EDF : le cours de l’action dégringole à cause des retards “d’Hercule”

ARTICLE. Le titre d’EDF a connu une lourde chute boursière, lundi. Les investisseurs craignent l’issue des négociations entre la France et l’Union européenne, qui pourrait mettre à mal le destin du projet “Hercule”.

EDF : le cours de l’action dégringole à cause des retards “d’Hercule”

Lundi, EDF a frissonné. En l’espace de quelques heures, le cours de l’action a chuté drastiquement de 18%. Les acheteurs, vendeurs et autres boursicoteurs ont ainsi sanctionné le résultat des négociations entre la France et la Commission européenne, le mercredi 20 janvier. Devant l ‘intransigeance européenne et le souhait de la Commission d’obtenir un délai de six mois de négociations supplémentaires, les investisseurs ont craint que les retards ne pénalisent l’existence même du projet Hercule.

Un projet né de la situation financière désastreuse du groupe public. Fin 2018, son endettement financier net était de 33,4 milliards. Un an plus tard, il atteignait 41,1 milliards. Un gouffre impossible à combler, le bénéfice net du groupe n’atteignant “que” 5,2 milliards d’euros. Une situation financière délicate s’expliquant par un fort volume d’investissement (nucléaire au Royaume Uni, installation des compteurs Linky en France), associé à des retards comme celui que connait l’EPR de Flamanville. Et la situation n’est guère plus réjouissante, si l’on y ajoute le cout de la prolongation de la durée de vie de certains réacteurs nucléaires, ou de leur démantèlement pour d’autres. Enfin, et il s’agit d’une volonté d’Emmanuel Macron exprimée en novembre 2018, EDF se voit dans l’obligation d’investir dans les énergies renouvelables.

Edf ne peut pas compter sur le soutien financier de son pays. La Commission européenne refuse que la France aille au chevet de cette entreprise dont elle détient pourtant encore 83,68% du capital, au nom du sacro-saint droit à la concurrence. Alors, pour faire face à sa fragilité économique, Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, a imaginé le projet Hercule en 2018. A savoir la scission du groupe en trois entités : « EDF Bleu », détenue par l’État et qui serait consacré aux activités nucléaires ainsi qu’à RTE, « EDF vert », dédié à la vente d’électricité et qui serait privatisé à hauteur de 30% et enfin, « EDF Azur », consacré à l’hydraulique.

Pour que ce projet se fasse, la France veut augmenter le tarif de son électricité. Une augmentation de l’ordre de 20% serait réclamée par le gouvernement. Pour ce faire, il lui faut entériner une réforme de l’Accès régulé au nucléaire historique (Arenh) qui permet aux pouvoirs publics de fixer les tarifs de l’électricité. Problème, l’Arenh ne peut être modifié sans l’aval de Bruxelles. Mais pour le moment, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen campe fermement sur ses positions. Elle exige plus d’ouverture à la concurrence que ne le propose en réalité Hercule, ainsi que la mise en concurrence des concessions hydroélectriques françaises, ce à quoi le gouvernement se refuse pour le moment. En 2015, l’UE avait tenté de faire voter la fin des tarifs réglementés, mais neuf pays, dont la France, s’y étaient opposés.

D’après BFM Business, le report des négociations de l’Union européenne – qui reporte encore plus loin le projet, qui devra de toute façon passer par la case de l’Assemblée nationale – est loin de déplaire au gouvernement. Si d’apparence, il soutient le projet, il ne serait pas contre l’annulation ou tout du moins l’aménagement d’Hercule qui ne contente, en réalité, pas grand monde, des syndicats aux parlementaires. Fatalement, le titre boursier ne pouvait que plonger face à autant d’incertitudes. Le prix à payer pour ranger au carton un projet qui privatise les activités rentables (« EDF vert ») et qui fait peser à la collectivité nationale l’intégralité des activités à perte du moment (« EDF bleu ») ? Si tel est le cas, sans doute était-ce un mal nécessaire.

Auteur :
La rédaction
Publié le 27 janvier 2021

Publié par magrenobloise

Webmagazine

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :