Vaccin : Valneva, espoir de la recherche française, travaille pour les Anglais

ARTICLE. Alors que la France vient d’essuyer deux revers consécutifs, avec les échecs des vaccins développés par Sanofi et l’institut Pasteur, Valneva, une entreprise franco-autrichienne pourrait réussir le pari de la recherche. Une belle réussite franco-autrichienne, mais intégralement financée par les britanniques qui bénéficieront des 60 millions de premières doses.

Vaccin : Valneva, espoir de la recherche française, travaille pour les Anglais

La France vient d’essuyer coup sur coup deux échecs dans la recherche vaccinale contre l’épidémie de la COVID. Tout d’abord avec Sanofi qui avait annoncé, fin décembre, le décalage de la validation de son vaccin à la fin 2021. Puis est venu le tour de l’Institut Pasteur, qui a communiqué le lundi 25 janvier, l’abandon du développement de son premier vaccin. Deux mauvaises nouvelles coup sur coup, qui reportent les espoirs de la France de la recherche, sur la startup franco-autrichienne Valneva.

Cette entreprise d’environ 500 salariés, dont le siège social est basé à Saint-Herblain près de Nantes, a annoncé que son vaccin contre la Covid-19 serait disponible fin octobre-novembre. Alors que la plupart des centres de recherche vaccinale privilégiaient une réponse rapide face à l’épidémie, l’entreprise pharmaceutique a misé sur le moyen/long terme. S’inspirant de son vaccin contre l’encéphalite japonaise, renforcé par l’adjuvant conçu par l’américain Dynavax, Valneva a développé son propre vaccin et débuté les premiers essais cliniques le 16 décembre.

Cocorico serait-on tentés de s’écrier, d’autant que la campagne vaccinale ne cesse de soulever des polémiques sur notre territoire, depuis fin décembre. La France obtiendra bientôt son indépendance vaccinale ! Mais que nenni. Car Valneva, une fois l’ autorisation de mise sur le marché (AMM) obtenue au mois d’octobre, consacrera ses 60 millions de premières doses au … Royaume-Uni. Pourquoi la perfide Albion ? Tout simplement parce que ce sont les Britanniques qui financent les essais cliniques. Ni la France, ni l’Union européenne n’y prennent part.

Pourtant Valneva avait bien contacté la France ainsi que l’Union européenne. Ainsi que tous les pays où elle possédait une unité de production. Il s’avère que le Royaume-Uni était concerné, car il en héberge une à Édimbourg. Dans cette course effrénée face au virus, c’est le plus rapide qui allait empocher la timbale. En l’occurrence ce fut le pays de Boris Johnson, qui, libéré des contraintes administratives de l’Union européenne, a su être le plus réactif.

Après le Royaume-Uni, Valneva vendra 60 millions de doses à l’UE. La Commission européenne a annoncé mardi la conclusion d’un accord préliminaire qui prévoit une livraison de 30 millions de doses dans un premier temps puis 30 autres millions supplémentaires un peu plus tard. Une vrai réussite pour l’entreprise née de la fusion du français Vivalis et de l’autrichien Intercell en 2013. Depuis le 3 septembre le cours de son action a doublé.

Côté France, Pasteur a informé de la poursuite du développement de deux autres vaccins. Tout comme Sanofi qui, en attendant des résultats plus probants sur sa recherche en cours, qu’il espère constater en fin d’année, a déclaré vouloir aider Pfizer-BioNTech à conditionner son vaccin. A partir de cet été, il prendra en charge les dernières étapes de fabrication des quelques 125 millions de doses de vaccin à destination de l’Union européenne. Cette fois prudente, la France a également décidé, via Bpifrance, de financer les recherches d’OSE Immunoitherapeutics, startup d’une cinquantaine de personnes, basée à Nantes, qui devrait commencer une étude clinique de phase 1/2 au 1er trimestre 2021.

L’Union européenne devait être une machine plus forte que les États souverains. Elle devait protéger ses citoyens. En la quittant, le Royaume Uni s’enfoncerait immanquablement dans une crise sans précédent, se retrouverait totalement démuni face à la concurrence mondiale, dont il se retrouverait à la remorque. Le cas Valneva vient ne nous prouver l’exact contraire. C’est bel et bien l’Europe et la France qui se retrouvent à la traine du pays gouverné par Boris Johnson. Un comble alors qu’il s’agit d’une entreprise basée en France.

Auteur :
La rédaction
Publié le 28 janvier 2021

Publié par magrenobloise

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