Un an après l’affaire Mila, l’adolescente «bunkérisée» se confie sur sa nouvelle vie

La solitude

L’adolescente Mila, dont les propos sur l’islam en janvier 2020 ont entraîné un flot d’insultes et de menaces de mort, vit depuis isolée de la société, devant poursuivre ses études à distance. Elle évoque sa nouvelle vie et son rapport à la religion dans un entretien au Point.

«Qui peut imaginer ce que vit cette jeune fille, bunkérisée comme les gens de Charlie Hebdo?», s’indigne l’avocat de Mila et du journal satirique, Richard Malka. Un an après le début de l’affaire Mila, le 18 janvier 2020, l’adolescente de bientôt 18 ans a accordé un long entretien au Point sur la façon dont sa vie a basculé.

«Moi, ça fait un an que j’ai perdu ma vie. Que j’ai l’impression d’être morte tout en restant de ce monde. Observer les autres continuer à vivre, c’est vraiment extrêmement dur», confie-t-elle. «Un an que j’ai appris que ma vie ne sera plus jamais la même», complète-t-elle sur son compte Twitter.

D’après le magazine, Mila a été visée par 50.000 menaces de mort depuis ses propos très critiques envers l’islam sur Instagram, dont les images cumulent 35 millions de vues.

Peu de condamnations

Pourtant, seule une poignée de ses «lyncheurs des réseaux sociaux» ont été retrouvés, le dernier en date ayant été condamné à 18 mois de prison ferme pour l’avoir menacée et mimé un égorgement. «Parmi les gens qui m’ont menacée, très peu ont été retrouvés et condamnés. Et en attendant, ils ont tout le temps de me tuer», déplore la jeune femme. Depuis l’affaire, elle a été replacée dans un lycée militaire avant d’en être écartée en décembre dernier pour avoir révélé le nom de l’établissement. Elle devra désormais suivre ses cours à distance.

«Alors là-dessus, en fait, le Covid a presque été une source de réconfort, car tout le monde est aujourd’hui dans le même bateau que moi. Par rapport à ce qu’il aurait pu être sans la pandémie, le fossé entre ma vie et celle des autres est moins large», poursuit-elle.

Rapport à la religion

Un an après ses propos, Mila n’a pas changé d’opinion sur l’islam et les religions en général. «Dans ma famille, on est athées de génération en génération», explique-t-elle au Point. De son point de vue, il faudrait «poser certaines limites à la pratique de l’islam en France. De mieux sanctionner les insultes faites au nom de la religion».

Elle prend l’exemple du voile intégral qui, selon elle, reste «de la soumission», même si elle n’a jamais interpellé une femme pour ça. «Par contre, des agressions verbales de la part de femmes voilées, ça m’est arrivé souvent. Tellement que je ne peux plus les compter», affirme-t-elle.

Évoquant des critiques qu’elle a reçues de garçons musulmans dans son ancien lycée, l’adolescente estime «qu’il faut mettre des restrictions au développement des formes les plus extrêmes de cette religion afin qu’elles ne s’imposent pas dans nos vies, qu’elles ne nous dictent pas leurs normes». Et de conclure, «peut-être qu’il n’y a pas la charia en France, mais la mini-charia, elle est là et bien là».

Auteur :
Alexandre Sutherland
Sputnik News
Publié le 21 janvier 2021

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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