La Bataille de Normandie.

La bataille de Normandie.

Le 10 mai 1940, l’Allemagne envahit l’Europe de l’Ouest dont la France qui demande l’aide des États-Unis, mais ces derniers refusent.

L’année suivante, en juin 1941, les Allemands envahissent l’Union soviétique qui demande également l’aide des Américains : Staline réclame l’ouverture d’un second front en Europe de l’Ouest pour soulager l’Armée rouge. À son tour, il se heurte à un refus des Américains. Mais le 11 décembre 1941 soit quatre jours après l’attaque de Pearl Harbor , l’Allemagne déclare la guerre aux États-Unis, et par conséquent la première conférence de Washington (décembre 1941 – janvier 1942) décide d’ouvrir un deuxième front (en Afrique du Nord) prévu pour 1942 et de baser des bombardiers américains en Grande-Bretagne, pour engager les opérations militaires contre l’Allemagne.

Le 26 mai 1942, Molotov, ministre des Affaires étrangères de Staline, signe à Londres un traité anglo-soviétique avec le gouvernement britannique qui promet d’ouvrir un second front contre l’Allemagne. Ensuite Molotov ratifie à Washington un prêt-bail avec les États-Unis qui promettent un débarquement sur les côtes françaises au cours de l’année 1942.

Les Américains veulent lancer une offensive sur les côtes françaises alors que le choix de Churchill se porte sur les Balkans, mais il accepte une opération de portée limitée.

La deuxième Conférence de Washington (20 – 25 juin 1942) confirme le débarquement en Afrique du Nord prévu pour l’automne 1942 et le débarquement de Dieppe prévu initialement pour le 8 juillet 1942. Le débarquement de Dieppe est annulé puis lancé le 19 août 1942.

Le 14 janvier 1943, pendant la libération de la Tunisie, la planification de la libération du continent européen est rediscutée lors d’une rencontre à Casablanca entre Roosevelt et Churchill. Les Américains souhaiteraient lancer un débarquement par la voie la plus courte, sur les côtes de la Manche, au nord-ouest de l’Europe, pour atteindre plus vite le cœur industriel de l’Europe, mais Churchill, voulant ouvrir une route maritime avec l’URSS, souhaite lancer un débarquement au sud de l’Europe, en Grèce. Les États-Unis choisissent la péninsule italienne, le « ventre mou de l’Axe ».

Les Britanniques et Américains lancent en juillet 1943 l’opération Husky (invasion de la Sicile), qui permet le 17 août de prendre l’île et d’avoir une première tête de pont alliée en Europe de l’Ouest. Cette offensive est rapidement suivie en septembre par l’opération Vésuve qui permet aux Alliés de libérer la Corse et de disposer de bases aériennes proches du nord de l’Italie et du sud de la France.

À la conférence de Québec (17 – 24 août 1943), les Américains refusent la proposition de Churchill de prendre l’île de Rhodes, mais ils acceptent un débarquement en Italie avec un effectif diminué, et à condition que leurs alliés s’occupent en priorité d’un débarquement en Normandie depuis l’Angleterre pour 1944.

La campagne d’Italie est difficile et les Alliés ne progressent que très lentement, ce qui rend nécessaire un débarquement dans le Nord-Ouest de l’Europe, le plus tôt possible. La conférence de Téhéran (28 novembre – 1er décembre 1943) confirme le choix de porter l’essentiel de l’effort sur un débarquement en France en mai 1944 et d’entreprendre seulement des actions modestes en Italie.

Reste aux Alliés à en choisir l’emplacement. Le profil des côtes, les contraintes logistiques et le rayon opérationnel des avions de chasse, nécessaires pour la couverture aérienne et le soutien des troupes au sol, réduisent les possibilités de débarquement à deux choix : le Pas-de-Calais et l’Ouest de la Normandie.

Bien que le Pas-de-Calais offre les meilleures plages et un accès plus rapide vers l’Allemagne, il est considéré comme un choix trop évident et jugé trop bien défendu. En outre, un tel choix obligerait à concentrer toutes les forces militaires dans le Kent. Des ports importants comme Plymouth, Southampton ou Portsmouth auraient été trop éloignés du lieu de débarquement. La Normandie quant à elle, offre l’avantage d’être presque à équidistance de l’ensemble du littoral du sud de la Grande-Bretagne. De plus, la prise de la Normandie permet de disposer des ports en eaux profondes de Cherbourg et du Havre (et dans un second temps, après la conquête de la Bretagne, de ceux de Brest, Lorient et Saint-Nazaire). Enfin, la Normandie se trouve aux portes de Paris, objectif hautement politique et symbolique. La Normandie est donc choisie.

Le débarquement en Normandie a bénéficié des expériences du passé. Celle de la Première Guerre mondiale d’abord. Winston Churchill qui participe à l’élaboration de l’opération, fait bénéficier l’état-major des erreurs commises lors de la bataille des Dardanelles en 1915. Ensuite, les expériences des diverses opérations de débarquement menées par les Alliés (Torch en Afrique du Nord, Husky en Sicile, Avalanche et Shingle en Italie) viennent affiner la tactique. Enfin, l’échec du débarquement de Dieppe (le 19 août 1942) a montré qu’il n’est pas souhaitable d’attaquer directement un port pour débarquer. De plus, la capacité défensive des grands ports a été considérablement accrue depuis 1942, les rendant quasi-imprenables par un assaut venant de la mer. Le rééquipement des escadrons de chasse américains sur les terrains d’aviation britanniques en mars 1944 avec des Mustangs P51 modèle D à long rayon d’action permet d’anéantir la chasse allemande sur les côtes de Normandie et de Calais et d’atteindre la suprématie aérienne ; le ciel acquis, pendant toute l’opération Overlord les mouvements au sol des divisions allemandes ne pourront avoir lieu que de nuit. La voiture de Rommel lui-même sera mitraillée par des appareils alliés.

Les généraux Dwight David Eisenhower et Bernard Montgomery sont nommés respectivement commandant suprême des forces expéditionnaires alliées et commandant opérationnel des forces d’invasion terrestres en décembre 1943 et janvier 1944.Eisenhower donnant les dernières instructions aux soldats du débarquement en Normandie : Full victory-nothing else (« la victoire complète et rien d’autre»).

La planification se déroule dans le plus grand secret. Tous les documents concernant l’opération sont marqués du mot « BIGOT » pour les classer secret. Ils ne peuvent être consultés que par des officiers figurant sur une liste nominative et tenus de n’en divulguer aucun détail. Initialement, le plan prévoit le débarquement de trois divisions par la mer et de deux brigades par les airs. Sur les instances de Montgomery, favorable à un front plus large, ce total est porté à cinq divisions par la mer et trois par les airs.

Le Jour J, initialement fixé au 1er mai 1944, est repoussé au 1er juin puis au 5 juin, ce délai permettant de bénéficier d’un mois supplémentaire de production de barges de débarquement. Finalement, le débarquement sera reporté au 6 juin en raison de mauvaises conditions météorologiques.

La prise de décision n’est pas simple car la météo s’est gâtée depuis le 1er juin. À partir de cette date, Eisenhower tient deux réunions par jour : à 4 h du matin et à 21 h 30. Les prévisions météo y sont données par le colonel Stagg (Royaume-Uni). Ce dernier dirige une équipe d’experts des États-Unis et du Royaume-Uni. Le dimanche 4 juin à 4 h, il a fallu rappeler des navires partis dans la nuit en vue d’un débarquement le 5. Ce même jour, à la réunion de 21 h 30, le colonel Stagg annonce des conditions météo favorables pour le 6. La décision est prise car les premiers navires doivent partir dans la nuit. À la réunion du lundi 5 à 4 h, le colonel Stagg confirme l’amélioration météo et Eisenhower prend alors la décision irrévocable de débarquer le mardi 6 juin. Après la date du 6, il aurait fallu attendre au moins quinze jours pour obtenir des conditions de lune et de marées favorables avec le risque de compromettre la surprise (voir Conditions météorologiques lors du débarquement de Normandie).

Pour leurrer les Allemands et les persuader d’un débarquement dans le Pas-de-Calais, voire d’un débarquement secondaire en Norvège, les Alliés mettent en place un large plan de désinformation appelé opération Fortitude. Une armée fictive est entièrement créée, le First US Army Group (FUSAG), « commandée » par le redouté général Patton, utilisant des bâtiments et un équipement factices (dont des chars d’assaut gonflables appelés « dummies »), et produisant un trafic radio fictif. Les Allemands, désireux de connaître la date et le lieu du débarquement, ont un réseau d’espions dans tout le sud de l’Angleterre. Ces agents sont cependant, pour la plupart, contrôlés par les Alliés (« système Double Cross ») et envoient des messages confirmant que le Pas-de-Calais doit être le point d’attaque. En conséquence, la XVe armée (général Hans von Salmuth) y est mise en réserve, laissant la seule VIIe armée (général Friedrich Dollmann) face au secteur d’invasion. Cette opération se poursuivra après le débarquement en Normandie pour laisser croire que celui-ci n’est qu’une opération de diversion et que le débarquement principal reste prévu dans le Pas-de-Calais afin d’immobiliser dans le Nord de la France les divisions allemandes qui s’y trouvent.

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Auteur :
Miguel Vasquez
Rédacteur
Publié le 26 janvier 2021

Publié par magrenobloise

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