COVID : le malaise étudiant

ARTICLE. Depuis un an, les étudiants sont confrontés aux affres des confinements, à un âge clé dans leur construction sociale. Face au malaise psychologique grandissant chez les étudiants, le gouvernement a décidé d’alléger les contraintes. Des mesures « rustines » qui ne règleront pas le problème de fond.

COVID : le malaise étudiant

Hier, Emmanuel Macron a annoncé devant des étudiants de l’université Paris-Saclay (Essonne) une série de mesures en faveur des étudiants : reprise des cours, repas à un euro dans les restos U, aide aux soins psychologiques. Des mesures attendues et bien tardives, pour endiguer un mal-être qui ne cesse de saisir ces jeunes face à l’épidémie.

Après les deux tentatives de suicide au Crous de Lyon début janvier, la situation des étudiants a bénéficié d’un coup de projecteur au plus haut niveau de l’État. Elle était pourtant alarmante depuis plusieurs mois. En septembre, une étude de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) avait pointé les effets délétères des différents confinements et couvre-feux sur cette population : 31% des étudiants interrogés faisaient part d’un sentiment de détresse psychologique. Un chiffre encore plus important que d’habitude (20%). La moitié des étudiants déclarent également avoir souffert d’isolement ou de solitude, un quart explique être abattu souvent ou en permanence.

Ces sentiments négatifs n’ont pas été sans conséquences concrètes : 10% d’étudiants ont avoué une surconsommation d’alcool, tandis que 24% ont reconnu avoir souffert d’une alimentation dégradée pendant les confinements. Nous n’étions alors qu’en septembre et la deuxième vague n’était encore qu’une menace sourde et lancinante. Depuis, l’isolement et l’absence de vie sociale sont devenus autant de sujets qui préoccupent les professionnels du secteur de la santé mentale confrontés à ce mal être.

Là où le premier confinement avait été mal vécu, mais présentait le parfum ambigu de la nouveauté et du collectif national, le deuxième confinement et les couvre-feux ont eu tendance à séparer les étudiants du reste de la population : quand la plupart des actifs vont travailler et conservent une vie sociale, les étudiants n’ont, eux, plus de raisons spécifiques à se déplacer. L’horizon devient alors morne et sans saveur pour certains.

Lorsqu’un deuxième confinement a été décrété, Jean Castex a décidé de renforcer le système des « étudiants relais ». Le 12 novembre, il a annoncé la création de 1 600 emplois supplémentaires de ce type entre novembre et janvier au sein des Crous. Désormais, chaque CROUS devra disposer de 2 interlocuteurs locaux chargés d’orienter les étudiants en détresse psychologique.

Un rôle essentiel tant le secteur psychiatrique peine à répondre ou soigner ces anxiétés et ces dépressions nerveuses. L’enjeu est énorme : la période de la vie de 16 à 25 ans, est le moment le plus propice à faire émerger les pathologies psychiatriques comme la bipolarité ou les dépressions nerveuses sévères. Et les Crous ne sont absolument pas armés pour lutter contre ce fléau. Avec en moyenne un psychologue pour 30 000 étudiants, ils ne peuvent bien évidemment pas répondre à la demande. Restent alors les consultations privées, mais elles peuvent être coûteuses. C’est à ce titre qu’Emmanuel Macron a annoncé la création d’un « chèque psy » à destination des étudiants.

Ce qui ne résoudra pas la question de l’isolement ou du lien social qui demeurent la cause essentielle de la souffrance estudiantine. Le président de la République a gracieusement ouvert la possibilité de participer à des cours à l’université. “Un étudiant doit avoir les mêmes droits qu’un salarié” explique Emmanuel Macron… précisant que cette autorisation ne

concernera qu’un jour par semaine par étudiant. Et les universités seront tenues de respecter une jauge maximale de 20% dans les amphis. Une rustine accueillie favorablement par les universités, faute de mieux.

Auteur :
La rédaction
Publié le 22 janvier 2021

Publié par magrenobloise

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