Covid-19 : les Français mal traités.

OPINION. Le gouvernement fait du nombre d’admissions, ramené aux capacités hospitalières LE facteur des décisions unilatérales et des restrictions imposées. Sommes-nous condamnés à subir les « vagues » les unes après les autres de manière soumise ? Une voie alternative existe pourtant : traiter les patients positifs, chez eux, en pré-hospitalier.

Covid-19 : les Français mal traités.

Depuis plus d’un an maintenant, tout semble avoir été testé pour essayer de contrôler l’épidémie de covid : confinements plus ou moins « allégés », couvre-feux plus ou moins tôt, déconfinements plus ou moins rapides, fermetures des bars, restaurants et salles de sport, suivies de réouvertures sous conditions, pour finalement refermer sans horizon véritable de reprise, tout comme l’arrêt des stations de ski, des boites de nuit, ou encore le découpage des commerces en « essentiels » et « non-essentiels »…

Il en fut de même pour les fameux « gestes barrières », et notamment les masques : après avoir manqué au point de générer des vols sur les tarmacs, devenir ensuite totalement surabondants, ils font aujourd’hui l’objet de restrictions et bientôt d’interdictions d’emploi pour certains d’entre eux…

La perspective de la vaccination a fait naître un espoir, mais celui-ci court le risque d’être douché par une durée de mise en œuvre bien plus longue qu’annoncée, et surtout par l’incertitude de l’acquisition d’une immunité de masse, conduisant à l’idée obsédante que les mesures barrières et autres restrictions ne pourront peut-être pas être levées.

Tout cela au nom d’un unique objectif, devenu un véritable totem : ne pas déborder le système hospitalier, ses urgences, ses lits de médecine, ses réanimations, comme ce fut le cas au printemps 2020, et l’épuisement des personnels qui en a résulté. Bien loin d’avoir servi de leçon à nos gouvernants, la situation a été laissée en l’état depuis le 13 mai 2020, date à laquelle on s’est arrêté d’applaudir les soignants à 20h !

Au final, le système hospitalier est figé, les manœuvres gouvernementales restent vaines, le précepte « tester, tracer, isoler » des ARS reste bloqué au 1er des trois niveaux, et rien ne nous assure que le vaccin change radicalement la donne.

Dès lors, il serait peut-être temps d’éviter aux gens d’aller à l’hôpital, ce qui signifie mettre sur pied des protocoles thérapeutiques applicables au domicile même des patients, et donc redonner du pouvoir aux soignants de terrain, infirmiers et médecins libéraux.

Quels sont les traitements utilisables en pré-hospitalier ?

L’anticoagulation

Il n’est nullement question d’installer en routine certains examens tels que le dosage des d-dimères ou l’échodoppler des membres inférieurs, néanmoins le médecin traitant peut tout à fait procéder à l’évaluation des facteurs de risque d’un patient testé positif au coronavirus : en présence d’une obésité, d’un âge supérieur à 70 ans, d’une néoplasie préexistante, d’antécédent chirurgical récent et/ou de maladie thrombo-embolique, la Société Française de Médecine Vasculairepréconise une prévention par traitement anticoagulant d’une à deux semaines. Il s’agit d’une seule injection sous-cutanée par jour, réalisée par une infirmière libérale, mais également praticable par auto-injection, afin de limiter au maximum les contacts.

L’oxygène

Tout patient testé positif au coronavirus devrait pouvoir disposer d’un oxymètre de pouls à domicile : cette petite pince, qu’on trouve pour une vingtaine d’euros dans toute pharmacie, se place au bout du doigt et permet de mesurer de manière continue le taux d’oxygène du sang du patient. Dès lors que celui-ci chute au dessous de 92%, il signifie que le malade a besoin d’oxygène, même s’il n’en a pas conscience et n’a aucune difficulté respiratoire.

Une oxygénation par des lunettes peut alors être mise en place, grâce à un concentrateur, un réservoir d’oxygène liquide ou une bouteille d’oxygène gazeux: tous ces équipements peuvent être prescrits par le médecin traitant et sont mis en place par des prestataires de soins, de la même manière que pour les insuffisants respiratoires chroniques. Le 9 novembre dernier, la Haute Autorité de Santé (HAS) a émis un avis en faveur de ce type de prescription.

L’azithromycine

Elle est connue depuis longtemps pour ses propriétés immunomodulatrices et antivirales. Il s’agit d’un antibiotique de la famille des macrolides, qui agit en inhibant les fonctions du ribosome de la cellule infectée par le coronavirus, ce qui empêche le virus de lui faire synthétiser les protéines dont il a besoin pour se multiplier. Cet effet est d’autant plus important qu’une supplémentation par Zinc lui est associée.

Ici aussi, les médecins libéraux sont tout à fait à même de prescrire en traitement court ce médicament qu’ils connaissent parfaitement.

La corticothérapie

Elle est indiquée dès que le patient a besoin d’oxygène pour maintenir son taux sanguin au dessus de 92%, ce qui signifie que ses poumons sont déjà atteints par « l’orage inflammatoire » de la maladie. Une corticothérapie à faible dose est prescrite en complément de l’oxygénothérapie.

La vitamine D

Elle intervient dans la régulation et l’atténuation de la « tempête inflammatoire et ses conséquences », à l’origine de l’évolution vers les formes graves d’insuffisance respiratoire de la covid.

L’académie nationale de médecine a même réitéré sa recommandation d’assurer une supplémentation en vitamine D, rappelant au passage que « son administration par voie orale est une mesure simple, peu coûteuse et remboursée par l’Assurance Maladie ».

La vitamine C

Durant la maladie, les niveaux de vitamine C dans le sang et notamment les globules blancs, sont appauvris en raison de l’augmentation des demandes métaboliques. La vitamine C possède des effets antiviraux, anti-oxydants, anti-inflammatoires et immunomodulateurs : sa supplémentation est donc recommandée par le réseau covid de prise en charge à domicile, dès la découverte de la contamination, et même avant.

Le zinc

Il s’agit d’un oligo-élément essentiel, nécessaire à une très grande variété de processus biologiques fondamentaux, dont l’un des plus importants est son effet sur le système immunitaire : en effet, le niveau d’immunité, naturelle ou acquise, est totalement corrélé au taux de zinc dans le corps. C’est pourquoi, ici aussi, le réseau covid recommande sa supplémentation chez tout patient atteint.

Nous ne reviendrons pas sur les polémiques qui ont enflammé la communauté scientifique à propos de l’hydroxychloroquine : chacun est aujourd’hui à même de se faire sa propre opinion en se rendant sur le site de l’IHU de Marseille, qui a mis en open source une quantité très importante d’articles sur le sujet.

D’autres traitements, tels que l’ivermectine, utilisée comme vermifuge et contre la gale, ou encore la colchicine, bien connue dans le traitement de la goutte, sont autant de médicaments simples à prescrire sans risque à domicile.

Tout cela démontre bien qu’il existe une voie (une autoroute ?) alternative à l’hospitalisation des patients atteints de la covid-19. Des centaines (milliers) de patients pourraient très bien bénéficier d’un traitement à domicile, avec 2 conséquences fondamentales : d’une part la précocité de la prise en charge, dont on sait qu’elle est un facteur majeur d’évolution favorable, ensuite la réduction drastique des admissions en milieu hospitalier, avec toutes les conséquences médicales, mais aussi socio-culturelles et économiques qu’elles entraînent.

Mais pour cela, encore faudrait-il que nos gouvernants regardent le problème sous un autre angle, réorienter les dépenses publiques vers plus de médecine de proximité, et arrêter une bonne fois pour toute de dénier aux médecins libéraux le droit de prescrire !

Errare humanum estperseverare diabolicum

Auteur :
Alain SUPPINI
Médecin (Abonné)
Publié le 26 janvier 2021

Publié par magrenobloise

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