Personnalité.

Donald Rumsfeld : homme politique américain, membre du Parti républicain. Ancien champion de lutte et pilote de l’US Navy, il est secrétaire à la Défense entre 1975 et 1977 dans l’administration du président Gerald Ford puis entre 2001 et 2006 dans l’administration du président George W. Bush. Il a été le plus jeune titulaire de ce poste sous Ford, puis le plus âgé sous Bush.

Donald Rumsfeld est par ailleurs un membre fondateur du think tank néoconservateur Project for the New American Century. L’objectif affiché du PNAC est de promouvoir le leadership mondial des États-Unis.

Le PNAC pose en principe fondamental la considération selon laquelle le « leadership américain est à la fois bon pour l’Amérique et bon pour le monde » et apporte son soutien pour une « politique reaganienne de puissance militaire et de clarté morale ». Cette organisation a exercé une forte influence sur les hauts fonctionnaires du gouvernement des États-Unis durant les mandats du président américain George W. Bush et a eu une incidence très importante sur le développement militaire et la politique des affaires étrangères, particulièrement en ce qui concerne la sécurité nationale et la guerre en Irak.

André Glucksmann et Bernard Kouchner sont quelquefois erronément cités comme membres du PNAC. En fait, ils n’ont été que signataires, en 2004, à côté de personnalités aussi diverses que Massimo D’Alema ou Joe Biden, d’une lettre ouverte présentée par le think tank aux chefs d’États et de gouvernements de l’Union européenne.

En 1972, Richard Nixon en fait son ambassadeur à l’OTAN à Bruxelles pendant deux années. En 1975, il est nommé secrétaire à la Défense alors que George H. W. Bush, son rival, est nommé directeur de la CIA.

En 1977, Donald Rumsfeld rejoint le secteur privé comme dirigeant du groupe pharmaceutique G.D. Searle, basé à Skokie (Illinois). C’est à l’époque où il était chef de cabinet de la Maison-Blanche que Searle avait reçu l’agrément de la Food and Drug Administration pour l’exploitation commerciale de l’aspartame. La commercialisation de ce produit sous le nom de NutraSweet permit à la société Searle d’engranger, sous la direction de Donald Rumsfeld, de substantiels bénéfices. La vente de Searle à la compagnie Monsanto lui aurait rapporté la somme de 12 millions de dollars.

En raison de ce possible conflit d’intérêt, le US Government accountability office (US GAO), qui est l’organe d’inspection et de contrôle du Congrès américain, a diligenté une enquête en 1987 sur les conditions dans lesquelles l’aspartame avait reçu son autorisation de mise sur le marché. Le rapport, rendu public, a conclu que l’examen du dossier de l’aspartame par la Food and Drug administration ne présentait pas d’irrégularité et que les suspicions à l’encontre de Donald Rumsfeld n’étaient pas fondées.

Secrétaire à la Défense de George W. Bush
En 2001, c’est sous les conseils de Dick Cheney, nouveau vice-président et ami, que Donald Rumsfeld est nommé à la tête du département de la Défense au Pentagone.

Selon Nicole Bacharan et Dominique Simonnet, cette nomination de Donald Rumsfeld au poste de secrétaire à la défense par George Bush fils pourrait d’ailleurs passer pour une révolte de ce dernier contre son père.

Il arrive avec un projet de modernisation des forces armées en misant sur les techniques de pointe, mais, en peu de temps, il déclenche l’hostilité d’une bonne partie des états-majors et de leurs alliés au Congrès.

Il dirige les campagnes américaines contre les gouvernements de gauche parvenus au pouvoir en Amérique latine.

Attentats du 11 septembre
Il déclare voir dans les attentats du 11 septembre 2001« le genre d’opportunités qu’a offert la seconde guerre mondiale, celle de remodeler le monde ».

Il devient l’homme de la guerre en Afghanistan, chargé d’organiser l’offensive générale contre le terrorisme.

Son nouveau rôle, sa forte popularité et l’augmentation impressionnante des crédits militaires lui permettent de procéder à la modernisation de l’outil de défense.

Polémiques
Tamiflu
De janvier 1997 jusqu’à ce qu’il devienne secrétaire à la Défense en janvier 2001, Donald Rumsfeld était président du conseil d’administration de Gilead Sciences qui a développé le Tamiflu, utilisé dans le traitement de la grippe aviaire. D’après le numéro du 31 octobre 2005 du magazine Fortune, Donald Rumsfeld aurait possédé à cette époque entre 5 et 25 millions de dollars d’actions dans la société. À la suite de cette révélation, le journal Libération rapporte qu’il « a indiqué avoir déjà pensé vendre ses actions en début d’année, lorsque la question d’une pandémie possible commençait à se poser. Puis, après avoir consulté le Comité d’éthique du Sénat, les services juridiques de la Maison-Blanche et le département de la Justice, il avait décidé de ne pas vendre et de s’abstenir de toute participation aux décisions concernant la grippe aviaire. La moindre des prudences quand on sait que le Pentagone a déjà commandé pour 58 millions de dollars de Tamiflu pour les soldats US dans le monde ».

Utilisation de la torture

Le scandale de la torture à la prison d’Abou Ghraib le met sur la sellette. Plusieurs élus républicains ou démocrates exigent sa démission, mais le président Bush lui maintient sa confiance et il conserve son poste après la réélection de George W. Bush en novembre 2004.

Dans ce cadre, cinq plaintes pour mauvais traitements et tortures ont été déposées contre lui. Deux l’ont été en Allemagne et n’ont pas abouti, ni celles déposées en Argentine et en Suède. Une autre, déposée aux États-Unis par un groupe de prisonniers ou d’anciens prisonniers des centres de détention d’Abou Ghraib et de Guantanamo n’a pas abouti au motif que les plaignants n’étaient pas de nationalité américaine.

Le 25 octobre 2007, la dernière plainte a été déposée contre lui auprès du parquet de Paris par quatre associations de défense des droits de l’homme (la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, la Ligue française pour les droits de l’homme et du citoyen, le Center for constitutional rights, le European center for constitutional and human rights) alors qu’il était à Paris, invité d’honneur de la revue Foreign Policy, au Cercle de l’Union interalliée. Les plaintes invoquent la compétence universelle de la justice française (prévue par l’article 5.2 de la Convention contre la torture, que la France a ratifiée et l’article 689-1 du Code de procédure pénale) pour le crime de torture, dès lors que l’auteur présumé des faits se trouve sur le territoire de la République. L’article 221-1 du Code pénal prévoit que de tels actes sont punissables de 15 années de réclusion criminelle. Le parquet de Paris a alors confirmé que « la plainte était en cours d’examen » et devait vérifier si elle était recevable.

Plus largement, il apparaît que Donald Rumsfeld a en fait modifié plusieurs règlements afin de légaliser la torture par des agents américains, quand elle est pratiquée sur des suspects de terrorisme, sans pour autant que cette notion soit définie légalement.

Donald Rumsfeld est assurément l’un des principaux architectes de la bureaucratie de la torture mise en place dans la foulée du 11 septembre, mais son départ n’aura pas grand effet sur les pratiques et les programmes qu’il a contribué à définir et qui continueront à fonctionner en l’état sous l’administration Obama.

Auteur :
Nicole Pras
Publié le 24 janvier 2021

Publié par magrenobloise

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