Un troisième confinement pourrait achever la moitié des TPE/PME

ARTICLE. Une étude de la Confédération des PME révèle qu’un chef d’entreprise sur deux estime ne pas être en mesure de supporter un troisième confinement. Après un exercice 2020 paradoxalement clément pour les disparitions d’entreprises, 2021 pourrait être annonciateur d’un tsunami social pour les patrons.

Un troisième confinement pourrait achever la moitié des TPE/PME

C’est la crise de l’optimisme dans les TPE et PME de France. Une étude de la Confédération des PME (CPME) auprès de 2 400 dirigeants interrogés entre le 7 et le 20 janvier, révèle qu’un chef d’entreprise sur deux estime ne pas être en mesure de supporter un troisième confinement. 58% des patrons ont contracté un prêt garanti par l’État (PGE), que 45 % pensent ne pas être en mesure de pouvoir rembourser. En ce qui concerne le report du versement des charges fiscales ou sociales, 49% en ont bénéficié et un tiers d’entre eux s’estime incapable d’honorer sa dette.

Depuis un an, les patrons sont ballotés au rythme des diverses décisions gouvernementales, des fermetures partielles ou totales de leurs établissements, des réouvertures, des aménagements… En résulte une lassitude ainsi qu’une résignation sur fond d’angoisse et de risque de faillites. Bien conscient des dangers encourus par l’économie française, le gouvernement a instauré, dès mars, un énième numéro vert à destination des chefs d’entreprises. 1 213 psychologues ont fourni conseils et assistance, 7 jours sur 7, toute la journée. Le but de ce dispositif appelé Apesa : prévenir et guérir la souffrance aigüe des entrepreneurs.

Bien que raillée, cette initiative gouvernementale a connu rapidement un succès inquiétant, allant jusqu’à saturer la ligne. Une étude de la fondation Jean-Jaurès a révélé le 6 novembre, que les chefs d’entreprise étaient 27% à avoir sérieusement envisagé de se suicider par le passé. Un pourcentage peu ou prou similaire à celui des artisans commerçants, souvent eux-mêmes autoentrepreneurs. Une enquête d’Amarok auprès de 2 300 entrepreneurs, a mis en avant que les entrepreneurs avaient deux fois plus de risques de tomber en dépression depuis le début de la crise. Le risque de surmenage a fait place au sentiment d’angoisse et la COVID est devenue le terreau fertile dans lequel prennent racine les dépressions.

Malgré ce contexte, 2020 n’est pas une année record pour les liquidations et redressements d’entreprises. Afin de ne pas détruire l’économie française, le gouvernement a proposé cinq mesures d’accompagnement économique en parallèle des confinements : les PGE, le crédit d’impôt bailleurs solidaires, le fond de solidarité, des exonérations ou des reports fiscaux et un soutien à la numérisation. Conséquence immédiate : les liquidations judiciaires ont pratiquement diminué d’un quart en 2020 par rapport à l’année précédente. (23 321 vs 35 156), les redressements judiciaires ont baissé de plus d’un tiers selon la Banque de France. Un niveau jamais atteint depuis 1987. Les prêts garantis par l’État, dont le remboursement a été décalé dans le temps (entre 2024 et 2026), conjugués à l’absence d’assignations en justice de la part de l’Urssaf, ont contribué à ce bon résultat.

Un bon résultat qui masque une réalité plus dure. L’économie française vit sous perfusion et les trésoreries s’amenuisent. Les charges courantes, comme les loyers, l’électricité ou le chauffage, continuent à tomber inlassablement mois après mois. Jean-François Ferrando président de la Confédération nationale des très petites entreprises (CNTPE) évoque à la Croix le chiffre d’une TPE sur trois qui pourrait mettre la clé sous la porte. Car les prêts et les reports de cotisations exceptionnels n’annulent pas les dettes. Il faudra bien les payer un jour ou l’autre.

Ce qui explique pourquoi les dirigeants interrogés dans le cadre de l’étude de la CPME, regardent avec inquiétude l’avenir. Ils sont 54% à s’alarmer pour la pérennité de leur entreprise. Un nouveau confinement, s’il ne les tuera pas forcément économiquement, pourra donner un coup fatal au moral de ces patrons, déjà découragés par ces longs mois d’épidémie.

Auteur :
La rédaction
Publié le 27 janvier 2021

Publié par magrenobloise

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