éléments les plus connus de la culture populaire espagnole, on peut citer, notamment, le flamenco, typique du sud du pays et plus particulièrement de l’Andalousie, et une pratique parfois controversée, la tauromachie.

Le français fut pendant une longue période la première langue étrangère d’Espagne. D’après une étude d’Eurostat de 2013, l’anglais est la langue étrangère la plus maîtrisée par les Espagnols, le français étant en deuxième position

Education
Le système éducatif espagnol se caractérise par deux spécificités majeures : sa forte décentralisation, due à l’organisation administrative du pays, et la part importante de l’enseignement privé confessionnel.

Près de 29 % des élèves espagnols redoublent une classe au cours de leur scolarité, l’un des taux les plus élevés parmi les pays de l’OCDE. Une étude de l’ONG Save the Children relève que les élèves issus d’un milieu social défavorisé sont quatre fois plus exposés au redoublement que les élèves issus d’un milieu privilégié.

Auteur :
Miguel Vasquez
Rédacteur
Publié le 21 janvier 2021

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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